Pale Saints - The Comforts Of Madness

Ian Masters au sommet de son art ; ou quand l’avant-garde du shoegaze façonne avec éclats et harmonies l’un des grands chefs-d’œuvre des années 90.


1. Way the World Is
2. You Tear the World in Two
3. Sea of Sound
4. True Coming Dream
5. Little Hammer
6. Insubstantial
7. A Deep Sleep for Steven
8. Language of Flowers
9. Fell from the Sun
10. Sight of You
11. Time Thief

date de sortie : 12-02-1990 Label : 4AD

Désolé pour Kevin Shields et sa bande de My Bloody Valentine, mais à trop flemmarder à sortir leur Loveless comme ils en ont toujours eu l’habitude, Ian Masters le grand et son groupe Pale Saints leur ont plus que volé la vedette.

Ian Masters donc, né le 4 janvier 1964 dans un petit village du Hertfordshire délicieusement nommé Potters Bar en Angleterre, mériterait à bien des égards qu’on le cite un peu plus souvent dans le petit cercle musical indé. Oui, ok, c’est difficile de trouver un groupe, de nos jours, capable de rivaliser avec l’éblouissant The Comforts Of Madness. Un grand cru de 28 ans d’âge, que voulez-vous citer en comparaison avec ça ? J’ai bien croisé les Violens tout droit sortis de Brooklyn, et puis c’est tout.

A la décharge de ceux qui ne découvriront les Pale Saints qu’à l’instant et qui ne vont pas prendre du tout leur pied, je tolère une seule remarque : oui la production de Gil Norton, également aux manettes sur les "3 derniers" Pixies (Doolittle, Bossanova, Trompe Le Monde) est trop marquée. Oui, il aime quand ça claque, quand ça en jette, que ça brille, que ça sonne. Mais si par bonheur, vous appréciez tout comme moi ces sonorités, je ne vous donne pas plus de 30 secondes pour être "piqué au vif". Comment avez-vous pu passer à côté de ça ?

Guitares en travers et voix nébuleuses

Attention tout de même, aucune halte n’est prévue sur cet album. Les morceaux s’enchaînent avec une précision telle... que la version vinyle doit être étourdissante. Le diptyque d’introduction Way The World Is et You Tear The Word In Two me renverse la tête systématiquement et me décroche un large sourire de plaisir. Guitares en travers, alerte au vibrato, batterie martiale et voix nébuleuses, voilà le programme de la soirée.


La suite nous balade entre ambiances ésotériques et power pop adolescente accompagnée de succulentes guitares (Language of Flowers). Quand tout à coup, résonne le début du triptyque en guise de bouquet final. Fell From The Sun tournoie avec ruse, c’est le pied. Sight Of You impose ses lignes de basse, guitare, lui conférant sans soucis le titre de single potentiel. Et quand le tour de Time Thief fut venu, il faut bien l’avouer, la colère monte, le rythme s’intensifie, y’en a marre, ras le bol, cassons tout, VIVA LES PALE SAINTS.

Terminus. Juste un dernier mot pour souligner comme de coutume le magnifique travail artistique mené autour de la pochette par Vaughan Oliver et son studio V23 (la grande époque 4AD). D’ailleurs, une de mes pochettes préférées de tous les temps est celle du EP Flesh Balloon de Pale Saints avec l’un des 10 meilleurs morceaux de tous les temps : Hunted... mais je m’égare, on est déjà sur un autre album des Pale Saints.


Voilà, mon amour inconditionnel pour cet album est déclaré, et le titre de chef-d’œuvre oublié décerné, n’en déplaise aux grincheux.

Chroniques - 23.11.2018 par indie
 



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jeudi 13 décembre 2018


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