L’oeil sur 2025 - 150 albums : #30 à #16 (par Rabbit)
Comme souvent avec mes classements annuels pour IRM, le format s’est imposé de lui-même : 150 albums car me limiter davantage devenait trop frustrant, et sans classification au regard des difficultés ressenties l’année précédente à devoir ranger dans des cases, toutes approximatives et malléables qu’elles puissent être, des sorties souvent inclassables. Je suis donc allé au plus simple : mes albums préférés de 2025, avec pour seule règle de n’en mentionner qu’un par artiste, à moins qu’il ne s’agisse de différents projets ou collaborations... et l’espoir cette fois encore de voir quelques-uns de ces coups de coeur frapper avec la même intensité l’un ou l’autre de nos lecteurs.
30. Chris Weeks - Familiars
J’avais prévu, un peu plus bas, une petite place pour The Purple Earth Project signé Chris Weeks & The Sadmachine Orchestra, bel album assez démesuré (près de 75 minutes tout de même) aux nappes de bruit blanc maussades et mélancoliques. C’était sans compter sur la sortie tardive et un peu sous le manteau de ce Familiars plus resserré et particulièrement contrasté, où l’ambient du Britannique se fait à nouveau plus ambitieuse en termes de storytelling sonique, de mutations organiques (Familiar...06) en orchestrations digitales désarmantes (Familiar...09), de replis caverneux (Familiar...05) en tsunamis abrasifs terrassants (Familiar...08). Capable de majestueux crescendos aussi inquiétants qu’éthérés (Familiar...01, Familiar...10) autant que d’une infinie délicatesse introspective (Familiar...02), de méditations stratosphériques aux textures crépitantes (Familiar...03, Familiar...07) comme d’une noirceur saturée absolument étouffante (Familiar...04), ce nouvel opus nous renvoie à bien des égards à l’époque du fabuleux Conductor (cf. #4 ici), probablement le chef-d’oeuvre à ce jour de ce musicien aux multiples casquettes (Kingbastard, Myheadisaballoon, C\/\/\/\ ou WEEKS, c’est lui aussi), qui dans un monde parfait serait considéré, a minima, comme l’égal d’un Lawrence English ou du Brian Eno des grandes heures.
29. Jak Tripper X Aloeight - Toadmilk 2
"Avec ces deux cadors du sombre, impossible d’être déçu. Sur Toadmilk 2, qui vient par ailleurs confirmer toute la pertinence dans l’underground du label de San Diego M25, le flow carnassier de Jak Tripper bénéficie paradoxalement du mix plus aéré d’Aloeight (en comparaison de ses propres productions un brin monolithiques), et n’en est que plus impactant, en particulier sur les morceaux les plus contrastés du disque. À la fois percutants et planants, le bien-nommé Dreamstate (avec son sample improbable de choeurs féminins tirés des "Chevaliers du Zodiaque") et un Inner Briefcase étonnamment éthéré malgré l’urgence du beat et le flow électrique, très british dans l’esprit, du Californien Twisted Insane, en sont deux bons exemples, de même que le presque cristallin Allegory (avec Hus Kingpin), le jazzy Words ou encore l’horrifique Under The Steps aux accents morriconiens, mi caverneux mi spleenétique à la mesure de ses invités, les excellents Wakizashi Jabberwockyz (aka Omegah Red et le chouchou d’IRM 7rinth)."
< avis initialement publié ici >
28. Puce Moment - Sans Soleil
"Faisant suite à leur remarquable double livraison de 2023, Nico Devos et Pénélope Michel (également actifs sous le nom CERCUEIL dans une veine plus électro-pop) continuent d’explorer avec Sans Soleil les frontières poreuses entre ambient texturée et techno organique faisant la part belle aux synthés analogiques et modulaires. Incorporant cette fois les instruments traditionnels du collectif nippon Gagaku Music Society captés au Japon en 2020, le duo lillois se fait particulièrement cinématographique et immersif ici, percussions, cordes et flûtes évoquant autant le mysticisme bouddhique de l’époque de Nara (Kangen), du nom de l’ancienne capitale près de laquelle s’est justement rendu le groupe pour enregistrer, que les fresques guerrières d’Akira Kurosawa (Taiko), appuyés par un drone magnétique (Shô) ou une dark techno minimale façon Plastikman ou Stroboscopic Artefacts (Hashiri Mai, Bugaku). Un bijou, non sans atomes crochus avec ce disque du Belge Empusae qui avait fini haut dans mes bilans de 2024, et dont la noirceur se trouve joliment contrebalancée ici et là par les vocalises éthérées de Pénélope."
