Chuck Johnson + Fletcher Tucker - Le Zorba (Paris)

le 3/11/2018

Magie ambient-folk des grands espaces californiens dans une cave de la capitale

Incognito au sous-sol du bistrot Le Zorba à Belleville, qui développe une belle programmation alternative en association avec le collective Pieg, on pouvait retrouver ce samedi deux enchanteurs de la folk d’outre-Atlantique versant atmosphérique voire transcendantal.

Venu de Big Sur en Californie dont l’environnement océanique et montagneux préservé de l’urbanisation semble lui inspirer une certaine spiritualité en communion avec la nature, Fletcher Tucker était en visite pour défendre le superbe Cold Spring sorti l’an dernier sur son label Gnome Life Records, un album également influencé par la peinture chinoise de paysages, la musique traditionnelle japonaise et les chants grégoriens, mais avant tout sombrement folk sur fond de nappes mystiques et dronesques.


Tantôt à la guitare, derrière un harmonium dont certaines touches sont prolongées par des bandes de papier auxquelles le musicien imprime un mouvement de vibration, à la flûte "zen", aux idiophones dont il tire des boucles ambient pour plonger le public dans une atmosphère de méditation ou encore à l’archet sur une sorte de luth posé à plat sur son clavier où brûlent encens et bougies, l’Américain envoûtera 35 minutes durant un public restreint mais conquis, sans trop d’interruptions de la part des habitués du Zorba dont les clameurs éméchées s’insinuent parfois jusqu’en ce lieu retiré, proximité des toilettes oblige.


Évoquant pêle-mêle High Aura’d, Sacred Harp (l’ancien projet de Daniel Bachman) ou encore Seabuckthorn mais avec des passages plus folk et dépouillés où brillait le songwriting ésotérique de l’ex Bird By Snow et sa voix claire de folkeux habité au timbre proche de celui de Joey Burns (Calexico), le set, dont la construction exemplaire s’est terminée sur une redescente répondant à l’ascension drone et percussive de l’intro, fut pour moi une vraie révélation, de quoi m’intéresser à creuser davantage la discographie de l’artiste, au demeurant fort sympathique et communicatif, engageant en fin de concert le dialogue avec son public avant de nous gratifier d’un dernier titre guitare/voix à la demande de l’un de ses admirateurs.


Quant à Chuck Johnson, Californien également mais basé à Oakland, je ne le connaissais que de réputation, pour son inspiration "American Primitive guitar" qui lui a valu des comparaisons avec John Fahey ou plus récemment le sus-nommé Daniel Bachman. Plus en retrait derrière sa guitare lap steel et ses effets, et bien qu’un son trop saturé ait quelque peu malmené ses nappes contemplatives jouées en picking et au bottleneck avec des slides évoquant Mike Cooper, ce fut également très beau et prenant.


Une impro ambient évoluant avec subtilité comme en joue parfois Aidan Baker lors de ses sorties scéniques en solo, onirique à souhait, entrecoupée de quelques arpèges discrets, dans la lignée de l’album Balsams que j’ai emporté avec moi en CD, ravi de cette belle découverte pour ma première visite dans cette petite cave musicale du 10e arrondissement.


Même Fletcher Tucker semble captivé !


Quelques photos supplémentaires :







( RabbitInYourHeadlights )

 


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mardi 13 novembre 2018


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