The Winonas : "Nous ne nous imposons aucune limite"
Enthousiasmés par leur excellent album Dead Romantic sorti en ce début d’année et chroniqué dans nos colonnes, il nous tardait de rencontrer The Winonas, groupe noise punk basé à Bury St Edmunds. Scène locale, engagement sociétal, romantisme, tels sont les sujets que nous avons abordés avec James, chanteur et guitariste du groupe. Certaines réponses décoiffent autant que les morceaux de l’album.
VERSION FRANCAISE
Indie Rock Mag : Bonjour à toi, James, et merci de nous accorder cette interview. Vous êtes plus ou moins basés à Bury St Edmunds. En googlisant la ville, j’ai été assez surpris : l’endroit ressemble davantage au Village Green de Ray Davies qu’à une cité industrielle. Pourtant, il y a une sacrée scène noise rock, là-bas. Je crois savoir que Kate est amie avec Shannon de Rules for Radicals...
James : En fait, je suis né à Bury St Edmunds, mais je n’ai pas toujours vécu dans la région. C’est une très beau coin du pays et la scène musicale, notamment punk, s’est vraiment développée dans l’est de l’Angleterre ces dernières années.
Focalisons-nous sur vous. L’album que vous venez de sortir s’appelle Dead Romantic ; quelle est la conception du romantisme selon The Winonas ?
Personnellement, j’ai toujours été assez romantique. Ayant grandi dans les années 80, je regardais des films comme Dirty Dancing et Ghost avec ma grande sœur, et je pense que cette idée de romantisme au sens de romance comme m’a imprégné dès mon plus jeune âge. Aujourd’hui encore, j’essaie toujours de faire des gestes romantiques pour ma compagne Emma, afin de la faire sourire et de lui rappeler mon amour pour elle. Le titre de l’album, en revanche, est davantage un jeu de mots. J’aimais bien l’expression « that was dead romantic ». Elle était utilisée dans la comédie britannique classique The Royle Family par Caroline Aherne pour décrire son mari à l’écran, Dave (Craig Cash). Je l’ai gardée en tête comme idée de titre de chanson, car pour moi, cette expression peut signifier à la fois que l’amour peut être incroyable et qu’il ne signifie rien du tout.
Vous avez pas mal de morceaux très musclés. Parmi eux, les vindicatifs Don’t Push Me et Gold Tooth... Romantiques mais nerveux ?
En tant que groupe, nous n’avons pas de plan précis sur la manière dont nous composons ni sur les thèmes que nous abordons. Nous considérons la musique comme une page blanche que l’on peut remplir avec tout ce que l’on ressent ce jour-là. Des morceaux comme Gold Tooth ou Don’t Push Me naissent d’une conversation ou d’une idée, et nous nous laissons simplement porter par cela. Musicalement, rien n’est jamais exclu, et cela nous a aidés à évoluer et à repousser nos propres limites. Gold Tooth parle de ma haine personnelle pour la religion et du fait que les dons financiers des fidèles sont un facteur majeur de son fonctionnement. Il semble que le culte et le temps ne suffisent pas à prouver sa foi : il faut aussi renoncer à ses finances personnelles pour aller au paradis. Don’t Push Me est né d’une conversation avec quelqu’un sur Instagram. Cette personne parlait sans cesse des horreurs du monde, ce qui m’a fait réfléchir à la pression que nos dirigeants mondiaux et nos milliardaires font peser sur le citoyen lambda. Des phrases comme « Je paie mes impôts, je te donne tout ce que j’ai. Je vis au jour le jour et je n’ai pas les moyens de subsister. » La plupart des gens ordinaires sont poussés à bout ces jours-ci et le fossé ne cesse de se creuser. Poussez les gens assez fort et ils n’auront d’autre choix que de riposter.
Justement, la plupart de vos morceaux sont très rentre-dedans, mais quelques-uns sonnent vraiment différemment. Je pense par exemple à Servants qui est un morceau guitare voix. Il a un côté très Nirvana Unplugged....
