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Perry Blake - The Crying Room - Chroniques | Indie Rock Mag

Perry Blake - The Crying Room

The Crying Room, cinquième album studio de Perry Blake ne révolutionnait rien dans la discographie de l’irlandais. D’ailleurs, ce dernier ne s’est jamais posé en grand amateur d’expérimentations en tous genres. Et pourtant, cet album parvient à s’envoler au-dessus de la mêlée...


1. The Crying Room
2. Forgiveness
3. Freedom
4. These Young Dudes
5. I Got What I Wanted
6. If You Don’t Want Me
7. New Year’s Wish
8. Storms
9. Blue Sky Calling

date de sortie : 27-02-2006 Label : Blu Orchard Music

Ma première rencontre avec Perry Blake aurait pu (et dû...) être la dernière. Sur recommandation, j’avais en effet débuté la discographie du compositeur par le plus horrible versant possible, le soporifique California, qui marquait alors un virage clairement orienté pop, après deux premiers albums classés par la presse spécialisée (à tort ?) dans le registre trip-hop, et plus sûrement dans la veine downtempo.

Car l’irlandais n’est pas un hyperactif, et sa musique s’en ressent. C’est évident. Néanmoins, si aucun de ses albums ne se traduit par des rythmes effrénés, California se distinguait des autres en n’offrant aucune envolée ni aucun changement de rythme permettant à l’auditeur averti de se dire qu’il y avait malgré tout quelque chose à tirer de ces mélodies...

On connaît la rengaine. Un artiste qui sort quelques bons albums et aborde ensuite un virage pop espérant ainsi s’offrir une notoriété plus approfondie donne rarement quelque chose d’intéressant pour la suite. Et pourtant, en cela, Perry Blake est l’exception qui confirme la règle.

Il faut dire que le succès de California - véritable vilain petit canard de l’oeuvre de l’irlandais, vous l’aurez compris - ne fut pas non plus majeur, n’incitant pas l’artiste à poursuivre dans cette veine.

Deux ans après cette erreur de parcours, - en 2004 donc -, Perry Blake semble retrouver la raison avec le prometteur Songs For Someone. Le jeune compositeur (il n’a alors que 34 ans), a retenu les leçons de l’échec passé, et réintégré des rythmes un peu plus prononcés (ou plutôt, réintégré des rythmes tout simplement) dans ses morceaux. Il donne également un aspect inquiétant mais délicieux à ses morceaux en chantant deux pistes à la fois sur chaque titre, l’une chantée de tête en aigüe, l’autre plus grave et de poitrine. Bref, il renoue avec le bon goût...

Un bon goût qui atteindra son paroxysme l’année suivante (on notera la productivité du chanteur qui sort alors son cinquième album en sept ans) avec The Crying Room. Qu’a cet album de plus que les autres finalement ? Pas grand chose sur la forme, si l’on excepte cette pochette hideuse présentant un arbre noir sur fond clair, sans paysage derrière...

Une pochette qui a néanmoins le mérite de planter le décor tout de suite : Perry Blake n’est pas là pour rigoler. Et cela se ressent dès les premières notes de l’album, où l’on constate également que l’artiste a su évoluer, troquant ses boites à rythmes et influences trip-hop pour des instruments plus classiques (un piano omniprésent et une guitare sèche viennent épauler la voix du chanteur).

Le succès d’un autre irlandais, Damien Rice et de son O trois ans auparavant, n’a peut-être pas été une réelle influence pour Perry Blake, toujours est-il que le virage pris sur ce disque tend à le rapprocher du nouveau venu sur la scène irlandaise.

L’album en lui-même dépeint une atmosphère glaciale, et ce, dès les premières notes du The Crying Room initial. Forgiveness viendra, par la suite, se placer comme le véritable moteur de l’album, chef d’oeuvre de "mélancolie dynamique" appuyé par un piano redondant mais plus que convaincant.

Cet album fait partie de ces disques tristes - c’est un euphémisme - dans lesquels la moindre touche lumineuse serait considérée comme une infidélité à l’humeur ambiante, et malgré tout, cette mélancolie que les mauvaises langues qualifieront de primaire semble tellement sincère qu’on ne sombre jamais dans le mauvais goût ou le larmoyant. C’est le cas sur l’introduction de I Got What I Wanted, avec son piano mielleux, où l’on peut craindre un morceau répétitif et sans intérêt, avant d’être rapidement convaincu qu’il s’agit là de l’un des grands morceaux de l’album, avec le Forgiveness déjà cité, et New Year’s Wish, complainte majestueuse au piano.

On excusera néanmoins ce Storms, dont l’intérêt est mineur - au milieu de ces pièces maîtresses de l’oeuvre globale de l’artiste - qui précède le délicieux Blue Sky Calling final, clôturant de manière absolument réussie cet album sur une touche légèrement plus optimiste. Et sur ce morceau final, on se dit volontiers que cet album pourrait tout à fait faire partie des influences d’un artiste comme Sebastien Schuller... Gage de qualité, évidemment.


Chroniques - 02.08.2010 par Elnorton
... et plus si affinités ...
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