IRM Expr6ss #25 - spécial nullités surcotées de l’année, part 1 : Big Thief, FKA twigs, Cate Le Bon, Model/Actriz, Panda Bear & Tyler, The Creator
Un peu d’abnégation et de méchanceté, pour aider les plus perspicaces d’entre vous à préserver leurs tympans de la corruption des médias musicaux putaclics. La suite demain, toujours à l’intersection du nullache et du surestimé, sinon c’eut été beaucoup trop frustrant de se limiter à 12 sorties.
Big Thief - Double Infinity (4AD, 5/09)
J’avais beaucoup aimé Dragon New Warm Mountain I Believe In You, généreuse collection de courtes chansons hétéroclites et inspirées. Malheureusement, Double Infinity en est l’antithèse, homogène jusqu’à l’épuisement dans une indie pop feutrée sans éclat ni aspérité. Inégaux depuis leurs débuts, la New-Yorkaise Adrianne Lenker et sa bande sont ici en pilotage automatique, l’exemple parfait d’un groupe qui tente de rester pertinent en faisant l’actu tous les deux ans sans en avoir l’étoffe.
FKA twigs - Eusexua (Atlantic, 24/01)
Imaginez Charli XCX qui se prendrait pour Björk (ou Lana Del Rey pour Mazzy Star ?... oups !) et vous aurez une petite idée du gap qu’il peut y avoir entre l’ambition de la Britannique, qui aurait dû rester cantonnée à son contemporary r’n’b des débuts, et ce que l’on entend sur cet Eusexua lénifiant et désincarné où ses minauderies de sous-Madonna vocodée se parent de beats glitch-pop mécaniques, de techno lisse comme un jour sans pain ou encore de trip-hop demi-écrémé à faire pâlir d’envie les albums les plus tiédasses de Morcheeba. Pour Best Ever Albums, c’est le chef-d’oeuvre consensuel de ce cru 2025, ce qui en dit long sur notre époque aux curiosités musicales nivelées par le bas. On aimerait pouvoir dire que le disque est aussi moche que ses visuels, mais ce serait faire bien trop d’honneur à son absence totale de témérité.
Cate Le Bon - Michelangelo Dying (Mexican Summer, 26/09)
Fut un temps folk-rockeuse décente, la Galloise a enfin terminé sa mue pour redevenir chenille. Malgré la présence de l’excellente Valentina Magaletti aux percussions et du cacochyme John Cale en duo sur un titre (mais comment taper sur l’auteur de Paris 1919 ?), Michelangelo Dying donne en effet l’impression de mourir à petit feu sous les jets de figues molles d’une synth-pop neurasthénique et suant la nostalgie crasse, presque plus proche de Mylène Farmer ou d’une Jeanne Mas sous lexomil que de la sempiternelle influenceuse Kate Bush ou pire, des stratosphériques Cocteau Twins auxquels une presse musicale plus malentendante que jamais s’échine déjà à comparer cet étron.
Model/Actriz - Pirouette (Dirty Hit, 2/05)
Qu’est-ce qu’on aurait aimé que l’art-rock versant discoïde crève de sa belle mort à la fin des années 2000. Malheureusement, des tâcherons s’acharnent année après année à le ressusciter, la palme ce coup-ci aux New-Yorkais de Model/Actriz qui ont certainement dû brûler un cierge ou deux sur les autels de !!!, LCD Soundsystem ou The Rapture pour être certains d’accoucher d’un nanar faussement sombre et vaguement dansant à la hauteur de ceux de leurs idoles.
Panda Bear - Sinister Grift (Domino, 28/02)
Sinistre daube, Sinister Grift a malheureusement - décidément, l’adverbe revient souvent dans cet article - davantage à voir avec le Reset de triste mémoire que Panda Bear cosignait en 2022 avec Sonic Boom de feu Spacemen 3 qu’avec Person Pitch. Au moins, Reset avait pour lui sa petite dynamique à la Beach Boys psyché meets Jonathan Richman, ici l’Animal Collective badigeonne sa jangle pop générique d’une pénible neurasthénie, vibe de slacker chiante comme la pluie qui "culmine" sur un morceau final en duo avec le tout aussi surcoté Cindy Lee.
Tyler, The Creator - Don’t Tap the Glass (Columbia, 21/07)
Beaucoup plus modeste que la superproduction Chromakopia dont on disait ici en novembre dernier tout le mal qu’on en pense, cet album "surprise" (étonnement similaire à celui que l’on ressent en posant le pied par inadvertance sur une déjection canine, probablement), toujours produit par ses soins, n’en est pas moins boursoufflé, alignant les "bangers" (comme disent nos jeunes - ou les chroniqueurs rétrécis du bulbe qui tentent de les imiter) racoleurs, tantôt funkysants comme du mauvais Warren G, approximativement Neptunes-esques (Pharrell Williams est l’un des rares invités de l’album et on s’en serait bien passé) ou vaguement vénères, et les clips à 10 millions de vues torchés sur Windows Movie Maker. Simplement atroce à tous les niveaux (pour le coup le contenu matche le contenant sans souci), mais bien pratique quand on s’appelle Tyler Okonma pour se faire un peu de thunes avant les fêtes.
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