Hangwire - Eulogy for the Nameless

1. In-Absentia
2. Wither
3. Nerv
4. The Fall
5. June
6. Ondas Atlánticas
7. The Trial
8. The Absurd (Rearranged)
9. Void Syndrome
10. Caught in a Fever Dream
11. The Collector (Rearranged)
12. Farewell Song (Rearranged)
13. Day One
14. Thorn on Your Side
15. Dosage
16. Orchid
17. Decay
18. Oblivion We Shall Be
Sortie le : 27 mars 2026
Il aura fallu à Hangwire presque trois ans, des changements de personnel, de label et une tournée couronnée de succès pour accoucher d’Eulogy for the Nameless. Certainement pas en mal d’inspiration, le désormais trio délivre pas moins de dix-huit morceaux - un double album. Bonne nouvelle : le talent est intact. Il faut dire que les singles envoyés en poissons pilotes avaient déjà éventé tout suspense : The Fall, Nerv, Wither : l’album promettait d’être monstrueux. Il l’est. Le deuxième disque, un cap difficile à négocier ? Très peu pour le gang de Montevideo.
Chaque morceau est ici l’occasion de dévoiler une des nombreuses facettes de leur talent. Nerv, par exemple, aligne toutes les figures imposées du post-punk avec l’aisance de vieux briscards et la fraîcheur de jeunes premiers : rythmique métronomique, ligne de basse chromée, roulements de toms synthétiques ; tout y est. Rien de neuf ? Peut-être. Dans ces cas-là, c’est la qualité de la composition qui fait figure d’arbitre. Et le moins qu’on puisse dire est qu’elle est au rendez-vous. Mention spéciale pour les licks de guitare de Federico Teixeira qui font merveille sur le refrain. Avec le surprenant June, power ballade post-soviétique au lyrisme sensible, et l’extraordinaire The Collector (Rearranged) tout en électronique primitive, Hangwire nous a concocté là une trilogie délicieusement anachronique à jouer à plein volume sur les ruines fumantes du mur de Berlin. La prouesse est de tenir sur la durée. Tout au long de l’album, les compos sont solides, le groupe est en place, calé sur la frappe sèche de Tomás Airala. Et lorsque le trio montre les crocs, ça fait plus mal qu’une morsure de Luis Suarez. The Trial et ses guitares tranchantes, l’imparable Wither et l’un des sommets de l’album, le tonitruant Caught in a Fever Dream ; le groupe a dans son répertoire de quoi déclencher une bagarre dans la fosse.
Surtout, Andrés D’Souza n’a jamais aussi bien chanté. Certes, le charismatique frontman de Hangwire nous avait déjà habitués à l’excellence sur Farewell ou sur ses précédents projets ; mais force est de constater qu’ici il se surpasse. Sa voix de baryton fait des merveilles sur The Fall, sa performance sur Thorn on Your Side est époustouflante et sa présence sur Wither redéfinit les canons du genre. Orchid, Farewell Song (Rearranged) et surtout le terrifiant Decay témoignent de l’élargissement de sa palette vocale et montrent un homme au sommet de son art. Sur ce dernier morceau, D’Souza apparaît en majesté, réincarnation de Bela Lugosi croisée avec Trent Reznor.
Que ses acolytes ne soient pas oubliés dans ce concert de louanges ; ils prennent pleinement part à la réussite de cet album. Peut-être encore plus que sur Farewell , Texeira et Airala participent à l’élaboration des chansons et marquent de leur empreinte ce très grand disque excessif sur lequel planent les ombres de Camus (The Fall), Kafka (The Trial) et Jean-Paul Sartre (The Absurd). Car Eulogy for the Nameless est de la trempe de ces disques mythiques, baroques et tentaculaires, qui ont jalonné l’histoire du rock. Il a le génie malade d’un No Other, la démesure extravagante d’un Mellon Collie and the Infinite Sadness et la solidité compacte de Daydream Nation. Revers de la médaille, il n’est sans doute pas des plus accessibles. Sa durée, sa densité, demandent un certain engagement de la part de l’auditeur. Ce disque est un trésor qui se mérite. Faire mieux sera difficile -mais on le pensait aussi après Farewell.
"The sky is ours now" clame Andrés D’Souza sur Wither et on est bien d’accord avec lui. Avec cet album, les Uruguayens s’adjugent la couronne de meilleur groupe de rock de ce premier quart de siècle. Haut la main. Formulé autrement, il est grand temps que le monde se prosterne devant Hangwire.
Une nouvelle fois, c’est dans les marges qu’il aura fallu aller chercher le meilleur de 2023. Retour rapide (et sans véritable classement) sur les albums marquant de cette année par ailleurs bien merdique.
Trois ans qu’on annonçait la sortie de ce Farewell, premier album de Hangwire. Forcément, on en attendait beaucoup. La bonne nouvelle, c’est que c’est encore mieux que ce que l’on pouvait imaginer.

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