C’est très gentil de ta part, et c’est un immense compliment. En tant que groupe, nous n’avons jamais caché nos influences. Écrire de la musique qui fait écho aux chansons que nous aimons me semble tout à fait logique. Je veux écrire des chansons que j’aurais plaisir à écouter en concert ou à écouter tranquillement en allant au travail. J’écoute des groupes comme Nirvana depuis des décennies. Ça ne me semblerait pas sincère d’écrire de la musique qui ne me touche pas, et de nos jours, tout n’est qu’une simple répétition. Personne ne réinvente la roue de nos jours, et il n’y a aucune honte à cela. Au fil de nos deux albums, on peut entendre l’influence majeure que Nirvana a sur moi personnellement, mais il y a aussi des éléments de Soundgarden, Helmet, Led Zeppelin et Oasis, entre autres, dans nos chansons. Servants est une chanson que j’ai écrite en environ cinq minutes et qui a été ajoutée tardivement à l’album. La chanson parle essentiellement de moi, elle est donc à la fois très personnelle et narcissique.
Il y a aussi Fatal Attraction, morceau à travers lequel le groupe rappelle son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQIA+. D’où vous vient cette sensibilité particulière à cette cause ?
Nous soutenons sans réserve la communauté LGBTQIA+. Et je pense que tout le monde devrait en faire autant. Le message de la chanson est très simple : « Peu importe qui tu es. Sois simplement qui tu veux être. » Chacun dans ce monde devrait avoir le droit d’assumer le genre de son choix, de célébrer sa sexualité et d’être libre d’être soi-même sans craindre d’être persécuté. À mon sens, le monde a peur du changement, les gens ont peur du changement. Depuis la nuit des temps, des hommes et des femmes ont été attirés par des personnes du même sexe et se sont sentis mal à l’aise avec le genre qui leur a été attribué. Pourquoi est-ce encore sujet à débat ? C’est fantastique que de plus en plus de personnes se sentent suffisamment à l’aise pour célébrer qui elles sont vraiment, et à mesure que cela devient (faute d’un meilleur mot) plus courant, la peur grandit chez ceux qui se décrivent comme ayant un genre « normal » ou « traditionnel ». Tant de gens ont embrassé le changement que le monde a connu, mais il y en a encore qui craignent ce qu’ils ne comprennent pas. Cela me réjouit que tant de gens se sentent à l’aise d’être eux-mêmes, et cela m’attriste qu’il y ait encore une crainte de persécution.
Est-ce plus difficile d’être engagé aujourd’hui que dans les années 90 ou 2000, par exemple ?
Non, je ne pense pas. Je pense simplement qu’il est plus difficile aujourd’hui de se faire entendre. Le problème de notre monde, c’est que celui qui crie le plus fort pour attirer l’attention est à la tête des États-Unis d’Amérique. Quand des groupes comme Rage Against the Machine criaient, on les entendait. Ils agissaient et obligeaient les gens à les écouter. Leur voix était plus forte que celle de la plupart des autres, et comme pour un enfant, plus on crie fort, plus les gens écoutent. Partout dans le monde, ce sont des hommes, et généralement des hommes occupant des postes de pouvoir, qui crient aussi fort que le monde le leur permet, ce qui étouffe toutes les voix qui s’opposent à eux. Ils parlent de rendre le monde meilleur pour nous tous, mais ce qu’ils veulent vraiment dire, c’est rendre le monde meilleur pour eux-mêmes. Trump n’est pas meilleur que Poutine. Il a juste une meilleure équipe de marketing.
On a également The Mirror, avec Daisy Cox, qui ressemble à une pop song presque dans le style des Cranberries qui m’a surpris en fin d’album. Est-ce une évolution à venir dans le son de The Winonas ou est-ce une pause ménagée dans le déluge de distorsion de Dead Romantic ?
C’est exactement ce dont je parlais tout à l’heure. En tant que groupe, nous ne nous imposons aucune limite ; donc, quand quelque chose sonne bien et fonctionne en tant que chanson, nous la développons et voyons où cela nous mène. Outre le travail incroyable réalisé par Daisy et Paul sur ce morceau, ce que j’apprécie vraiment, c’est la façon dont la chanson est perçue. À première vue, elle ressemble à une chanson d’amour assez classique sur le thème de la perte. L’idée que tu te réveilles le matin et que ton partenaire et l’être aimé ne soit plus là, et la perte que tu ressens jour après jour quand il ou elle n’est plus là. La chanson ne parle pas tout à fait de ça. L’idée que j’avais pour celle-ci était le concept de perdre un membre et de ressentir la perte de cette partie de toi-même. La relation amoureuse que tu entretiens avec ton propre corps et comment cela t’affecterait chaque jour. Au départ, je voulais intituler la chanson Phantom Limb, mais Paul pensait qu’en l’appelant The Mirror, cela donnerait aux gens l’occasion d’interpréter la chanson d’une manière différente, et j’adore le fait que cela ait fonctionné comme il l’espérait.
