Tame Impala - Deadbeat
Cher Kevin, je crois que le Tame Impala que j’ai aimé n’est plus là. Certes, je l’avais senti venir avec The Slow Rush, très apprécié malgré ses excès, mais j’étais loin d’imaginer une telle déroute.

1. My Old Ways 
2. No Reply
3. Dracula
4. Loser
5. Oblivion
6. Not My World
7. Piece of Heaven
8. Obsolete
9. Ethereal Connection
10. See You On Monday (You’re Lost)
11. Afterthought
12. End of Summer 
date de sortie : 17-10-2025
Label : Columbia Records
Deadbeat peut être traduit par "bon à rien". Kevin, tu n’en es pas un. Loin de là. J’ai bien aimé Innerspeaker et adoré Lonerism auquel je voue un culte. À mon sens, c’est assurément l’un des meilleurs albums de rock (au sens large) des années 2010. Et même avec Currents, quand tes appels du pied aux radios (bien saisis par Rihanna qui avait repris ton New Person, Same Old Mistakes) se faisaient de plus en plus évidents, que les synthés remplaçaient les guitares et que quelques déchets commençaient à joncher tes disques, je répondais présent, enthousiaste face aux mélodies et rythmiques imparables d’hymnes tels que The Less I Know The Better ou Let It Happen.
Les fans de la première heure s’étaient déjà reportés vers tes anciens camarades de Pond, mais je continuais donc à être captivé par The Slow Rush, disque de confinement dont je reconnaissais les indéniables qualités bien qu’il dégouline parfois. Surtout, j’appréciais ta capacité à te renouveler. Mais le renouvellement n’a pas toujours que du bon.
Tes productions pour Kanye West, Lady Gaga, Travis Scott ou Dua Lipa en disent finalement assez long sur tes ambitions. Tu ne fais pas ça pour l’argent puisque tu es l’un des Australiens de moins de 40 ans (pour quelque temps encore) les plus riches. Tu vis sur les hauteurs de Hollywood. Ce que tu recherches, c’est la validation du plus grand nombre. Et c’est là que le bât blesse. Lorsque l’on fait de la musique pour plaire, cela tombe souvent à côté.
Deadbeat n’est donc pas l’album d’un bon à rien, mais celui d’un (désormais) opportuniste. Pourtant, ça démarrait plutôt bien avec End of Summer, premier single dévoilé cet été (et titre final). Le virage rave/house était plutôt réussi avec un style tranché, des effets vocaux ingénieux et une mélodie (lorsqu’elle se dévoile) efficace.
Et puis, quelques semaines après, Loser avait fini par avoir raison de moi. Pourtant, à la première écoute, je m’étais dit qu’il ne se passait rien dans ce morceau. Mais comme souvent, avec toi, mon plaisir coupable pour ta voix et tes excès transforme l’anecdotique en incroyable. Cela démarrait plutôt bien, donc. Mais le dernier single, Dracula, extrêmement apprécié par ta communauté, se perdait en pastichant le Thriller de Michael Jackson et en cherchant son style entre pop et disco d’épouvante.
Le pire dans tout cela ? C’est que ce Dracula fait partie des meilleurs titres du disque. Car s’il peut agacer, il se passe au moins quelque chose dessus. Deadbeat propose sans doute l’enchaînement le plus plat et le plus inintéressant qu’il m’ait été donné d’écouter. Ce milieu d’album avec Piece of Heaven, Obsolete, Ethereal Connection et See You On Monday (You’re Lost) n’est même pas affligeant. Il est juste insignifiant. Il ne pourrait même pas être utilisé en guise de torture sonore car les éléments glissent sans prendre prise.
On se raccroche donc aux quelques bons moments, ce piano détraqué sur l’introductif My Old Ways, la deuxième partie électro de Not My World voire la basse dansante de Afterthougt. Autant de morceaux qui paraîtraient insignifiants sur n’importe lequel de tes autres projets et qui ressemblent ici à de grandes réussites.
Kevin, tu n’as même pas l’excuse d’avoir pêché en étant jusqu’au-boutiste. Ton disque se cherche en permanence entre la culture rave de Perth (les moins mauvais morceaux du disque, sauf l’insipide Ethereal Connection) et les incursions de pop sucrée que tu aurais dû garder pour Dua Lipa.
Ce disque est mauvais, et j’ai bien fait de ne pas craquer mon PEL pour venir te voir à Paris ou à Lyon lors de ta tournée. L’homme d’affaires que tu es devenu ne ressemble plus à l’Australien un peu "hobo" que j’ai aimé. De bricoleur génial à self-made man ambitieux, la frontière est mince. Tu fais même le choix d’exposer ta fille de 4 ans (qui n’a sans doute rien demandé) sur la pochette de Deadbeat.
Mais je ne veux pas jouer les donneurs de leçons. Au final, c’est sans doute toi qui as raison puisque Dracula sera diffusé en heavy rotation dans les centres commerciaux. Tu es donc sans doute plus heureux aujourd’hui, et tant mieux pour toi. Mais c’est ici que nos chemins se séparent car, tu l’as compris, ceci est une lettre de rupture. Je repenserai parfois aux bons moments que l’on a vécus ensemble et je réécouterai Lonerism avec nostalgie. Car notre histoire commune se conjugue désormais au passé.
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