Gnaw Their Tongues - The Genesis of Light
Sortie le : 12 septembre 2025
Lorsque l’on connaît la sauvagerie dont fait preuve Maurice de Jong lorsqu’il revêt les oripeaux viciés de son projet-phare Gnaw Their Tongues, alias parmi une vingtaine d’autres, les 3 minutes d’orgue gothique ouvrant la Part 1 de The Genesis of Light ont de quoi surprendre, d’autant que même après l’arrivée du premier riff lourd et abrasif, aucun blast beat à l’horizon et pas plus de beuglante ou de déluge électrique, le black metal faisant place à un doom d’une solennité et d’une sobriété rares pour le bonhomme, au diapason des cuivres et des choeurs féminins liturgiques qui s’élèvent dans le lointain.
Contre toute attente, dans la continuité d’une coda particulièrement cinématographique, la suite du disque sonnera tout aussi ambient et hiératique, à l’aune de cet artwork aux allures de lithographie. Trémolos de guitare tristounets, saturations massives à la Continuum et murmures malaisants toujours sur fond de cuivres et d’orgue (Part 2), mélancolie volatile des vapeurs de drones éthérés puis crescendo aussi ténébreux que majestueux (Part 3) ou encore tension dissonante aux orchestrations de cordes façon classique contemporain avec retour discret à un black étouffé dans les dernières minutes (Part 4) : jamais Gnaw Their Tongues - et non Mories lui-même, dont certaines incarnations embrassent davantage cette dimension atmosphérique (cf. The Sombre notamment), n’avait sonné aussi élégiaque.
Le résultat, à condition ne pas être en manque de tourments barbelés et de brutalité, s’avère pleinement à la hauteur du talent évocateur et des vibrations de lumière noire du Néerlandais, qui s’était parfois perdu avec des projets un peu kitsch ces dernières années entre deux réussites plus mineures. Grand disque !
Comme souvent avec mes classements annuels pour IRM, le format s’est imposé de lui-même : 150 albums car me limiter davantage devenait trop frustrant, et sans classification au regard des difficultés ressenties l’année précédente à devoir ranger dans des cases, toutes approximatives et malléables qu’elles puissent être, des sorties souvent inclassables. (...)
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