JFDR - La Criée (Rennes)

le 24/01/2019

Quarante cloches tubulaires disposées en forme ovale dans une salle d’exposition. Au milieu, quelques coussins, ainsi que deux amplis et une guitare posée à proximité. Autour, David Horvitz fait tinter ces cloches à intervalles réguliers, son téléphone portable lui permettant de respecter un rythme métronomique. Et il demande aux spectateurs de lire un poème qui leur est distribué.

Des "shhh ouh shh" sont imprimés à l’infini. Il s’agit pour le public, qui joue le jeu, d’imiter le bruit de vagues. Hypnotique. Et l’effet est décuplé lorsque Jófríður Ákadóttir aka JFDR rejoint ce qui fait office de scène pour accompagner de sa voix les résonances de ces cloches.

L’Islandaise branche alors la guitare et une douce mélodie électrique envahit la pièce. S’estompe alors cette voix qui, au risque de tomber dans le cliché le plus banal concernant une artiste née sur l’île, rappelle celle de Björk. Le minimalisme de l’introduction proposée par le travail sur les cloches de David Horvitz décuple le pouvoir d’attracton des compositions de JFDR.

Avouons-le, il y a quelque chose de paradoxal et de profondément touchant dans la manière dont se présente l’artiste. Longiligne et semblant presque frêle, Jófríður Ákadóttir dégage pourtant une véritable puissance lorsqu’elle est sur scène. Sa voix se mêle à nouveau rapidement aux six cordes qu’elle caresse avec majesté.

Captivé, le public respecte un silence quasi-cryptique. La sensibilité de l’artiste est évidente mais elle est également fugace. Nous aimerions nous approprier cette douceur pour qu’elle ne nous quitte jamais, mais nous percevons néanmoins l’impossibilité de cette quête. Celle qui joue sans souliers revisite alors certains titres du sommet Brazil chroniqué dans nos colonnes.

Et quand résonnent les premiers accords de White Sun, c’est une forme de transcendance qui s’empare de l’assistance. Repérer le sommet d’une prestation est parfois évident : aussi subtile et gracile soit la suite, l’auditeur a fait son deuil et sait qu’il ne sera plus possible, ce soir-là, de toucher à ce point au sublime.

Seul regret, la prestation aura duré un petit peu moins d’une heure. Seulement. Nous ne pouvons qu’être gourmands lorsque le menu est à ce point délicieux. Et surtout, ce seul écueil sonne comme un clin d’oeil à l’une des thématiques de l’exposition de David Horvitz, s’interrogeant sur le temps qui passe au point de faire figurer des horloges fictives sur chacun des murs de la salle. Même dans la frustration qu’elle impose, JFDR évite le hors-sujet. Admirable.

 


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