Aidan Baker + The Eye of Time (concert IRM / Dcalc - intro du Sulfure Festival) - Le Vent Se Lève (Paris)

le 3/02/2019

Mélancolie et contemplation en amont du Sulfure

C’était un avant-goût du Sulfure Festival, un peu plus d’un mois avant le coup d’envoi des trois semaines de concerts organisés par IRM et Des cendres à la cave, qui rythmeront le début de printemps des Parisiens friands de découvertes et d’hybridations soniques réfractaires aux étiquettes.

Au programme de cette première des 12 soirées prévues au Vent Se Lève, deux favoris de la rédaction : The Eye of Time, qui suite à sa belle performance à l’International en décembre dernier avait opté pour un concert mi-acoustique mi électrique, et l’hyperactif Aidan Baker dont les impros en trio avec Thor Harris aux fûts et Simon Goff au violon et claviers au Supersonic quelques mois plus tôt m’avaient légèrement déçu, essentiellement du fait d’une acoustique inadaptée.

Avant concert, on échange, on installe, et entre les balances et le dîner deux courtes sessions sont filmées par l’équipe du Vent, prélude à une nouvelle rubrique que vous découvrirez bientôt sur IRM et que le line-up ambitieux du Sulfure ne manquera pas d’alimenter.


Violoncelle et piano pour le Caennais Marc Euvrie, guitare à effets pour le Berlinois d’adoption, c’est dans la boîte et l’on a déjà hâte d’en entendre davantage en présence du public qui commence doucement à investir les lieux dès 20h et se densifie une demi-heure plus tard au son d’une première moitié de mix des futurs invités du Sulfure dont les visuels dédiés sont projetés sur écran.



21h, tout le monde est confortablement installé sur les chaises et les bancs faits maison ou allongé sur le tapis parsemé de coussins en mode sieste acoustique et ça tombe bien, c’est au piano qu’ouvre The Eye of Time, faisant la part belle au bien-nommé Acoustic, album d’il y a 5 ans centré sur l’instrument. Une facette tout aussi lyrique et affligée mais moins sombre dans l’ensemble que ce à quoi le pensionnaire de Denovali nous habitue en solo, et qui s’avère assez poignante dans le cadre intimiste de la petite salle du 19e arrondissement.



Guitare, beats et claviers font plus tard leur apparition, avec toujours ce violoncelle aux frottements intenses et lancinants, instrument de prédilection du musicien sur scène qui nous gratifie une nouvelle fois d’un fabuleux What am I less ? What took the road ? extrait du tout premier album, sample de Chopin à l’appui. Cette seconde partie de set est plus dense, plus désespérée aussi et laissera assurément quelques traces sur les chanceux qui découvraient pour l’occasion.


C’est la pause, razzia sur les bières et les bols de chips que l’on avait disséminés sur les tables basses alors que l’aperçu du Sulfure Festival se prolonge dans les enceintes et sur la toile, dévoilant au passage la présence le 26 mars de Frédéric D. Oberland, premier invité surprise d’une série que l’on continue de dévoiler au jour le jour sur facebook. Puis c’est au tour d’Aidan Baker d’entrer en scène, rack de pédales à effets sur une table et projections abstraites en nuances de gris à l’arrière-plan.


Particulièrement impressionniste, le set du Canadien, tout de noir vêtu au diapason de ses cheveux longs et de sa barbe de sorcier, se construit sur la durée, par touches délicates de guitare en delay formant peut à peu le genre de nappes oniriques propices à happer le public au gré de leur volutes aussi fugaces que mouvants. A l’opposé des denses murs de guitare drone doom qui retentiront deux jours plus tard dans l’enceinte des Instants Chavirés où s’apprête à jouer Nadja (la bassiste Leah Buckareff est d’ailleurs là, spectatrice discrète du set de son compagnon en fond de salle), le pouvoir de fascination de la musique d’Aidan Baker agit ici dans la contemplation des astres plutôt que dans leurs éruptions saturées aux basses vibrantes, un émerveillement de reverbs hypnotiques requérant de l’audience un abandon apaisé de la conscience auquel le confort des lieux se prête particulièrement bien.



L’affluence au merch à la fin du concert témoigne d’ailleurs de la belle impression laissée par les deux artistes dans ces conditions idéales. On espère donc vous retrouver nombreux pour les 11 soirées de concerts à venir du Sulfure Festival, du 9 au 31 mars au 181, avenue Jean Jaurès pour en profiter à votre tour !


Quelques photos supplémentaires de la soirée :








( RabbitInYourHeadlights )

 


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