Comité d’écoute IRM - session #22 spéciale actu hip-hop : B Dolan, Cult of the Damned, Fat Ray & Raphy, K-Rec & Birdapres, Lice (Aesop Rock & Homeboy Sandman), MIGHTYHEALTHY & Sankofa
On aurait pu appeler cette sélection "spéciale coups de coeur hip-hop" tant la plupart de ces disques sortent du lot sur ces dernières semaines, ou pour le moins titillent notre corde sensible (l’EP de Birdapres, qu’on avait perdu de vue depuis les années Peanuts & Corn et Marathon of Dope). Du beau monde mais aussi et surtout de l’underground pas suffisamment médiatisé, signe des temps dans l’océan de médiocrité mainstream gonflée aux algos que l’on connaît.
Rabbit : Deux ans après l’efficace mais assez peu aventureux The Wound Is Not The Body, le compère de Sage Francis au sein des Epic Beard Men, révélé en 2008 par le sépulcral The Failure sur le label Strange Famous Records de ce dernier, remet le couvert dans une toute autre catégorie. Coproduit par ses soins avec quelques favoris de nos colonnes (Controller 7 de feu Anticon et Ant d’Atmosphere notamment) et une poignée talents plus discrets (à commencer par Small Professor, metteur en son de l’ombre pour Armand Hammer, Curly Castro, Zilla Rocca, AJ Suede et autre Sean Price), Fight Naked impressionne tout d’abord par ses instrus à la fois denses et épurés qui font mine de cramer leurs plus grosses cartouches d’entrée de jeu, du lugubre Wilhelm Scream pas loin musicalement des Cult of the Damned dont on parle plus bas, à l’épique morceau-titre tous cuivres dehors mis en musique par le rappeur lui-même, en passant par un Advice To Young Writers aux gimmicks heurtés sur lequel Ant se la joue Q-Tip du côté obscur. Mais voilà, à l’exception de l’incursion folk-rap qui va bien (Warning et ses petits airs de Sole) et d’une tranche d’introspection spoken word aux nappes de synthés presque ambient (What Is Unveiled), l’album prend alors un étonnant virage soulful et aérien, qui pourrait faire retomber le soufflé jusqu’à la géniale conclusion insidieuse de Leash Theory, or il n’en est rien ! La cohérence du son demeure, malgré la multiplicité des intervenants et ce changement d’humeur, et le disque finit par s’imposer comme l’un des meilleurs voire le meilleur de son auteur, la force tranquille du rappeur de Providence au micro et l’impression de sagesse qu’il dégage, associées à cette diversité d’inspiration, évoquant de plus en plus la maîtrise posée d’un Blueprint en forme olympique.
Namor : Le retour de l’un des piliers du label Strange Famous et partenaire régulier de son taulier Sole, fait bien plaisir. Surfant toujours la même vague du rap indé du début des 2000’s, B Dolan ne se perd pas pour autant dans ce mélange de folk mal dégrossi et de rap larmoyant que certains de ses anciens collègues ont pu pratiquer parfois (je ne dénoncerai personne...). Il évite aussi l’ennui de ce genre de « rap » en adoptant ici un format décent de 12 titres ne dépassant que rarement les 4 minutes (MERCI !). Quant au son du disque, l’ami Bernard s’est entouré de cadors du genre comme Controller 7 ou Ant, parfois accompagnés du toujours excellent D-Styles aux scratches (il « rattrape » à merveille le beat un brin mollasson de Warning par exemple), pour nous offrir un album certes touffu mais proposant des rythmiques bien sèches (Fight Naked et son beat martial ou Advice to Young Writers rappelant, et pour cause, le meilleur de Atmosphere). Il se permet même de placer quelques-unes des ses propres prods (le très relax Boys to Men par exemple) au milieu d’autres titres à l’ambiance lancinante plus habituelle pour le bonhomme (le très bon, malgré un refrain chantonné dispensable, Person Corporatehood et ses arrangements mélancoliques ou le pesant Fifty Five). En résumé, cet album ravira les amateurs de ce rap indé si particulier tout en interpellant ceux qui s’en étaient un peu désintéressés à force d’albums bâtards faits d’instrumentations médiocres.