Je l’écrivais dans ma chronique, mon premier contact avec le groupe est cette vidéo sur Instagram où James s’arrête de chanter et de jouer de la guitare pour exécuter quelques tricks de skateboard sous un déluge de décibels. A quoi faut-il s’attendre à un concert de The Winonas ?
Énergie, enthousiasme et divertissement. Nous sommes des artistes et notre objectif est d’offrir un spectacle divertissant au public. Chaque soir, nous quittons la scène en espérant avoir égayé la journée de quelques personnes. Nous avons toujours été un groupe qui interagit avec le public et vit l’instant présent. Nous travaillons dur et y consacrons tellement de temps que nous devons en profiter au maximum à chaque instant. Pourquoi le faire si ce n’est pas pour en profiter ?
Nous avons évoqué le romantisme tout à l’heure. J’aimerais qu’on finisse cette interview avec quelques citations de grands écrivains romantiques, justement. Le son de The Winonas sonne très américain, vous citez d’ailleurs Silverchair parmi vos influences. "Ce ne sont pas les lieux, c’est son cœur qu’on habite" comme le disait Milton ?
Les seules limites que tu as sont celles que tu t’imposes. Tu peux puiser ton inspiration dans tant de choses, et je pense que cela transparaît dans toute la musique que nous créons.
William Blake a écrit : "Celui qui n’ose pas regarder le soleil de face ne sera jamais une étoile." Or en cherchant des informations sur le groupe pour préparer la chronique de Dead Romantic, j’ai eu le plus grand mal à trouver le line-up du groupe. Quel est votre rapport à la notoriété ?
Je ne pense pas que la célébrité soit ce qu’elle était autrefois. La promesse selon laquelle les services de streaming offriraient à tout le monde la même exposition ne se concrétise pas comme on l’avait promis. Les réseaux sociaux transforment en célébrités des idiots incapables de lire un avertissement sur une notice. Les émissions de télévision font des stars de gens assis sur une chaise longue qui gémissent pour attirer l’attention. La célébrité, c’est tout et rien à la fois de nos jours. Alors, faire de la musique, ce n’est pas chercher la célébrité, c’est faire découvrir au monde quelque chose en quoi on croit. Je suis tellement motivé pour écrire et interpréter ces chansons dans l’espoir qu’elles toucheront les gens comme la musique m’a touché au fil des ans. Les moments que je préfère sont ceux où je reçois des messages de gens qui me disent qu’ils ont écouté une de nos chansons et que ça les a rendus heureux, tristes ou inspirés. Pour moi, c’est quelque chose de spécial ; c’est vraiment tout ce que j’aurais pu espérer en me lançant dans la musique. Si dans 20 ou 30 ans, les gens écoutent encore nos disques, alors j’aurai vraiment l’impression d’avoir accompli quelque chose.
"La poésie est aux sentiments ce que la philosophie est aux pensées." C’est de Novalis. Pourrait-on, selon vous, en dire de même de la musique ?
Pour moi, la musique est le ciment qui donne tout son sens à ma vie. Avec ma compagne et notre chien, c’est la chose la plus magique au monde, et je serais perdu sans elle.
Terminons avec Sainte-Beuve : "Il faut dépasser le but pour l’atteindre." Quel est le but ultime de votre groupe ?
Pour moi, passer du temps avec Kate et Paul à faire de la musique ensemble, c’est déjà le summum. Profiter de chaque instant ensemble, en équipe, a été tellement agréable. Partager des souvenirs et des moments que je n’oublierai jamais, et écrire, jouer et sortir de la musique, ce que je n’aurais jamais pensé avoir l’occasion de faire, cela représente tout pour moi. Nous avons déjà accompli bien plus que ce que je croyais possible, alors nous allons simplement continuer à être nous-mêmes et tirer le meilleur parti de ce que nous avons en tant que groupe.
