Le streaming du jour #1839 : Guy Andrews - ’Tåke’
Déjà auteur en 2015 de Our Spaces, premier long-format paru chez Houndstooth Records, Guy Andrews s’était associé en 2016 à Masayoshi Fujita pour accoucher d’un Needle Six défendu cette fois par Erased Tapes.
De retour dans son écurie initiale, le Londonien Guy Andrews dévoile un nouveau disque intitulé Tåke, soit "brouillard" en norvégien. Le terme n’a pas été choisi arbitrairement puisque c’est à cause d’une brume intempestive que le séjour que l’Anglais a effectué en Scandinavie il y a deux ans s’est éternisé, son vol retour ayant été reporté.
Ce temps supplémentaire passé à explorer l’arrière-pays de Bergen a inspiré Guy Andrews, selon ses propres dires, à "écrire une musique qui reflète la récompense que l’on obtient en découvrant de nouveaux environnements". Une telle description évoque forcément son lot de surprises et de diversité, et Tåke en contient à foison.
Sur l’introductif The Cleaning qui s’articule autour d’une structure ambient classique, la voix principale est soutenue par des chœurs spectraux qui apportent le sentiment d’un entremêlement oppressant. Une ambient instrumentale émerge par ailleurs sur le spirituel intermède It Cannot Surface tandis que des beats entraînants font leur apparition sur l’électronique de Fjell.
Mais Guy Andrews ne se contente pas de tisser des nappes atmosphériques dans la continuité de ses travaux pour le label Erased Tapes. Il apporte sur Tåke son attrait pour le post-rock, les drones saturés mâtinés d’effets électroniques de Buried Within en attestant tout comme les embardées anguleuses d’un Trail qui évolue vers une inévitable explosion tant les guitares électriques ultra-saturées et les percussions rivalisent de puissance.
La grâce initiale n’est cependant jamais très loin et les arrangements de cordes de Feelings rappellent les sommets de Craig Armstrong, ceux-ci étant sublimés par une voix féminine angélique entraînant l’ensemble vers une transe captivante. Délicat et puissant à la fois, Tåke est trop complexe pour rentrer dans des cases, mais les amateurs d’expérimentations se situant entre post-rock et ambient néo-classique y trouveront assurément leur compte.

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