Rabbit : En près de 20 ans depuis les débuts du groupe dans son incarnation Children of the Damned (remember, en 2007, le rampant et ténébreux Tourettes Camp et sa cover hommage, forcément, au "Village des damnés" de Wolf Rilla), Lee Scott et sa bande ne nous ont jamais déçus et ça ne va sûrement pas commencer avec ce Simony, successeur d’un CULTGANGRAPSH !T VOL.01 désossé comme pas permis dont l’ultra-minimalisme fait place ici à davantage de dynamisme dans les beats. L’atmosphère, elle, demeure tout aussi insidieuse, toujours infusée aux soundtracks d’épouvante et autres samples de piano dissonants... du moins au début. Car la grosse surprise de ce 4e opus (sous le nom Cult of the Damned), c’est l’arrivée du talentueux chicagoan Spectacular Diagnostics à la production, lequel fait d’abord mine de se plier à l’identité funèbre du crew britannique (le glauque et inquiétant Ext. Car Park - Night d’ouverture par exemple, à peine tempéré par les flows à la fois menaçants et truculents des habitués du projet, King Grubb et Stinkin Slumrok en tête, c’est du COTD pur jus) pour le tirer progressivement, à partir de Creekin surtout, vers davantage de "couleurs" à coups de motifs jazzy et de rondeurs de contrebasse. Évidemment, entre ses choeurs fantomatiques, son ambiance de giallo à la Mario Bava et la tension de Tony Broke au micro, c’est vers un Medicine Man que le coeur des fans balancera plutôt que vers le très smooth And Then Some disons, mais cette approche inhabituellement contrastée n’enlève rien au magnétisme de l’album (sur lequel on retrouve également le fidèle Sniff dont on parlait ici et bien sûr son compère Black Josh, co-producteur exécutif de cet opus avec Lee Scott), assurément un sommet de ce rap-du-caveau-mais-pas-que et l’une des très grosses claques de premier tiers d’année hip-hop.
Namor : Éminent représentant de ce son cotonneux cher aux amateurs d’un certain rap UK, Cult of the Damned pourrait même prendre les atours d’un super groupe puisque tous les MC’s du label Blah Records sont une nouvelle fois présents ici. Le boss du crew, le toujours pertinent Lee Scott, laisse, chose rare pour lui, les manettes à un autre beatmaker, et pas venu de la perfide Albion de surcroît ! Spectacular Diagnostics, puisqu’il s’agit de lui, représentant de Chicago de son état, n’est pas un total inconnu, lui qui a produit de très bons albums pour Declaime ou Penpals ces dernières années. Ici il délaisse un peu le son jazzy qu’il pratique habituellement pour coller à l’ambiance que le crew de Liverpool affectionne (cf. l’inquiétant, et excellent, morceau d’ouverture). Ainsi, et comme l’a dit mon camarade, il instille quelques fioritures discrètes (Deet, Covenant) afin d’alléger un peu l’ambiance pesante propre à ce rap là. Pourtant, l’impression générale de cet album reste dans la droite lignée de ce que COTD nous propose depuis leurs débuts, les amateurs de grosses basses vaporeuses, de samples distillés avec soin et de flows relax mais affûtés devraient ainsi largement y trouver leur compte.