Merci pour ton temps.
https://thewinonasband.com/home
https://thewinonasband.bandcamp.com/
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ORIGINAL VERSION
Excited by their excellent album Dead Romantic, released earlier this year and reviewed in our pages, we couldn’t wait to meet The Winonas, a noise-punk band based in Bury St Edmunds. The local scene, social activism, and romanticism were the topics we discussed with James, the band’s singer and guitarist. Some of his answers are just as mind-blowing as the tracks on the album.
Indie Rock Mag : Hello James, and thank you for agreeing to this interview. You’re more or less based in Bury St Edmunds. When I Googled the town, I was quite surprised. The place looks more like Ray Davies’s Village Green than an industrial town. Yet there’s quite a noise rock scene there. I understand that Kate is friends with Shannon from Rules for Radicals...
James : I was actually born in bury st Edmund’s but haven’t always lived around the area. It’s a very nice part of the country and the music scene, punk in particular has really grown in the east of England over the past few years.
Let’s focus on you. The album you’ve just released is called Dead Romantic ; what is The Winonas’ take on romanticism ?
I personally have always been quite a romantic. Growing up in the eighties I would watch films like Dirty Dancing and Ghost with my older sister and I think the idea of movie style romance rubbed off on me from watching those at a young age. To this day I always try and do romantic things for my partner Emma to make her smile and remind her of my love for her. The album title however is more a play on words. I liked the term “that was dead romantic” It was used in classic British comedy the Royle family by Caroline Aherne to describe her on screen husband Dave (Craig cash) I stored that away as an idea for a song title as for me the term can mean that romance can be amazing and also nothing at the same time.
You’ve got quite a few really heavy tracks. Among them are the aggressive Don’t Push Me and Gold Tooth... Romantic but edgy ?
As a band we don’t have a set plan on how or what we write about. Also we see music as a blank page that can be filled with whatever you feel on that particular day. Songs like Gold Tooth or Don’t Push Me come from a conversation or an idea and we just roll with that. Nothing musically is ever off the table and that has helped us grow and stretch our own boundaries. Gold Tooth is about my personal hate for religion and how money donation by followers is a major factor to the running of it. It seems that worship and time is not enough to prove your faith you have to give up personal finance as well to get into heaven. Don’t Push Me came from a conversation with someone on Instagram. They were always talking about the horrors of the world and it got me thinking about how much our world leaders and billionaires push the average person. Lines like “I pay my taxes, I give you all I’ve got. I toe the bread line and haven’t got the means to live.” Most average people are pushed to the brink these days and the gap is getting wider. Push people hard enough and they have no choice but to push back.
Most of your tracks are very in-your-face, but a few sound quite different. I’m thinking, for example, of Servants, which is a guitar-and-vocals track. It has a very Nirvana Unplugged feel to it....
That’s lovely for you to say and a huge compliment. As a band we have never hidden our influences. Writing music that echoes the songs we love seems logical to me. I want to write songs I would be happy to watch live or sit and listen to on the way to work. I’ve been listening to bands like Nirvana for decades. It wouldn’t feel genuine to write music that didn’t resonate with me and everything these days is just a regurgitation. No one is reinventing the wheel anymore and there is no shame in that. Over the course of both our records you can hear the major influence that nirvana has over me personally but there are also elements of Soundgarden, Helmet, Led Zeppelin and Oasis among others in our songs. Servants was something I wrote in about five minutes as well and it was a late edition to the album. The song is essentially about me so it’s very personal and narcissistic at the same time.
There’s also Fatal Attraction, a track through which the band reaffirms its commitment to LGBTQIA+ rights. Where does this particular sensitivity to the cause come from ?
We are huge supporters of the LGBTQIA+ community. As I think everyone should be. The message in the song is really simple “doesn’t matter who you are. Just be who you want to be” everyone in this world should be allowed to be the person they want gender wise and they should be able to celebrate their sexuality and be free to be themselves without risk of persecution. For me the world fears change, people fear change. Men and women have been attracted to the same sex and have been uncomfortable with their given gender since the dawn of time. Why is it still up for debate ? It’s fantastic that more and more people are comfortable enough to celebrate who they really are and as that becomes, (for a lack of a better word) more mainstream there is more fear from people that describe themselves as gender normal or traditional. So many people have embraced the shift that the world has taken, But there are still those that fear what they don’t understand. It brings me joy that so many people feel comfortable being themselves and sadness that there is still fear of persecution.