< avis initialement publié ici >
27. Hekla - Turnar
"Dès Inni, c’est à un véritable score de bande originale imaginaire funeste et forte en contrastes (cf. le final Flækjur en particulier) que nous convie Hekla, tout en basses grondantes et en harmonies monumentales évoquant pourquoi pas les grandes heures de Talvihorros ou même le Tim Hecker des années 2000. Les nappes de vocalises éthérées sont toujours de la partie, de même que les sonorités caractéristiques du thérémine, instrument de prédilection de l’Islandaise qui en tire parfois, l’orgue et les synthés aidant, une sorte de musique sacrée du XXIe siècle aux motifs dissonants (Kyrrð, pas loin non plus d’un Richard Skelton), entre deux instrus d’anticipation plus massifs et hantés (Var, Í Ösku og Eldi), un goût pour la dystopie qui s’accommode ici et là de pulsations saisissantes (Gráminn). Une belle claque en somme, qui devrait également laisser des traces du côté des amateurs de Terminal Sound System, The Haxan Cloak, Matthew Collings ou même Ben Frost, tous dépositaires à leur manière de ce genre de soundtracks mentaux sismiques et escarpés."
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26. Sven Wunder - Daybreak
"Imaginez-vous, toutes proportions gardées bien sûr, le jazz cinématographique aux basses circonvolutées d’un David Axelrod fricoter avec les polyrythmies boisées de Tortoise et les arrangements de cordes de Joe Hisaishi et vous aurez, par moments du moins (cf. Misty Shore, Scenic Byway ou ce Liquid Mountains final non sans atomes crochus avec les Heliocentrics), une petite idée de l’esprit dans lequel évolue ce 5e opus du Suédois Sven Wunder, dont l’ambition est de retranscrire musicalement les sensations d’une journée sur l’océan, des premières lueurs du petit matin à la tombée de la nuit. Mâtinée également sur Daybreak d’influences éthiopiennes (cette flûte mystique au premier plan du vibraphone et de la batterie au groove feutré sur Take A Seat), la musique du Scandinave avec ses accents library music "ligne claire" pouvait laisser craindre sur le papier une certaine joliesse aseptisée. Or il n’en est rien, le morceau-titre par exemple avec son lyrisme aux chœurs solaires, le soulful Warmer Air ou même le flûté Still Moorings aux orchestrations savamment dosées, ayant finalement davantage à voir avec les soundtracks de la paire Adrian Younge/Ali Shaheed Muhammad qu’avec les représentants d’un néo-easy-listening jazz tiédasse."
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25. Wahn - Drifted Vol. 4
"Drifted Vol. 3 est encore tout chaud que l’on peut déjà goûter à la suite, et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on n’attendait pas un tel changement de braquet, surtout au regard de la dynamique claire-obscure et cardiaque du précédent volet. Après les beats électroniques plus saillants du premier opus et l’impressionnisme au feeling presque modern classical du second, c’est cette fois la tonalité globalement sombre de la série qui s’efface, par moments du moins, au profit de passages beaucoup plus élégiaques et rêveurs, à l’image de l’introductif Echoes of the Long Night tout en arpeggiators ascensionnels et en pads cristallins, ou de l’éthéré Sorry. Toujours présentes par intermittence, les incursions dark se font quant à elles plus posées, toujours denses mais riches en respirations et en motifs évanescents (Silent Guardian, The Quiet Stalker), et les rares véritables rythmiques résolument downtempo (Where we were, Pale Lake). Peut-être le plus bel album de la quadrilogie du musicien rennais, ce qui en dit long au regard de nos coups de coeur pour ses prédécesseurs !"
