Andy Cartwright - Yonder

1. Morningness
2. There Was Never Any Doubt
3. Journeying
4. Paling
5. Water Link
6. Jade Surface
7. Mur Mur
8. Riou
9. Outsider
10. Unmoored
11. Faint And Fainter
12. Skimming Stones
13. As Is
14. Expanding Clouds

2025 - Whitelabrecs

Sortie le : 22 mars 2025

Contrées imaginaires

Pour sa seconde sortie sur l’excellent label Whitelabrecs, le Britannique Seabuckthorn désormais basé en France choisit une nouvelle fois de s’afficher sous son véritable patronyme et de laisser de côté le fingerpicking primitiviste et autres nappes de guitare jouées à l’archet caractérisant les sorties de ce projet qui a fait sa réputation auprès des amateurs de musiques atmosphériques, entre folk et classical ambient.

Si l’instrument réapparaît discrètement ici et là, notamment sous forme d’arrangements lancinants "dans le lointain" ("yonder" en anglais, justement) sur le bien-nommé Water Link ou, sur Jade Surface, de cordes pincées en tant qu’élément sonore parmi d’autres d’un foisonnement à la fois organique et abstrait, c’est surtout sur une sorte de microsound riche en textures et en field recordings que se concentre le musicien ce coup-ci, tirant le meilleur des synthés futuristes de l’EP A Kind Of Reset et des fourmillements dronesques de Below the Noise tout en creusant encore une autre direction.

Sur Yonder en effet, l’atmosphère est reine mais trouve paradoxalement sa cohérence dans l’agrégat de sonorités a priori hétéroclites : percussions d’objets, crépitements numériques, piano impressionniste, synthés contemplatifs, enregistrements de terrain, synthèse granulaire et par moments une dynamique hypnotique des clicks, beats et autres glitches évoquant l’univers de Raster-Noton (There Was Never Any Doubt) s’y mêlent pour évoquer à la fois quelque écosystème imaginaire (on sait Whitelabrecs friand d’immersions texturées en milieu naturel, cf. par exemple les sorties à thématiques géographiques de Glåsbird, projet du patron Harry Towell auquel on pense ici sur des morceaux fragiles et craquelants tels que Unmoored ou Faint And Fainter) et des courants de conscience oniriques (Paling, Expanding Clouds).

Quelques incursions downtempo aux nappes cotonneuses (Riou) ou aux beats presque tribal-ambient (les scintillants Journeying et Skimming Stones) assurent par ailleurs une certaine accessibilité à ce très bel album, que des harmonies parfois plus sous-jacentes voire souterraines n’empêchent pas de se montrer accueillant dans la douceur qu’il dégage, propice au rêve éveillé et à l’introspection.


( RabbitInYourHeadlights )


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