Le streaming du jour #453 : Bardoseneticcube - ’Reag’
Avant-dernier cadeau de l’écurie russe Pocket Fields, que l’on ne présente plus. Le projet Bardoseneticcube, dont la discographie considérable laisse à penser qu’il demeure d’ores et déjà parmi les plus productifs de ces deux dernières décennies, vient compléter sa collection de plus de 40 albums (avec de nombreuses collaborations), sur un panel de labels tout aussi ahurissant. En juin dernier, Igor Potsukaylo nous livrait son tout nouvel album, concentré de drone endurant et hypnotique.
Le marathon s’ouvre sur les 20 minutes brumeuses de Reag part 01.
Les faibles variations harmoniques soutiennent une tension évidente, la piste est tout ce qu’il y a de plus menacante, mais sans jamais déballer toute l’étendue de sa fureur. Quelques stridences ou autres grouillements par ici, complétés de samples de voix féminines inquiétantes à la reverb’ funèbre. L’introduction donne le ton à grands coups de massue, l’immersion est totale et Bardoseneticcube poursuit sur une seconde partie tout aussi vaporeuse, ceci même frôlant le sens propre : la machine à vapeur est en marche et progresse au sein d’un brouillard épais à l’intérieur duquel les échos sont saisissants, et paraissent infinis. La piste est construite à peu de chose près comme la quatrième, et n’est pas sans rappeler les essais plus électroniques de l’espagnol Stahlfabrik, notamment 16:21 issu de son album Groc décortiqué ici, à l’exception près que sur ce Reag , le Russe étire son fil conducteur jusqu’en fin de morceau, comme nous le disions plus haut.
La troisième piste est quant à elle futilement plus progressive et rutilante. Vêtue de grondements réguliers assistés de distants murmures, elle laisse finalement place aux nappes illuminées et aux percussions cristallines qui la transforment en un confortable voyage aérien d’une quinzaine de minutes, avant de plonger via l’ultime et plus court morceau Reag part 5, plus expérimental et toujours soutenu par un drone étouffant, à travers lequel nous percevons l’ombre d’un beat en deuxième moitié de piste.
Car au final en effet, chaque piste est construite de la même manière, à savoir drones chewing-gum étirés à l’infini, basses vrombissantes, échos lointains et rares fluctuations. Mais l’album fonctionne à merveille, joli coup.

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