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24. Uboa & Whitehorse - The Dissolution Of Eternity / Uboa - All the Dead Melt Down as Rain
Il y aura dans ce volet plusieurs doublés d’albums indépartageables, on commence par Uboa dont la dernière sortie solo, All the Dead Melt Down as Rain, "du haut de ses 5 titres pour 33 minutes seulement, déverse sur nos tympans dans ses moments les plus intenses un magma en fusion de chairs suppliciées et de machines en révolte, de beuglantes tourmentées et d’éclats de bruit blanc, de pulsations anxiogènes et de nappes hantées, sans jamais s’avérer bourrin pour autant, du crescendo introductif d’abord presque feutré de Cleansed of Spirits à l’ouverture élégiaque du final A Windowless House, en passant par les allures de cérémonie purificatrice du slow burner Prole Ana". Un album rejoint quelques mois plus tard dans sa noirceur funeste et abrasive par The Dissolution Of Eternity, split avec les métalleux de Melbourne Whitehorse qui entament le disque avec deux belles tranches de doom implacable avant de laisser la main à l’Australienne pour deux énormes - et concises - déflagrations harsh pétries de rage et de frustration (Petplay Polycule Open Fire et Wasted Potential), puis un triptyque beaucoup plus introspectif et atmosphérique évoluant d’un classical ambient ténébreux au chant clair (Dreamwalker, Fuck I Miss You) à deux crescendos plus lyriques et tempétueux dont le souffle électro-indus et le romantisme gothique enterrent Chelsea Wolfe sur son propre terrain (Pareidolia Shadow, The Apocalypse Of True Love). Du pain béni pour les amateurs d’extrémités en tous genres, y compris les plus sensibles !
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23. WAYVES - BOT
"L’une des sorties phares du label Mahorka cette année, BOT est l’oeuvre d’un Vietnamien actif depuis une dizaine d’années dans l’autoproduction, avec pas mal de faits d’armes à retrouver sur sa page Bandcamp. Véritable monstre de beatmaking à la fois machinique et mutant qui évoque de prime abord une sorte de croisement idéal entre Terminal 11, Autechre et Access to Arasaka, l’album s’avère finalement tout aussi irréductible et singulier que les susnommés, capable par exemple d’alterner sur un même track IDM déstructurée, gerbes de guitares saturées et glitch onirique (Borderdonk). Le seul point commun entre l’urgence martelée aux beats presque breakcore et aux étonnantes incursions jazz de Planet Gasuku Visit, le power electronics dystopique de Myth, le dubstep libertaire de To Hold Your Hand (or Leg), le click & cut cybernétique de Tango Lovely, le classical ambient chaotique de Hope Nope et la techno cristalline et désorganisée du bien-nommé Fairy ? Assurément l’équilibre entre tension et frictions, éclats mélodiques, atmosphères fouillées et polyrythmies à marcher sur la tête qui fait de ce nouvel opus de WAYVES une fantastique anomalie dans le paysage actuel."
< avis initialement publié ici >
22. Jefre Cantu-Ledesma - Gift Songs
"Entre le piano impressionniste, les motifs hypnotiques très ambient-shoegaze typiques des plus belles sorties solo de l’Américain (cf. notamment On The Echoing Green il y a quelques années) et cette batterie downtempo revenue tout droit du projet Tarentel et de son post-rock feutré, les 20 minutes de toute beauté de l’introductif The Milky Sea annoncent à juste titre un nouveau sommet aux textures sensitives pour Jefre Cantu-Ledesma. En formation quintette sur ce titre, le New-Yorkais lui-même à la guitare et aux synthés modulaires se fait plus minimaliste et néanmoins tout aussi magnétique et empathique sur les morceaux suivants : d’abord le triptyque Gift Songs centré sur un piano modern classical ourlé de claviers entêtants et dont le spleen fragile s’enfonce peu à peu dans la neurasthénie, puis les presque 10 minutes magnétiques du final River That Flows Two Ways, empilement dronesque d’harmonies spirituelles jouées sur divers orgues (dont un Hammond B3). En résulte une oeuvre hétérogène mais fascinante dans son rapport à la fois organique et métaphysique à la nature (cf. la pochette), au monde qui nous entoure et à la manière dont s’y confrontent nos solitudes."
