The Merricks - G

1. She told me maybe
2. Disintegration
3. Countryside
4. Sister
5. Hard to conceive
6. Iron fist
7. New day
8. You vanished
9. Memories 3
10. Nine ways to swallow a metallic soul
11. Dark memories
Sortie le : 25 juillet 2025
Juillet 2025. Au cœur de la touffeur estivale, les mauvaises nouvelles se déversent par tombereaux. À tel point que les bonnes passent plus ou moins inaperçues. La sortie de G par The Merricks était pourtant de celles-ci.
Prolifique, le projet genevois suit également une trajectoire loin d’être rectiligne : l’intégralité de sa discographie a, par exemple, été retirée de Bandcamp avant une nouvelle salve de parutions. Pendant un temps, on ne trouvait plus de The Merricks que Horizons, chez Paris Zombie Netlabel. Et il faut bien avouer que, tout excellent qu’était cet album, cela aurait été dommage que le projet de Marc-Emmanuel Ackermann s’arrête ici.
Aussi, écoute-t-on cette nouvelle livraison avec l’enthousiasme qui lui sied. Et le moins que l’on puisse écrire à son sujet est que la personne avide d’expérimentations ne sera pas déçue. D’autant que cet album fait la part belle aux guitares, bruitistes de préférence. Présentes sur tous les morceaux, celles-ci voient leurs six cordes malmenées à grands renforts de distorsions et de stridences électriques. De l’inaugural et explosé She told me maybe à Dark memories qui clôt ce corpus de onze morceaux, The Merricks fait dans la dissonance cathartique lorgnant vers l’électro minimaliste (le dernier titre, donc) et l’indus lo-fi (Disintegration et Iron Fist, turbulents rejetons du Brian Jonestown Massacre et de Nine Inch Nails).
Il en résulte un album entièrement instrumental, aussi atypique qu’aventureux dans sa recherche constante d’expérimentation et qui n’est pas sans rappeler les travaux de Dylan Houser. Le blues déglingué Nine ways to swallow a metallic soul transpose l’esprit du Delta dans les friches industrielles du Michigan et Countryside ressemble davantage à une jam impromptue entre Godflesh et John Spencer qu’à une ballade bucolique composée par Neil Young. Des ballades, Marc-Emmanuel Ackermann sait pourtant en écrire ; Sister en est la preuve. En un peu moins de sept minutes, le morceau déroule ses arpèges malades ponctués de field recordings fantomatiques pour un résultat des plus saisissants. Quant à la batterie de Kuniyoshi Yamada, invitée sur deux morceaux, elle pulvérise le morceau d’ouverture et fait sonner Hard to conceive comme une version fracassée de la bande originale de "Conan le Barbare".
On l’aura compris, G est un album d’une liberté totale, presque free, qui déroute parfois et enthousiasme souvent. Surtout, avec cette collection de morceaux, The Merricks ne se cache jamais, propose toujours quelque chose, quitte à prendre auditeurs et auditrices à rebrousse-poil ; une voie singulière, résolument radicale dans son approche. Soit à peu près ce que l’on attend d’un album underground.

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