Namor : Déjà à l’œuvre sur un très bon album de ShrapKnel sorti l’an dernier, Raphy revient en 2026 avec un nouveau projet où il assure toutes les productions, cette fois accompagné de son compatriote de Detroit, Fat Ray. Le timbre de voix profond de celui-ci aurait pu se faire lassant sur la longueur mais c’était sans compter sur sa capacité à investir totalement chaque beat et le talent du beatmaker pour les varier. Ainsi, les influences de Raphy pour composer semblent s’entrechoquer ici. À dominante lourde (cf. le titre Santa Rosa et sa rythmique "griseldesque"), le son de cet album sait aussi se faire soyeux (Big Worm) ou dansant (le très bon Plates, à n’en pas douter le titre favori de mon partenaire de chronique...) et adopte régulièrement des cadences uptempo qui font plaisir à entendre (le duo avec Black Thought sur Fast Freddy en est une parfaite illustration). Si on ajoute à ça un certain goût pour les samples inventifs et hypnotiques (Good Sense) ajoutant une couleur supplémentaire à la palette du disque et le flow d’un MC qui semble parfois possédé (Two B’s), vampirisant les rythmiques mais demeurant hautement addictif, on obtient un projet tout à fait consistant (malgré deux derniers titres dispensables selon moi) qui place les deux artistes sur la liste des talents à surveiller de près.
Rabbit : Effectivement aux manettes du 2e meilleur album de ShrapKnel de 2025, Raphy s’était de fait retrouvé sur nos radars, d’autant que Fat Ray, fidèle comparse de Black Milk (et accessoirement de Danny Brown au sein de la fameuse Bruiser Brigade de Detroit), n’est pas le dernier des manchots au micro. Bien nous en a donc pris de prêter l’oreille à Santa Rosa en dépit d’une pochette absolument informe, puisque le contenu est à l’inverse du contenant : atmosphérique, tendu et singulier. Singulier, Plates l’est assurément avec sa drôle de mixture techno/rap uptempo, pour autant ma préférence irait plutôt au morceau-titre Santa Rosa, où j’entends heureusement plus de Doom que de Griselda, à l’ultra-efficace High Score, et surtout à l’étrangement tubesque Good Sense où la dynamique du flow emporte tout sur fond de basses lourdes et de sample hypnotique. On appréciera également, entre autres, la présence de Billy Woods sur un Change Us infusé d’une inhabituelle mélancolie, et celle de Black Thought des Roots sur le déglingué Fast Freddy, autant dire que l’album claque et ne manque pas d’atouts, ce qui n’était pas gagné d’avance avec un mix aussi... hum... particulier, qui semble gommer les mids au profit des basses et des aigus pour un contraste de prime abord assez bizarre auquel on finit néanmoins par s’habituer.
Namor : Membre de l’un des labels les plus respectés du microcosme indé (Peanuts & Corn), Birdapres s’est fait un peu rare ces dernières années. Désormais orphelin du maestro McEnroe, il s’associe ici avec son compatriote de Vancouver, K-Rec, qui assure aussi bien les prods que les scratches pour un album assez réjouissant. Ceux à qui la voix aigre-douce du MC avait manqué pourront le retrouver en pleine forme et chevauchant des beats certes moins aventureux que pendant son heure de gloire mais qui assurent l’essentiel, malgré une certaine répétitivité dans les arrangements. L’ambiance jazzy est ici très présente, dans une forme tout à fait abordable et légère, remplie de guitares aériennes (Confluence), de basses étouffées (Magic Eye 8 Ball) ou de claviers discrets (Isn’t that Something). Les quelques featurings venus du grand froid (Moka Only, Kaboom Atomic) ou de New York (Kurious) complètent un attelage de qualité, faisant de ce disque un compagnon parfait pour les soirées ensoleillées qui s’annoncent.