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21. Watine - N’être qu’humaine
Après sa quadrilogie baroque inaugurée par Géométries sous-cutanées qui culminait en 2020 sur Intrications Quantiques et tirait sur l’ambient, le modern classical et une electronica organique, puis l’introspection funeste et texturée du superbe Short Series of Arranged Piano, Catherine Watine prenait tout le monde à contrepied en sortant au printemps dernier un album de "chanson" en Français, si tant est que l’on puisse véritablement faire honneur, en lui collant une telle étiquette, à ce chef-d’oeuvre merveilleusement arrangé méditant sur le deuil, les amours perdues, la résilience et la fuite du temps avec autant d’intensité feutrée que d’audace discrète dans ses enluminures. Si le piano, instrument de prédilection de la chanteuse de PHÔS, domine au même titre que ses vocalises radieusement cafardeuses (ou sereinement affligées, au choix), N’être qu’humaine en effet, pour continuer dans ces oxymores qui lui vont si bien, s’avère étonnamment luxuriant dans l’épure, cordes et vents, thérémine, interférences électroniques, nappes ambient et autres field recordings évocateurs de ces souvenirs scarifiés venant enrichir ce recueil poétique dont la musique, à l’aune des textes, refuse l’excès d’évidence et de joliesse au profit d’un clair-obscur d’autant plus poignant, avec une gourmandise d’expérimenter touchant aussi bien l’interaction des mots que celle des sons.
20. Christophe Bailleau - Insight and Vision
"Mettant un point final à sa trilogie de sorties dédiées aux rapports entre autisme et création, entamée en 2023 avec CHUVA ORBITAL : Armadillo Time puis poursuivie la même année et déjà chez Mahorka avec l’excellent Vertical Moon Phase Charm, Christophe Bailleau invite une nouvelle fois plusieurs amis musiciens (A Limb, Julien Ash, Paradise Now) à investir son univers à la fois ludique et anxieux. Le résultat, probablement plus abstrait encore qu’à l’accoutumée, cristallise un futurisme électro-acoustique tout en fulgurances baroques, volontiers déstructuré et au sein duquel il pourra sembler difficile de prime abord de trouver un élément auquel se raccrocher, Insight and Vision n’étant ni "rythmique" à proprement parler, ni focalisé sur une atmosphère favorisant l’immersion. Pour autant, la fascination finit rapidement par s’installer à l’écoute de ces télescopages sonores contrastés qui donnent l’impression de naître des rapports de frictions entre éléments contraires, le genre de disque-monde que l’on n’a jamais vraiment fini d’explorer."
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19. Kelly Moran - Don’t Trust Mirrors
"Révélée par Warp en 2018 avec le prometteur Ultraviolet après une série de sorties autoproduites, la pianiste et compositrice new-yorkaise officie dans un modern classical enivrant, vibrant et lumineux au piano préparé, dont les méditations en flux tendu charrient une tension assez irrésistible, évoquant l’esthétique du label Erased Tapes autant que les expérimentations électro-acoustiques fébriles d’Oval ou le modern classical baroque d’un Richard Skelton. Après le beau Moves in the Field, un album aux racines néoclassiques plus affirmées si ce n’est pour cette dynamique sans temps mort et ce traitement scintillant du son de l’instrument dont Above the vapours constitue ici le dernier vestige au piano solo, Don’t Trust Mirrors renoue avec la singularité et la densité d’Ultraviolet, mais avec une maitrise et une intensité décuplées. Dès l’introductif Echo in the Field, on retrouve ainsi cette manière de faire sonner les cordes du piano comme des cascades de luth ou de clavecin, associée à des drones de synthé basse magnétiques mais également à des arpeggiators hypnotiques, le tout en un crescendo de lyrisme qui n’est pas sans rappeler l’ambient stellaire et cinématographique d’un Ben Chatwin. Quant au merveilleux Reappearing, il nous gratifie de l’une des plus belles mélodies entendues en 2025, noyée dans un océan de réverbération sans fin et d’harmonies évanescentes... un chef-d’oeuvre à lui seul !"
