Sparklehorse + Sol Seppy - La Cigale (Paris)

le 22/10/2006

Sparklehorse + Sol Seppy - La Cigale (Paris)

Les occasions de voir Sparklehorse en France ne se présentent pas tous les jours. Le rendez-vous était donc pris depuis un certain temps pour la Cigale, quand Sol Seppy annonçait également sa présence. Décidément, cette soirée s’annonçait sous les meilleurs auspices.

En guise de mise en bouche, Sol Seppy avait ainsi l’honneur de nous présenter son premier album Bells of 1 2 qui se révèle être une jolie et agréable surprise. Il s’agit en fait du projet personnel de Sophie Michalitsianos, musicienne de formation classique. Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose, mais si vous connaissez Sparklehorse, vous l’avez déjà entendue puisqu’elle a chanté et joué sur les trois derniers albums du groupe, ainsi que participé aux tournées précédentes du groupe.

Les présentations étant faites, revenons sur la scène de la Cigale, décorée tout simplement d’un rideau de velours mauve en arrière plan. Sophie s’installe seule au piano pour une ballade intimiste et fragile, déjà envoûtante. Les yeux fermés, ou le regard dans le vide tourné vers le plafond, la jeune femme au bonnet blanc, ne se laisse heureusement pas décontenancer par la montée impromptue de spectateurs aux balcons. Légèrement impressionnée au début, elle est ensuite rejointe par les autres musiciens et semble prendre au fur et à mesure une plus grande assurance, souriant bien souvent et n’hésitant pas à s’exprimer en français de manière hésitante et sympathique entre les morceaux.

Il n’y a pas à dire, la musique douce et rêveuse de Sol Seppy prend une tout autre dimension en concert. L’univers mélancolique du groupe navigue entre mélodies entraînantes et accrocheuses, grâce notamment à des nappes sonores et une rythmique à base de beats électroniques des plus efficaces, et passages plus délicats et apaisés au piano et violoncelle, sans oublier quelques montées de guitares électriques bien senties. Mais c’est surtout la voix aérienne de Sophie qui fait des merveilles, nous transportant au gré de titres comme Move et Slo Fuzz véritables perles de dream-pop. Finalement, c’est sur le magique Enter One que l’on voit partir la jeune protégée de Mark Linkous, attendu avec une certaine impatience …



Lumière tamisée, l’arrivée de Sparklehorse est discrète à l’image de son leader en costume noir. Sorti de sa retraite, Mark Linkous s’est entouré d’un groupe au nouveau line up pour cette tournée européenne : PJ Brown en tant que bassiste et choriste, Chris Michaels au clavier et occasionnellement à la guitare, et pour finir Johnny Hott à la batterie.

Nous emmenant de suite sur un territoire folk connu avec Spirit Ditch, Mark Linkous à la guitare, réussit rapidement à toucher son assistance, même s’il préfère cacher sa voix derrière un vocoder, un instrument qu’il utilisera d’ailleurs bien souvent en alternance avec un micro traditionnel qui met sa voix plus à nu. Facilement reconnaissables dès la première note, les titres Gold Day et Applebed tirés du remarquable It’s A Wonderful Life , se succèdent et permettent à la choriste de se distinguer mais sans pour autant faire oublier la voix de Nina Persson. L’atmosphère a beau être mélancolique, le groupe choisit très souvent la carte de l’électricité. Notamment, Hammering the Cramps, ballade écorchée et lo-fi, nous rappelle au souvenir de cet attachant premier album Vivadixiesubmarinetransmissionplot largement à l’honneur ce soir avec un Saturday et un Homecoming Queen lumineux, ou encore un Sad and Beautiful World défilant tel un train au ralenti.

Etrangement, le dernier album Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain est laissé quelque peu de côté. On a droit à l’énergique It’s not so hard et le déjà classique Don’t Take My Sunshine Away aux divers bidouillages électroniques, des morceaux sur lesquels Mark Linkous se délecte de surprenants soli de guitare, ainsi qu’un Morning Hollow faisant bel effet mais déjà bien connu sur l’album précédent. Ce choix n’est toutefois pas pour nous déplaire, ce concert est une jolie rétrospective de l’oeuvre de Sparklehorse. On préfère donc retrouver avec plaisir et nostalgie, les Painbirds et Eyepennies toujours aussi touchants sur scène.

Réservé et peu bavard, Mark Linkous semble trouver refuge dans sa propre musique, une des choses qu’il est capable de maîtriser parfaitement et dont il a lui seul toutes les clés. Les chansons parlent simplement pour lui. Il invitera son ancienne choriste Sophie à venir sur scène pour l’accompagner sur Gasoline Horseys, si mes souvenirs sont bons, mais cela fut bien trop court, ne durant qu’un seul titre. La fin du concert se déroule à toute allure avec le meilleur single sparklehorsien Someday I will treat you good déchaîné et enthousiasmant la salle, juste avant que le groupe ne quitte la scène et revienne pour deux rappels. A noter, le génial Happy Man noisy et torturé qui a laissé la part belle à l’expérimentation.

Ravi, le public peut applaudir les deux groupes aux univers particuliers, la soirée a été bien agréable en leur compagnie.


( darko )

 


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