Rabbit : Tout comme Pip Skid, autre Canadien et l’un de ses copensionnaires du susnommé Peanuts & Corn Records, Birdapres fit également les belles heures du label belge de Tom De Geeter (Speed Dial 7, Zucchini Drive), Marathon of Dope, malheureusement plus très actif voire plus actif du tout. Autant dire que ça fait bien plaisir de retrouver le bonhomme, sur un EP dont on n’attendait à vrai dire rien de spécial puisque K-Rec, prodo croisé au côté de Moka Only et actif depuis plus de 20 ans mais pas vraiment réputé pour autant, nous avait laissés sur un God’s Time EP mis en musique l’an dernier pour Kurious dans une veine soul et rétro au lyrisme trop appuyé pour emporter le morceau. Tout aussi soulful et léger, Say Goodbye To Your Friends met pourtant la barre un cran plus haut, toujours avec Kurious d’ailleurs, de passage sur un titre (en réalité un remix de ce single commun pas folichon des trois compères il y a quelques années), mais avec cette fois le bon équilibre entre beats qui claquent, rondeurs des basses, samples riches en guitares jazzy et surtout un traitement du son plus organique, qui fait toute la différence et offre au flow toujours aussi élégamment détaché de Birdapres un écrin easy listening des plus cool.
Rabbit : Auteurs d’une triplette d’EPs entre 2015 et 2017, Aesop Rock et Homeboy Sandman nous avaient presque laissé le temps d’oublier leur duo, jamais tout à fait jusqu’ici à la hauteur des talents de ces deux rappeurs et lyricistes d’exception aux personnalités singulières, mais toujours a minima intéressant. Pour ce quatrième volet, une certaine légèreté est toujours de la partie jusque sur l’artwork inspiré de la série "Miami Vice", avec les habituelles caricatures des deux larrons passés maîtres dans l’ironie pince-sans-rire en poux anthropomorphes, mais cette fois on gagne quelques titres, avec à la clé davantage de consistance dans leur rap à la fois cool et dynamique aux basses, percus et autres motifs électroniques nettement plus tendus qu’auparavant. Et si les guitares aux accents psyché sont toujours de la partie (The 1, Evolution), Miami Lice : Season Four se fait remarquer dès l’introductif Who Sent You ? par son écriture au cordeau particulièrement acérée (ce qui n’est pas peu dire lorsque l’on sait à qui on a affaire) et un vrai regain d’inventivité (les nappes bitcrushées de l’imparable Homework, les cascades de voix pitchées du très efficace The Burgers), passant un palier dans cette association qui nous fait enfin, sinon rêver, du moins espérer un long format véritablement transcendant.
Namor : Curieux de ce que l’association de deux des MC’s indé les plus consistants de ces dernières années (le retour en très grand forme de Aesop Rock n’est plus à démontrer), je me suis, une fois n’est pas coutume, astreint à lancer un format aussi court. Et mes esgourdes m’en remercient ! L’équilibre entre le flow tout en rondeurs de Homeboy Sandman et celui halluciné de son acolyte tient ici du miracle tant le contraste aurait pu rebuter les plus aguerris des b-boys. Le fait que toutes les prods soient assurées par l’ami Aesop n’est sûrement pas étranger à cela puisque le « old timer » concocte une bande-son tout à la fois hypnotique (Moving Day) et étrangement « naïve » (Uh-Oh) parfois. Étant le plus investi du fait de sa double casquette, Aesop aurait pu tirer totalement la couverture à lui mais il adapte au contraire ses beats, plutôt abrasifs en général, au rap de son camarade de micro avec des rythmiques délicates et dépouillées (cf. les très bons Burnt Mauve et Homework). Ce projet aurait pu n’être qu’une rencontre contre-nature et stérile, mais l’alchimie entre nos deux compères en a fait une franche réussite. Bravo à eux !
Namor : Sankofa, présent sur la scène indépendante depuis le tout début des 2000’s, continue à tracer sans faillir son sillon dans l’underground rap US. Le rappeur venu d’Indiana apprécie de travailler avec un beatmaker particulier pour chacun de ses projets et son attention s’est tournée en ce début 2026 vers le producteur floridien Mightyhealthy. Bien lui en a pris puisque l’auditeur se sentant submergé par la prolifique production de Sankofa, véritable boulimique musical, peut s’aventurer en toute confiance dans ce nouvel album. Bien qu’un peu moins impactant selon moi que certains autres projets du MC, ce disque réalisé à quatre mains n’en reste pas moins d’une qualité tout à fait appréciable. Privilégiant les beats appuyés (Let Them Hover) et les arrangements assez classiques (Soldier Placeholders), le duo s’autorise aussi parfois des productions presque psychédéliques (Parched) du plus bel effet. Cet album, bien qu’un peu brouillon, reste pourtant une très bonne porte d’entrée sur l’univers de Sankofa, pour ceux qui se perdent dans sa discographie foisonnante ou qui restent froids devant ses albums les plus intransigeants.
