NLC - Le Crépuscule des Souris

1. Le Crépuscule des Souris Part 1
2. Le Crépuscule des Souris Part 2
3. Falling from Beneath
4. La Nuit du Rongeur
5. Die Blume, die alle Ratten gefällt
Sortie le : 26 février 2024
Sans aucun doute, il est inutile de rappeler le pedigree et l’influence de Julien Ash et de ses Nouvelles Lectures Cosmopolites, figures tutélaires du (vrai) underground depuis le crépuscule des années 80. C’est donc avec une joie non dissimulée qu’on les voit apporter une nouvelle pierre à l’édifice cyclopéen de leur discographie.
Ce Crépuscule des Souris se mérite. Pour le découvrir, il faudra traverser l’Atlantique, rien de moins. Car c’est sur Musique Moléculaire, le label montréalais de l’excellent Iann Troalen décidément très en forme (le Demolition d’Epignose sorti quelques jours auparavant vaut plus que le détour !), que paraissent ces cinq nouveaux titres (pour plus de cinquante minutes de musique, excusez du peu). Le moins que l’on puisse dire, c’est que le déplacement vaut le détour.
Car si la formule de l’alchimiste de Céret reste inchangée (mélange de néoclassique et d’expérimentations concrètes, plus un titre de morceau en Allemand !), c’est avec des ingrédients de première qualité qu’il a concocté sa dernière mixture sonore. Grésillements électroniques, synthétiseurs bruitistes, arpeggiator défectueux : le premier mouvement s’ouvre dans un chaos maîtrisé dont émerge un glockenspiel lointain. Montée en puissance magnifiquement maîtrisée jusqu’à l’apaisement inattendu. Le morceau pourrait s’arrêter là. C’est pourtant le moment choisi par NLC pour déployer l’orchestre dans toute sa grandeur et faire basculer l’album dans le sublime. Ce Crépuscule des Souris (Part 1) vaudrait à lui seul une chronique. Pièce majestueuse, admirablement agencée, synthèse parfaite des musiques classiques et électroniques, cette pièce inaugurale est une splendeur. Comme Ash n’est pas homme à faire les choses à moitié, tout l’album est au diapason. Die Blume, die alle Ratten gefällt, par exemple, qui referme l’album, emprunte l’itinéraire exactement opposé. Débuté dans des orchestrations dont l’alliance de subtilité et de musicalité est de nature à provoquer des complexes d’infériorité chez les compositeurs les plus imbus de leur personne, le morceau s’achève dans des crépitements électroniques que n’aurait pas reniés Jim O’Rourke. Tout, absolument tout est parfait dans cet album : de la flûte lancinante aux inflexions orientales qui irrigue Le Crépuscule des Souris (Part 2) au mariage du glockenspiel et de la guitare acoustique de La Nuit du Rongeur.
Aussi à leur aise dans les formats courts que dans les pièces longues, Julien Ash et ses comparses (François Porte, Aloïs L. sans oublier Erwann Mercier) font littéralement naître un univers entier de contes, où la féérie le dispute à l’angoisse, où les paysages sont aussi sublimes qu’inquiétants et où la mélancolie affleure entre deux sortilèges harmoniques.
Fable pour les oreilles, ce Crépuscule des Souris ressemble à s’y méprendre à la mise en musique des contes de Grimm par le fils caché de Tchaïkovski et Pierre Henry. Grandiose.
Comme souvent avec mes classements annuels pour IRM, le format s’est imposé de lui-même : 150 albums car me limiter davantage devenait trop frustrant, et sans classification au regard des difficultés ressenties l’année précédente à devoir ranger dans des cases, toutes approximatives et malléables qu’elles puissent être, des sorties souvent inclassables. (...)
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