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18. Black Swan - From the End of Time / Bilateral Symmetry
Rattrapées assez tardivement, ces deux sorties de mon droneux favori de la dernière décennie et demie s’étaient succédées en tout début d’année, février puis mars, rivalisant d’ampleur et de densité dans une ambient stellaire et embrumée aux accents sacrés, plus opaque et abstraite dans le cas de Bilateral Symmetry avec ses deux longues compositions d’une demi-heure chacune, plus ténébreuse aussi probablement jusque dans ces choeurs à la Ligeti qui viennent clore le bien-nommé A Harmony of Opposites sur un oratorio de purgatoire, tandis que From the End of Time, en dépit de son titre résolument apocalyptique, s’avère plus lumineux voire éthéré, fantasmagorie liturgique d’une luxuriance assez impressionnante dont l’aura majestueuse se déploie sur une suite de 13 morceaux de durées inégales, véritable narration sans parole qui semble nous accompagner avec une empathie quasi divine dans notre passage vers l’Après, piano impressionniste (Virtue Screen) et arpeggiators rétrofuturistes (Lost Futures) à l’appui. Deux merveilles qui se complètent pour constituer une porte d’entrée idéale sur l’univers du New-Yorkais Black Swan, lequel multiplie les chefs-d’oeuvre en toute discrétion depuis 2010.
17. thisquietarmy x otay:onii - Serpents and Shallows / Howl And Tell
Je reviendrai dans un bilan succinct de mes trop rares concerts de 2025 sur la claque qu’occasionna celui d’Eric Quach (également auteur en avril du très beau Langue Hybride) et Lane Shi Otayonii à la Mécanique Ondulatoire en décembre. En attendant, sur album, la collaboration du très productif Canadien avec la vocaliste d’origine chinoise croisée récemment chez Nadja, Sightless Pit ou sur l’album de 2024 de la susnommée Uboa mettait déjà la barre très haut "avec les atmosphères particulièrement magnétiques de Serpents and Shallows, entre chapes électriques tirant par moments sur le harsh noise (Cliff), chant ésotérique de prêtresse sacrificielle (Blood Stains) et pédale slicer hallucinatoire (Wet Feet), sur 8 morceaux qui sonnent comme autant de mouvements d’une seule et même composition hors format." Quant à Howl And Tell, lâché quelques mois plus tôt, il confirmait d’emblée sur fond d’instrus hypnotiques et dissonants le talent naturel de la chanteuse du groupe post-shoegaze ricain Elizabeth Colour Wheel pour une mystique ténébreuse aux incantations habitées, au point d’en devenir sur scène une sorte d’improbable chaînon manquant entre Diamanda Galás et Björk.
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16. Kjetil Husebø - Piano Transformed - Interspace
"Du haut de ses 18 titres pour plus de 90 minutes, le double album Piano Transformed - Interspace est un parfait condensé des travaux du Scandinave autour de son instrument de prédilection, une gamme allant du plus mélancolique (Listening to Life, Sun in the Dark, Listening to the Stars) au plus tourmenté (le discordant voire bruitiste Predator’s Battlefield), de méditations minimales tout en échos et reverbs épurés (Floating Moments, Echoes Within, Floating Summer) à la gravité des accords majeurs de tradition néo-classique malmenés en direct par des blips percussifs, crépitements et autres motifs de synthés entêtants (Escape, Memory Strands), d’un jazz ligne claire de ballade introspective (Tilbakeblikk) à des dissonances dignes d’un soundtrack horrifique zébré par les humeurs décadentes des machines et témoignant d’un sens de l’espace et du silence hérité du classique contemporain. Forcément, la teneur du projet et son ampleur pourront par moments donner l’impression d’une compilation plutôt que d’un album à proprement parler, mais même entre le dense et hanté Cosmic Connections et, par exemple, le piano solo réflexif et un brin affligé du final We Learn to Listen, la tonalité de l’instrument assure à l’ensemble le minimum de cohérence nécessaire à une immersion prolongée, au point que l’on se prend à écouter d’une traite ce disque fleuve aussi généreux que vertigineux."
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