Theresa Wong - Journey to the Cave of Guanyin

1. Sea Eating Sun
2. A Ritual Begins
3. Light in the Grotto
4. Inner Chamber
5. Prayer to Avalokiteśvara
6. Beacons in the Fog
7. Perceiver of All Sounds
Sortie le : 11 avril 2025
Croisée au violoncelle dans un certain nombre de groupes et ensembles d’improvisation jazz, de classique contemporain ou d’électro-acoustique dont plusieurs projets de la vétérane de l’expérimentation ambient Ellen Fullman (par exemple le trio The Infinite Strings Ensemble qui soutenait Barn Owl sur l’album The Headlands en 2010), Theresa Wong est une artiste pluridisciplinaire dont les premiers projets musicaux remontent déjà à une vingtaine d’années. Pour sa 2e sortie chez Room40 (après Harbors en 2020, au côté d’Ellen Fullman justement), la Californienne née à New York choisit de se cantonner au violoncelle solo, et de rendre hommage au folklore du pays de ses origines, la Chine, plus particulièrement celui qui gravite autour de Guanyin, déesse associée à la compassion, via le récit imaginaire d’un marin (dont Guanyin est la sainte patronne) abordant le rivage en fuyant la tempête et s’enfonçant dans une caverne pour aller trouver réconfort dans ses prières auprès de la divinité.
Accordé sur une relativement basse fréquence, l’instrument est démultiplié en harmonies résonant comme des drones autour de motifs répétitifs et hypnotiques. En résulte sur l’introductif Sea Eating Sun (ou plus loin Beacons in the Fog) une musique à la fois dense et minimaliste aux dissonances subtiles, capable par la suite d’osciller entre épure des cordes frottées à peine effleurées (Light in the Grotto) et sonorités caverneuses d’un drone acoustique mystique et inquiétant (Prayer to Avalokiteśvara, Perceiver of All Sounds). Malgré ce dispositif que l’on pourrait s’imaginer limité, l’album impressionne par sa tension presque cinématographique, et une paire de pas de côté qui en démultiplient l’ampleur, des percussions de cordes sourdes et presque anxiogènes du bien-nommé A Ritual Begins jouant sur les silences entre les frappes, aux frottements espacés d’un Inner Chamber qui procure la même sensation de menace larvée, celle probablement des éléments à l’extérieur de la grotte, symbole des heurts de l’existence dont la musicienne tente de s’isoler dans la pénombre de ce cocon acoustique analgésique à défaut d’être rassurant.
Magnétique !
Comme souvent avec mes classements annuels pour IRM, le format s’est imposé de lui-même : 150 albums car me limiter davantage devenait trop frustrant, et sans classification au regard des difficultés ressenties l’an dernier à devoir ranger dans des cases, toutes approximatives et malléables qu’elles puissent être, des sorties souvent inclassables. Je (...)

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