Le streaming du jour #1918 : Siimplex - ’Fragments’

Non content de réapparaître sur nos radars IDM en ce mois de mai avec l’excellent Harmless Chaos, Michael Castaneda aka Terminal 11 a rameuté des copains. D’abord Lana Del Rabies donc, que l’on retrouvait aux harmonies vocales délétères sur son titre hommage à Twin Peaks, Black Lodge Waltz, extrait de notre compilation IRMxTP Part XIV - Red Room (The Evil in These Woods) lâchée mercredi en libre téléchargement. Mais également Siimplex, ami de longue date dont la première sortie après des années d’affinage à ne composer que pour lui paraît conjointement sur le label Sunwarped Records de Castaneda et chez les Floridiens de Schematic, que Terminal 11 connaît bien y avoir sorti le tout aussi réussi With My Mind il y a quelques années.

Si les atomes crochus entre les deux albums sont évidents, ne serait-ce que pour la cover en noir et blanc signée à nouveau par Castaneda dans une veine toutefois plus digitale et déconstruite ici que sur l’illustration dHarmless Chaos basée sur un dessin, l’univers musical du beatmaker basé à Tempe dans l’Arizona apparaît toutefois moins "débauché" que celui de son "mentor", faisant même preuve d’une certaine économie de moyens sur les 11 morceaux arythmiques et angoissés de ce Fragments. C’est ainsi de l’inaugural et cultissime Brownout des sus-nommés patrons Phoenecia qu’on serait tenté de le rapprocher, pour une certaine tension dramatique, parfois presque martiale voire tribale (denial, kaccp), aux incursions atmosphériques malaisantes proches du dark ambient (le diptyque 2Ife / 2pts et leurs beats rachitiques perdus dans un mo man’s land d’exhalaisons inquiétantes et de distos lugubres).

Même dans ses passages les plus futuristes et polyrythmiques, Siimplex donne ainsi l’impression de ramper dans l’ombre, en quête d’une faiblesse à exploiter dans la matière grise de l’auditeur, des martèlements implosifs d’In afkeeret aux claviers insidieux de small digits, et même lorsqu’il s’attaque à l’héritage acide et schizophrène d’Aphex Twin, Squarepusher et consorts (bnee m, burn slow), il le fait avec un sens assez hostile de la retenue, comme un prédateur danserait autour de sa proie, attendant le meilleur moment pour porter un coup de grâce d’autant plus menaçant qu’il ne viendra jamais vraiment, falling into ether anticipant au contraire une certaine déliquescence dont renaîtra sur le final collapse une électronica plus structurée, assemblant enfin tant bien que mal les Fragments épars de ce qui devrait s’imposer comme l’une des plus belles réalisations électroniques de l’année :


Streaming du jour - 02.06.2018 par RabbitInYourHeadlights
... et plus si affinités ...
Siimplex sur IRM