Lambchop - Bataclan (Paris)

le 17/11/2006

Lambchop - Bataclan (Paris)

Ce soir, j’ai un rendez-vous avec un ami. Celui-ci, je l’ai découvert avec l’album Is a woman , et depuis je passe d’agréables moments en sa compagnie, à écouter sa voix et sa musique enivrantes. Il a ce petit quelque chose qui ne s’explique pas et qui m’attire, ce côté apaisant et rassurant. Il s’agit, vous l’avez deviné, de Kurt Wagner, le leader de Lambchop. Pour ce rendez-vous, il a choisi le Bataclan, et il a tout fait pour mettre à l’aise tous ses invités. Les sièges rouges sont de sortie ce soir. Je n’ai pas l’habitude d’assister à un concert, en étant reçu avec tant d’égards. Ce n’est pas déplaisant mais c’est tout de même une curieuse sensation. Sous les applaudissements, voici Kurt Wagner qui arrive sur scène souriant et détendu, en costume avec son inséparable casquette bleue sur la tête, il demande si tout le monde va bien et en profite pour présenter ses amis qui l’accompagnent et leur laisser la place pour la suite.

Il s’agit des membres de Hands off Cuba qui se mettent sans faire de bruit sur le côté gauche de la scène. Durant une vingtaine de minutes, les trois musiciens originaires de Nashville comme Kurt Wagner, nous jouent sans interruption une musique expérimentale plutôt électronique teintée de jazz, de rock avec des plages calmes et d’autres plus tendues, une musique qui n’est pas sans rappeler celle de Tortoise. Un morceau ou plusieurs à la suite, je ne saurais le dire, mais en tout cas, leur univers peut nous aspirer rapidement. D’autant plus, que leur musique sans paroles est parfaitement mise en valeur par un jeu de lumières vraiment original. Au plafond, sont suspendus cinq grands ballons qui changent de couleur simultanément dans un mouvement de spirale hypnotique. Au final , la prestation de ce duo de guitaristes bidouilleurs d’électronique, accompagné d’un batteur pour cette tournée, fut bien convaincante.

La première partie terminée, les lumières se rallument pour l’entracte, le temps pour certains d’aller se rafraîchir au bar ou de fumer sur les côtés. Après quelques minutes d’attente, elles s’éteignent pour l’arrivée de quatre jeunes femmes (The Dafo String Quartet) avec leurs instruments de musique classique. Ces musiciennes surprennent les spectateurs avec une façon de jouer très particulière et déstructurée, voire dérangeante. Cela ne dure que quelques minutes, car Kurt Wagner et sa bande les rejoignent sur scène.

En fait ce soir-là, Kurt Wagner s’est entouré des musiciens de Hands off Cuba et du quatuor de cordes féminin précédent, accompagnés en plus du fidèle Tony Crow au piano à queue, d’un percussionniste et d’un guitariste supplémentaire pour former cet impressionnant collectif à dimension variable qu’est Lambchop. En tout une dizaine de personnes se partagent la scène autour de Kurt Wagner qui passera la soirée assis avec une guitare acoustique posée sur sa cuisse. Tout l’ensemble est au service de mélodies simples et mélancoliques aux arrangements néanmoins riches et complexes. Dés les premières minutes, la salle s’en rend compte avec en guise de premier morceau, celui d’ouverture du dixième et dernier album Damaged , le magnifique Paperback Bible. Tandis que les trois guitares et les percussions se veulent discrètes et suaves, Kurt Wagner distille ses arpèges acoustiques et lumineux sur les ravissantes mélodies du pianiste. Pour savourer le tout, alors qu’ils nous avaient déconcertés quelques minutes auparavant, les instruments à cordes frottées aux superbes envolées, nous bercent et s’écoutent les yeux fermés. Pour ma part, je préfère les garder ouverts et m’imprégner des séquences de souvenirs filmées et projetées sur les ballons suspendus, tout en observant bien sûr, ce qui se passe sur scène. Au dessus de tout cette orchestration, la voix grave de Kurt Wagner altérée sans doute par la nicotine, est toujours aussi touchante et chaleureuse. Enchaînant avec un Prepared à ravir, Lambchop met évidemment l’accent sur le dernier album, et ce n’est pas pour me déplaire car celui-ci fait déjà partie de mes favoris à côté de Nixon et fait oublier le peu inspiré diptyque précédent. Les morceaux proposés de la quasi-intégralité de cet opus sont à la hauteur des attentes sur scène. A l’écoute de A Day without Glasses, ma tête ne peut s’empêcher de dodeliner, mais je pourrais dire ça de beaucoup de titres en fait. Et quand le groupe replonge dans ses plus vieux et nombreux trésors, les spectateurs ne peuvent cacher leur joie, comme sur un My blue Wave superbe. Même si la musique country-jazz de Lambchop toute en nuance et subtilité, garde sur scène un côté intimiste, elle sait aussi se faire plus puissante et se libérer souvent dans des envolées sonores électriques bien senties, à la limite de la noisy. Sans oublier que le chant de Kurt Wagner est capable à tout moment de s’emporter. En tout cas, c’est vraiment sur la fin, que le groupe se lâche et se fait plaisir sur des titres comme The Militant et We never Argue ou encore The Decline of Country and Western Civilization qui prennent une autre dimension et gagnent en folie et intensité.

Ce fut donc une sacrée belle soirée en compagnie de Kurt Wagner et ses camarades qui n’ont pas hésité à discuter et blaguer avec les spectateurs entre les morceaux. Vraiment humble et disponible, celui-ci se livrera à la fin à une séance de dédicaces. C’est même lui qui me dira « Thank you » en souriant, devançant mes propres remerciements pour ce concert qui restera gravé. Finalement, pour me remémorer cette soirée, je pourrai toujours écouter ce live enregistré à Vienne cette année, et dédicacé à cette occasion.


( darko )

 


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