La Ballade de Julie S. - Charlotte Mildray

Un projet pour ce soir ? J’ai bien quelques idées : poésie, chant, musique et littérature ? Il va falloir choisir me direz-vous ! Je vous propose plutôt un compromis, et ça tombe bien car il a déjà un nom : Charlotte Mildray.

1. Les Rues Parlent de Toi
2. Quitter la Ville
3. Il Se Peut Qu’on Prenne la Mer
4. La Traversée
5. Bille En Tête
6. Millions of Kisses
7. Kilomètre 30
8. Je Reviendrai
9. Revenir
10. L’Etreinte

date de sortie : 15-03-2009 Label : PPProductions

Sous cette double présentation, celle d’un artiste émergent et de sa première véritable création, se cache un risque de méprise qu’on se doit avant tout de vous épargner. Car La Ballade de Julie S. (inspiré on ne sait trop pourquoi de La Ballade d’Eddy S. de Etienne Daho) est bien, et on pourrait aisément se tromper, le nom de l’interprète de cet insolite ouvrage. Un curieux pseudonyme à l’identité flexible, qui indique une certaine notion de mouvement autour de son acteur principal en la personne de Julie Rey. Cette formation à géométrie variable, tour à tour entreprise solitaire, duo ou quartette, se dessine selon les envies et besoins de son intendante, et se réunit ici autour d’un thème, la vie d’un personnage imaginaire du nom de Charlotte Mildray.

Auteur, compositeur et interprète, le travail polyvalent de l’artiste se concrétise sous la forme d’un livre-disque dont on avait croisé l’un des plus proches cousins un an plus tôt avec le Frère Animal de Florent Marchet et Arnaud Cathrine, et c’est presque sans surprise que l’on retrouve ce dernier apposant sa voix sur l’un des quelques furtifs intermèdes lus. Six pistes chantées, le décompte aurait pu paraître maigre, mais parvient tout de même à atteindre la cinquantaine de minutes et se décline dans une diversité de styles qui étonne quelque peu. De l’intimité folk inaugurale à la conclusion collégiale presque post-rock, le parcours proposé par Julie Rey et David Elvira, son acolyte instrumentiste le plus récurent, trouve une unité dans le contexte textuel plutôt que dans une certaine tournure musicale.

Quelques généralités parviennent tout de même à être mises en évidence. Visiblement admirative du savoir-faire de Dominique A, la jeune femme adopte un phrasé posé et nous gratifie d’un chant particulièrement captivant qui n’est pas sans rappeler celui de Françoiz Breut. Cet état de fait se ressent aussi bien dans l’invitation au projet (sur Il Se Peut Qu’on Prenne la Mer) du mimétique Bastian Lallemant que, plus individuellement, dans l’introductif et bouleversant Les Rues Parlent de Toi au ton grave mis en exergue par une timide guitare.
Il est à noter que si la présence de passages parlés pourrait refroidir les ardeurs de certains quant à l’exploration de l’album (mais doit-on vraiment l’appeler ainsi ?), leurs inséminations sont réalisées à dose homéopathique et ne font finalement qu’apporter un peu plus de matière à l’ensemble. Le mélange du français et de l’anglais permet quant à lui d’alterner les passages qui font sens et ceux qui mettent plus l’accent sur les rondeurs vocales, et va même jusqu’à interagir au sein d’un même morceau : Bille en tête.

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© Michael Cartier

Minimalisme et émotions brutes ont la part belle durant une bonne moitié d’album et perdent petit à petit du terrain, laissant place pour la première fois à des sonorités rock voire post-rock avec Je Reviendrai. Après un L’Etreinte qui convoque l’esprit de Cat Power à la réunion, un interlude silencieux, de ceux qui se destinent à révéler une piste cachée, nous sert sur un plateau la touche finale à ne surtout pas passer sous silence. Car comme si l’œuvre n’était pas suffisamment unique en son genre comme cela, c’est à une insaisissable et tonitruante improvisation folk, jazz et rock que revient le mérite de venir tirer le rideau. Dix longues minutes, mais finalement trop courtes, prélevées sur les trois heures passées en studio en compagnie de Daniel Scaliet et Sidi M conviés au difficile exercice.

Tiré à seulement 500 exemplaires, l’objet au délicieux contenant étonne avant tout par son contenu. Le carnet de voyage intégré au livre se trouve être un compagnon idéal pour le disque et ils forment à eux deux un ensemble de photographies de situations vécues par le personnage de Charlotte Mildray. De prime abord intrigant l’ouvrage se révèle avant tout cohérent et musicalement très convaincant.

A découvrir sur : Myspace

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