Pinkcourtesyphone - Arise in Sinking Feelings

1. the pinkish gate
2. within moments / when static alludes to apprehension
3. foregone inconclusion
4. a stunning blandness
5. notes on vacuuming
6. pre-sumptuous / post-sumptuous
7. gesturing at an object until it is gone
8. to be expected
Sortie le : 12 avril 2024
Pinkcourtesyphone, projet du Californien Richard Chartier, c’est une quinzaine de longs formats ambient en 12 ans, dont une demi-douzaine sur le label expérimental australien Room40 de Lawrence English (qui une fois de plus mastérise), avec une récurrence de morceaux hors-format flirtant avec les 20 minutes (cf. ici within moments / when static alludes to apprehension) et ces artworks signés par l’Américain lui-même dont l’illusion de romantisme et de légèreté des nuances de rose est immédiatement déjouée par un univers musical beaucoup plus clair-obscur et tourmenté qu’il n’y paraît. Ainsi, cette fois encore, les rêveries minimalistes de l’auteur d’Indelicate Slices n’hésitent pas à lorgner à intervalles réguliers sur une lofi caverneuse aux field recordings suintants, d’emblée d’ailleurs sur le long titre susmentionné aux 17 minutes subtilement évolutives, qui se fait ouvertement inquiétant lorsque apparaissent, plus ou moins noyées dans le background, d’étranges voix spectrales puis des nappes de synthés aux radiations presque dystopiques.
Pour ce qui est de la suite, entre marées dronesques (foregone inconclusion) et monolithes hantologiques aux crescendos quasi imperceptibles (a stunning blandness), l’album semble d’abord persister dans son humeur de brouillard crépusculaire avant que les motifs mélodiques de notes on vacuuming, bien que malmenés de façon sous-jacente par des basses fréquences et samples hantés, ne laissent entrer un soupçon de lumière, pas forcément rassurante pour autant dans cette atmosphère Twin-Peaksienne à la Badalamenti. Un morceau qui renoue dans ses dernières minutes avec une opacité toute fantomatique, magnifiée ensuite par le dark ambient aux grondements menaçants du vertigineux pre-sumptuous / post-sumptuous aux contrastes nettement plus marqués, sommet d’un disque décidément insaisissable qui finira par dérouler en 2 titres dans les limbes du subconscient, sur 26 minutes hypnotiques et mouvantes à souhait.
Ultime classement tardif de ma série de 11 bilans dédiés à l’année 2024 (dont 7 consacrés aux albums, par "genres" plus ou moins aléatoires), cette sélection n’arrive que maintenant pour plusieurs raisons : d’une part, les musiques expérimentales couvrant un large spectre d’un intérêt tout particulier à mes yeux, quelques rattrapages s’imposaient (...)

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