Daedelus - Em Dash

1. Embark
2. Visible Mending (feat. Salami Rose Joe Louis)
3. Tempest (feat. Michael Dunaway)
4. Emcee (feat. Chaiah)
5. Totem (feat. Timmypiano)
6. The Make (feat. Nappy Nina)
7. Embue
8. Emulsify
9. Anthem
10. Remember
11. Empty Skies (feat. Kylos)
12. Donetempo
13. Embrassons (feat. Ma Clément)
14. EMP
15. An Embarrassment
16. Naked (Daedelus’ Remix)
17. Vehement (feat. aNTOJE)
18. Vehemently (RUBY’s keymasher remix)
19. Embers
20. Emancipate

2025 - Magical Properties

Sortie le : 24 octobre 2025

Fééries opaques

Davantage encore peut-être qu’avec le beatmaking abstract tapageur et déstructuré d’un What Wands Won’t Break, d’où parvenaient encore à s’extirper ici et là quelques éclats de magie impromptus, c’est avec ses EPs des dernières années qu’Alfred Darlington aka Daedelus s’est le plus radicalement réinventé. Ancien magicien d’un sampling rétro dont les sorties de la première moitié des années 2000 chez Mush et Plug Research furent un peu le chaînon manquant entre les fééries baroques des Avalanches et l’esthétique glitch-hop du label Brainfeeder de Flying Lotus (sur lequel il sortit d’ailleurs il y a une quinzaine d’années le mini-album Righteous Fists Of Harmony, après deux collaborations avec les producteurs du cru The Gaslamp Killer et Teebs), le Californien délocalisé dans le Rhode Island vise désormais une autre forme d’épure, à rapprocher d’une certaine manière de l’ambient.

Une ambient idiosyncratique néanmoins, car si la mue semble bel et bien consommée avec ce généreux Em Dash de plus de 55 minutes (on est un enfant des 90s ou on ne l’est pas), aux instrus comme détériorés par des machines d’un autre temps, le passif du musicien y a forcément laissé des traces, des choeurs éthérés dans le background de l’instable Embark (une instabilité qui caractérise l’ensemble du disque) aux distorsions synthétiques alambiquées d’Embu, en passant par les mélodies en roue libre aux affleurements acoustiques de Tempest ou Totem, le hip-hop glitchy et maximaliste à la Thavius Beck de Emcee ou le rap crayola dénué de beats de The Make avec l’excellente Nappy Nina au micro... et encore on ne vous a parlé que du premier tiers de ce nouvel opus, à la louche le 20e long format du bonhomme.

Que les rythmiques soient fébriles et low end jusqu’à l’érosion (Emulsify, Embers), downtempo et asphyxiées par le crépitement des distos (EMP) ou frontales et mécaniques (Naked, Vehement), les vocalises des invités saillantes et envoûtantes (Embrassons) ou diffuses et impressionnistes (le discrètement autotuné Empty Skies), et les textures des morceaux ambient saturées à l’extrême (Anthem, Emancipate) ou plus minimalistes dans leur opacité friande de basses fréquences (Donetempo), la suite est en effet tout aussi riche en variations aventureuses, certes moins aisées à appréhender, dans ce brouillard lo-fi aux sonorités malmenées, qu’à la grande époque dExquisite Corpse et Denies the Day’s Demise ou à plus forte raison celle des albums du tournant des 00s/10s chez Ninja Tune, particulièrement "ligne claire" et accrocheurs, mais témoignant d’une gourmandise intacte de la part de cet infatigable explorateur des franges les plus organiques et mutantes de la musique électronique.


( RabbitInYourHeadlights )


Disques - 06.11.2025 par RabbitInYourHeadlights
 


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