Fantôme Josepha - Le Télescope De La Mort
Quand Le Télescope De La Mort débarque dans ma boîte mail, je suis tout de suite frappé par les trois labels qui participent à sa sortie : Jelodanti Records, La Républiques Des Granges et Specific Recordings. Ces trois-là, j’y suis très attaché et je sais que Fantôme Josepha va à la fois me désarçonner et m’embrigader. Au terme de la première écoute et des nombreuses suivantes : je ne suis pas déçu.

1. Da Guerra
2. Wie Aus Wie Ein
3. Desire
4. English House
5. Weirdo Camp
6. Jezabel
7. Take One
date de sortie : 01-10-2025
Label : Jelodanti Records / La République Des Granges / Specific Recordings
D’emblée, ça désarçonne : un genre de flûtiau désarticulé mêlé de percussions chiches s’agrafe à une voix douce et lointaine déclamant des mots dans un dialecte qu’on ne comprend pas. Et puis, il y a aussi les nappes cycliques et étrangement inquiètes, bien présentes mais lointaines, qui s’accordent parfaitement à la voix douce. Celle-ci se lance d’ailleurs dans de drôles de circonvolutions et retrouve les arabesques du flûtiau susmentionné. Ça a l’air de ne ressembler à rien dit comme cela mais c’est vraiment loin de l’être et c’est surtout loin d’être n’importe quoi. Le Da Guerra qui ouvre le disque est une parfaite introduction à l’étrangeté de Fantôme Josepha.
Ça s’appelle Le Télescope De La Mort et on pense plutôt à un kaléidoscope même si l’on sent bien vite la vibration mortifère qui empoisse le disque. Un kaléidoscope renfermant des cristaux sombres qui du gris rejoindraient le noir et formeraient des pentagrammes devant les yeux.
On ne compte que sept titres allant de quatre à un peu plus de huit minutes mais qui suffisent à reconfigurer l’encéphale. Tout y est contradictoire, c’est drôle mais affligé, iconoclaste mais racé et quand on a l’impression que ça ne va nulle part, on se retrouve invariablement au même endroit, sous des montagnes de charbon. Les percussions pelées, la basse moribonde et les claviers grimés en harmonium tissent des nœuds qui relient des choses distantes : orthogonalité post-punk et mélopées médiévales, parterre rigoureux et envolées cosmiques, folk aventureuse et expérimentations cadrées. Le plus étonnant, c’est que Fantôme Josepha n’a jamais l’air de prendre quoi que ce soit au sérieux (la voix divagante et les claviers jamais droits d’English House, l’étrangeté du bien nommé et génial Weirdo Camp, etc.) alors qu’en face, on croit dur comme fer à tout ce que le duo énonce. Tout cela donne un disque qui ne ressemble qu’à lui-même et dans lequel on aime beaucoup se perdre, d’autant plus que sous ses airs bizarres, Le Télescope De La Mort est vraiment très beau.
Un duo donc, de Metz (ce qui explique sans doute - en partie - pourquoi on retrouve Specific Recordings parmi les labels - tous essentiels - qui ont participé à la sortie de l’objet) réunissant Josepha Mougenot (la voix et un paquet d’instruments) et Mr Marcaille (tout le reste dont un paquet d’instruments) qu’il est inutile - je pense - de présenter. Au tout début, ça s’appelait Fantôme et c’est avec l’arrivée d’Arnaud Marcaille que Fantôme Josepha. À deux, ils construisent des chansons (le terme est un peu désuet mais c’est pourtant bien de ça qu’il s’agit) qui sonnent très 70s’ en plus de sonner actuelles et dont il est vraiment difficile de se défaire : le puissant Da Guerra dont on a déjà parlé, le doux-amer et très hypnotique Wie Aus Wie Ein, le tubesque Desire, véritable hymne (très)cold-(très)witch-wave qui se ruban-adhésive immédiatement aux synapses et puis je m’arrêterai là parce que tous procurent le même effet bœuf (et pourtant, je dois retenir mes doigts pour ne pas écrire des choses trop dithyrambiques sur Jezabel ou Take One). On y entend des bribes de The Dreams, de Heimat aussi, des bouts de Rien Virgule (ce qui explique sans doute - en partie - pourquoi on n’est jamais surpris de retrouver La République Des Granges parmi les labels - tous essentiels - qui ont participé à la sortie de l’objet), en plus d’autres poussières d’outre-Rhin/Manche/Atlantique.
Pour ma part, l’adhésion fut immédiate et depuis, il ne se passe jamais bien longtemps avant que Le Télescope De La Mort ne vienne pervertir les enceintes. Sa tenue au cordeau alors que rien n’y est droit, sa grande étrangeté et sa vraie singularité m’ont complètement retourné (ce qui explique sans doute - en partie - pourquoi Jelodanti Records compte parmi les labels - tous essentiels - qui ont participé à la sortie de l’objet). Ajoutez à cela une captation par Mr Marcaille himself et un mastering par James Plotkin en plus d’une pochette vraiment classe (réalisée par Seb Chamir qu’il est lui aussi inutile - je pense - de présenter) et vous comprendrez qu’ici la forme rejoint parfaitement le fond : tout est beau.
Étourd(blou)issant.

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