múm - History of Silence

1. Miss You Dance
2. Kill the Light
3. Mild at Heart Voir la vidéo múm - Mild at Heart
4. Avignon
5. Only Songbirds Have a Sweet Tooth
6. Our Love is Distorting
7. A Dry Heart Needs no Winding
8. I Like to Shake

2025 - Morr Music

Sortie le : 19 septembre 2025

Les sons du silence

Premier album en 12 ans pour le groupe islandais dont on avait apprécié il y a quelques années déjà le retour scénique dans une configuration proche de celle des origines avec Gyda Valtysdottir au violoncelle et au chant, History of Silence peine d’abord à trouver son souffle, s’ouvrant comme un drôle de crossover bâtard entre chansons pop lignes claires et compos beaucoup plus impressionnistes et mouvantes, où synthés scintillants aux distos oniriques et orchestrations capiteuses viendraient titiller cette acoustique à la croisée du classical ambient et de l’indie folk bricolée chère à Gunnar Örn Tynes et Örvar Þóreyjarson Smárason depuis Sing Along to Songs You Don’t Know.

Car malgré leur sens du contraste, leur dynamique et leur finesse de production, Kill the Light et Mild at Heart renvoient davantage au lyrisme folklo et gentillet de cet album de 2009 assez vite oublié qu’aux élans electronica des merveilles précédentes, la faute à ce chant beaucoup trop lisse et convenu, loin des troublantes comptines de femmes-enfants des soeurs Valtýsdóttir à la grande époque. Comme sur Smilewound en 2013, exit en effet Gyða au micro, seulement présente par intermittence au violoncelle, et place à Sigurlaug Gísladóttir aka Mr. Silla (accompagnée probablement d’Örvar), dont les interventions manquent de naturel pour véritablement se fondre dans la l’éther somatique de ces compositions élecro-acoustiques.

Il faudra ainsi attendre que les vocalises se fassent plus épurées (la ballade orchestrale Avignon), manipulées (le pulsatile Only Songbirds Have a Sweet Tooth), reléguées en fin de morceau (Our Love is Distorting et son superbe crescendo dream-pop à la fois percussif et ouaté) voire carrément absentes (l’instru A Dry Heart Needs no Winding, sommet de grâce évanescente aux accents fatalistes) pour que le disque parvienne enfin, progressivement, à renouer avec cette magie organique et fragile, une douceur au bord du gouffre qui culmine paradoxalement sur la chamber folk du final I Like to Shake, débarrassée de ses oripeaux électroniques au profit d’un banjo et de cordes élégiaques. Le plus simple appareil en somme pour mieux révéler ce douloureux silence du titre qui était pourtant là depuis le début et les breaks de Miss You Dance, une mélancolie de l’absence qui continue mine de rien de faire mouche sur ce nouveau cru tout sauf immédiat et dans l’ensemble plutôt fameux.


( RabbitInYourHeadlights )




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