Rabbit : Du vétéran Sankofa, ces dernières années, j’aime particulièrement les collaborations avec Chef Mike aux beats, ce dernier étant à mon avis l’un des tout meilleurs héritiers du DJ Shadow de la grande époque et l’un des grands prodos actuels de l’underground rap d’outre-Atlantique, versant sombre et cinématographique mais pas que. L’an passé, la doublette Masters of the In Between / 43 Ill Laimbeer avait ainsi mis la barre assez haut, et quand l’Américain se fait plus léger, comme sur Burnt & Kofa’s Garage ces dernières semaines par exemple, c’est naturellement un peu moins ma came, mais force est d’avouer qu’avec Chef Mike ou non, Stephen Eric Bryden de son vrai nom est tout de même régulièrement quali, en témoigne ce MHK-ULTRA où MIGHTYHEALTHY, révélé l’an dernier en beatmaker pour Vinnie Paz, fait un beau boulot en termes de tension épurée, d’une efficacité dense et sans chichis sans pour autant tourner en rond (cf. les accents dub de Parched, ou le downtempo de Damaging Lyrical Launcher), avec un sens du sample qui évoque parfois Necro chez Non Phixion (The Goal, ou Let them Hover avec Sko des excellents Sacco & Vanzetti en guest), l’énorme Jack Palance Tears aux dissonances menaçantes justifiant à lui seul de se plonger dans cette nouvelle réussite que je mets personnellement dans le haut du panier de la discographie du MC.
B. Dolan sur IRM
Cult Of The Damned sur IRM - Bandcamp
Fat Ray sur IRM
Raphy sur IRM
K-Rec sur IRM
Birdapres sur IRM
Lice sur IRM
Aesop Rock sur IRM - Myspace - Site Officiel
Homeboy Sandman sur IRM - Site Officiel
MIGHTYHEALTHY sur IRM
Sankofa sur IRM

- Sulfure Session #1 : Aidan Baker (Canada) - Le Vent Se Lève, 3/02/2019
- Sulfure Session #2 : The Eye of Time (France) - Le Vent Se Lève, 3/02/2019
- Aidan Baker + The Eye of Time (concert IRM / Dcalc - intro du Sulfure Festival) - Le Vent Se Lève (Paris)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Figerson - Henzaisuru 遍在する
Philippe Neau - 98E - 48°17'21"N - 0°37'21"O
Mantris - Echoes Of The Silver Screen
Sabrinde - Ysplo
Billy Danze & TooBusy - No Losses
Fatboi Sharif & Child Actor - Crayola Circles
Sonnyjim & Lee Scott - Rob Ford EP
ZooDeVille - Make Yourself at Home
Perio - The Sharp Bones of my Sleep
![]() |
![]() |
![]() |
- Comité d’écoute IRM - session #22 spéciale actu hip-hop : B Dolan, Cult of the Damned, Fat Ray & Raphy, K-Rec & Birdapres, Lice (Aesop Rock & Homeboy Sandman), MIGHTYHEALTHY & Sankofa
- Boards of Canada - Inferno
- Peter Farris : "Je ne passe pas mon temps à écouter Discordance Axis ou Deathspell Omega 365 jours par an"
- ZooDeVille - Make Yourself at Home
- IRM Expr6ss #37 - spécial "vieilles gloires", part 2 : The Black Dog, Phew & Danielle de Picciotto, J-Live, The Dandy Warhols, Sunn O))), Morrissey
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
![]() |
![]() |




