Is it harder to be politically active today than it was in the 90s or 2000s, for example ?
No I don’t think so. I just think it’s harder now for your voice to be heard. The problem our world has is that the person shouting the loudest for attention is in charge of the United States of America. When bands like Rage Against The Machine shouted their voice was heard. They took action and made people listen. There voice was louder than most and like a child the louder you scream the more people listen. All across the world we have men and it is generally men in places of power shouting as loud as the world will let them and that drowns out all the voices of opposition to them. They talk about making the world better for us all but what they really mean is making the world better for themselves personally. Trump is no better than putin. He just has a better marketing team.
Let’s talk about The Mirror, featuring Daisy Cox, which sounds like a pop song almost in the style of The Cranberries and which surprised me at the end of the album. Is this a sign of things to come in The Winonas’ sound, or is it a welcome break from the deluge of distortion on Dead Romantic ?
This is the same as I spoke about earlier. As a band we don’t have a boundary to stick to so when something sounds good and works as a song we develop it and see where it goes. Apart from the incredible job both Daisy and Paul did on this song what I really love about it is how the song is perceived. From the outset it seems like a pretty standard love song about loss. The idea that you awake in the morning to find your partner and loved one missing and the loss you feel when they are gone day in day out. The song isn’t quite about that. The idea I had for this was the concept of losing a limb and feeling the loss of that part of you personally. The love affair you have with your own body and how that would affect you every single day. I wanted to originally call the song Phantom Limb but Paul thought calling it The Mirror would give people the opportunity to interpret the song in a different way and I love that it has worked as he had hoped.
As I wrote in my review, my first encounter with the band was this video on Instagram where James stops singing and playing guitar to perform a few skateboard tricks amidst a deluge of decibels. What can we expect at a The Winonas gig ?
Energy, excitement and entertainment. We are performers and we aim to put on a fun show for people. We want to leave the stage each night hoping we have made a few people’s days better. We’ve always been a live band that interacts with the audience and embraces the moment. We work hard at what we do and we committee so much time to it that we have to make it as much fun as we can at all times. Why do it if you’re not going to enjoy it ?
We mentioned Romanticism earlier. I’d like to round off this interview with a few quotes from some of the great Romantic writers. The Winonas’ sound has a very American feel to it ; indeed, you cite Silverchair among your influences. “It is not places, but the heart we inhabit,” as Milton put it ?
The only limits you have are those that you put on yourself. You can draw influence from so much and I think that is apparent on all the music we create.
William Blake wrote : “He who dares not look the sun in the face shall never be a star.” Yet whilst researching the band to prepare the review of Dead Romantic, I had the greatest difficulty finding the band’s line-up. What is your relationship with fame ?
I don’t think fame exists on the same plane it used to. The idea of streaming services given everyone the same platform to live on doesn’t work like it was promised. Social media makes celebrities out of idiots that can’t read warning labels. Tv shows make stars of people sitting on a sun lounger moaning for attention. Fame is everything and nothing these days. So making music isn’t to seek fame it’s to bring something you believe in out into the world. I’m so driven to write and perform these songs in the hope that they will connect with people the way music has with me over the years. The best part of my year is getting messages from people telling me that they listened to one of our songs and it made them happy or sad or inspired. That to me is something special and really all I could have hoped for. If in 20 or 30 years people are still listening to our records then I will really feel like I achieved something.
“Poetry is to feelings what philosophy is to thoughts.” That’s from Novalis. In your view, could the same be said of music ?
To me music is the glue that keeps my life together. Along with my partner and our dog it is the most magical thing in the world and I’d be lost without it.
Let’s finish with Sainte-Beuve : “One must go beyond the goal to reach it.” What is your band’s ultimate goal ?
For me spending time with Kate and Paul just making music together is already the end game. Enjoying every moment together as a team has been so much fun. Sharing memories and moments that I’ll never forget and writing playing and releasing music that I never thought I’d have the opportunity to do so has meant the world to me. We have already achieved far more than I thought was possible so we will just continue to be us and make the most of what we have as a band.
Thank you for your time.
https://thewinonasband.com/home
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