Une autre nuit de gagnée à écouter Misophone

Naviguant sous les radars d’une majeure partie de la presse spécialisée de par la discrétion naturelle de leurs vignettes chamber-folk aux couleurs passées, marquées par une certaine nostalgie de l’imagerie victorienne autant que par les bricolages lo-fi du Tom Waits des débuts, les rêveries analogiques d’Olivia Tremor Control ou le songwiting introspectif et vulnérable de Mark Oliver Everett, les deux anglais de Misophone pourraient bien laisser éclater leur talent au grand jour dès le 19 juillet.

A cette date paraîtra en effet leur nouvel album Another Lost Night, collection de chansons enregistrées sur plusieurs années et qui se cherchaient un écrin digne de leur direction plus délicate et intimiste que jamais. C’est désormais le cas du côté de la petite structure nippone Lirico, qui succède à l’écurie suédoise Kning Disk (laquelle devrait bientôt publier Before The Waves Roll In maintes fois repoussé) et au label français Another Records, et jouera pour la première fois sur la scène internationale après avoir distribué au Japon de bien jolies sorties signées Scott Matthew, Radical Face, Peter Broderick ou Chris Garneau.

Autour du multi-instrumentiste et inventeur d’instruments Steven Herbert (ci-contre) et du songwriter et chanteur Matt Welsh, on retrouvera sur le successeur du beau Songs From An Attic (2011) le Français Alone With King Kong au trombone sur un titre et les harmonies de l’Anglaise Claire Pugh et de l’Américaine Aubben Renée. Ainsi, on pourra notamment entendre cette dernière sur Held The Hand, reprise du séminal Daniel Johnston qui figure parmi les influences avouées des deux hommes depuis Where Has It Gone, All The Beautiful Music Of Our Grandparents ? It Died With Them, That’s Where It Went... (2007) et sa relecture à peine de voilée de Silly Love sous le nom You Can’t Break A Broken Heart.

Autre reprise annoncée au milieu de la dizaine de compositions originales de ce 15ème opus (en tout juste 8 années d’existence), Dirty Girl extraite du superbe Shootenanny ! de Eels, groupe mené par le barbu sus-mentionné M.E Everett auquel on a beaucoup comparé Misophone et dont nos Bristoliens confrontent avec brio la ferveur douce-amère, à en juger par le court extrait ci-dessous aux allures de berceuse onirique :


Quant aux influences cinématographiques du duo à rechercher du côté de Goran Bregović ou Danny Elfman, qu’elles soient gipsy ou plus baroques, elles semblent s’être momentanément effacées au profit des arrangements douillets de leur facette pop la plus sensible et bucolique, ce qui n’est pas forcément pour nous déplaire.

A noter enfin, bonus non négligeable, que toute commande passée directement auprès de Lirico nous gratifiera d’une compilation d’inédits des débuts regroupant sous le titre Laughing At The Moon 15 titres "perdus" et finalement retrouvés par le groupe.

News - 14.06.2012 par RabbitInYourHeadlights
 


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