The Smile - Wall of Eyes

D’accord, le premier album de The Smile était très bon, et je l’avais d’ailleurs classé dans les belles réussites de 2022. Fan de Radiohead devant l’éternel, cet amour justifiant d’ailleurs l’usage exceptionnel de la première personne du singulier pour rappeler toute la subjectivité de mon avis.

1. Wall of Eyes Voir la vidéo The Smile - Wall Of Eyes
2. Teleharmonic
3. Read the Room
4. Under Our Pillows
5. Friend of a Friend Voir la vidéo The Smile - Friend of a Friend
6. I Quit
7. Bending Hectic
8. You Know Me !

date de sortie : 26-01-2024 Label : XL Recordings

Néanmoins, force est de constater que, chemin faisant, je ne suis revenu qu’exceptionnellement vers ce premier disque de The Smile, le trio formé par les deux têtes pensantes de Radiohead que sont Thom Yorke et Jonny Greenwood, soutenus ici par le batteur Tom Skinner. De fait, dire que je me suis dépêché d’écouter ce second opus serait un mensonge : en réalité, je n’en attendais pas grand-chose, prêt à passer un agréable moment, mais probablement pas aussi mémorable que la découverte d’un In Rainbows ou A Moon Shaped Pool, pour rester dans les sorties ayant suivi le prime du quintet d’Oxford.

J’en attendais si peu que j’ai écouté ce disque de manière distraite, en pleine découpe d’une citrouille que le piètre cuisinier que je suis ne savait pas par quel bout prendre. C’est dire si mon degré d’attention à ce Wall of Eyes était réduit.

Et pourtant, j’ai dû abandonné ladite citrouille pour m’asseoir au milieu de Teleharmonic. A ce moment-là, de toute évidence, il s’est passé quelque chose. Je n’avais rien entendu d’aussi immédiatement redoutable chez Thom Yorke depuis... Burn The Witch si je suis généreux, mais sans doute faut-il remonter jusque 2013 avec un Ingenue figurant sur le sous-évalué disque d’Atoms For Peace ou même 2011 avec un This en featuring sur le Monkeytown de Modeselektor.


Bref, ce Teleharmonic m’a mis une claque, me rappelant d’ailleurs justement l’univers électronique minimaliste, abstrait et rempli de détails enivrants de Moderat, projet réunissant précisément Modeselektor et Apparat. Ce Wall of Eyes brasse large, mais son influence germanique en constitue possiblement le dénominateur commun le plus pertinent.

En effet, après ce Teleharmonic, le trio migre vers Cologne et délivre un Read The Room qui semble s’inspirer de Can. Krautrock et électro minimaliste sont donc au programme, mais l’album est un formidable patchwork qui explore également du côté du math-rock, du post-jazz, de l’ambient et laisse la place ici et là à des cordes et un piano hanté.


Malgré d’autres réussites (Bending Hectic, la ballade You Know Me !, les digressions de Under Our Pillows, tout n’est pas parfait, évidemment, et les détracteurs de Thom Yorke pourront s’en donner à coeur joie sur sa voix plaintive aux détours de quelques intonations sur le très Lennonien Friend of Friend dont je ne parviens toujours pas à dire s’il est le House of Cards de ce disque (à savoir le titre insupportable d’un album marquant, en l’occurrence In Rainbows) ou s’il s’agit d’une géniale ballade dépouillée.

Au final, cela importe peu. Wall of Eyes est torturé mais pas désespéré, et l’on découvre d’ailleurs un Thom Yorke souriant sur les photos du dossier de presse. A la différence de son prédécesseur, il reviendra sans doute régulièrement entre mes oreilles alors que je n’en attendais rien. La confirmation que ce projet constitue bien plus qu’une agréable récréation.

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