Le streaming du jour #690 : Rob Viktum - ’Nothing Borrowed EP’

Le royaume des émules de RJD2, Pretty Lights ou Blockhead est assez fourni. La quantité au détriment, souvent, de la qualité, tant les hymnes urbains que sont Still Night ou un Smoke & Mirrors constituent des œuvres à part entière dont l’imitation de la construction ne saurait éclipser l’émotion dégagée. Malgré tout, parmi la pléiade de suiveurs aux productions molles, il fallait bien quelques contre-exemples. Allons droit au but, Rob Viktum fait partie de cette minorité.

La discographie du Texan aurait vite fait de nous perdre puisque, comme si cela ne lui suffisait pas d’être extrêmement productif, ses anciens travaux disposent de peu de visibilité sur la toile. L’Américain s’est néanmoins illustré au milieu de la précédente décennie en tant que producteur de The Socialists sur l’album éponyme ou, plus intéressant encore, sur quelques titres d’Unauthordox, parmi lesquels le jouissif Holding My Venus.


Après Progress 2, album réalisé en 2007 en hommage aux Khmers Rouges victimes du génocide cambodgien et Mechanized Burden trois ans plus tard, Rob Viktum poursuit avec Nothing Borrowed une progression qui le conduit de plus en plus vers l’abstract hip-hop de ses aînés.

Les cinq titres d’un EP que l’Américain a tenu à proposer gratuitement au téléchargement s’appuient donc sur une recette qui n’a rien de novatrice mais demeure extrêmement efficace lorsque l’inspiration se conjugue avec une certaine honnêteté artistique. Entièrement instrumentales, ces pistes s’appuient sur le mariage de beats appuyés et de nappes électroniques sombres et oniriques, presque lunaires.

Plug In et Crushed Groove, situés aux deux extrémités de Nothing Borrowed, ne sont pas sans rappeler la trilogie d’EPs proposée par Pretty Lights en 2010, principalement la sombre clarté de Glowing In The Darkest Night. L’oxymore ici de vigueur pour définir le son de Derek Vincent Smith trouve un écho dans les productions de l’artiste basé à Dallas. A mi-chemin constant entre la noirceur des éléments et le sentiment apaisant dégagé par l’ensemble, Rob Viktum a semble-t-il bien digéré ses diverses influences. On ne se lassera d’ailleurs pas d’Alex Rogan’s Clone dont les percussions et les diverses sonorités sont finalement assez proches de celles affectionnées par DJ Shadow sur le Psyence Fiction d’UNKLE.

Les suiveurs du courant abstract n’auront jamais raison de ces artistes pour lesquels, à l’instar de Rob Viktum, inspiration rime avec ambition.


Streaming du jour - 10.03.2013 par Elnorton
... et plus si affinités ...
Rob Viktum sur IRM