Divide and Dissolve - Insatiable

1. Hegemonic
2. Monolithic
3. Withholding
4. Loneliness
5. Dichotomy
6. Provenance
7. Disintegrate
8. Grief
9. Holding Pattern
10. Death Cult
Sortie le : 18 avril 2025
5e album synonyme de changement dans la continuité pour l’Australienne Takiaya Reed, puisqu’on y retrouve pour la première fois en solo la guitariste/saxophoniste d’origine afro-américaine et amérindienne, sa fidèle batteuse Sylvie Nehill ayant mis les bouts en laissant aux guests Scarlett Shreds et Seth Cher le soin de reprendre le flambeau de ces drums primaux aux résonances dronesques, tandis que le label Bella Union succède à l’écurie de Geoff Barrow, Invada Records, responsable des deux opus précédents.
Pour le reste sur Insatiable, le décolonialisme instrumental de la musicienne basée à Melbourne continue de plus belle, avec 10 titres faisant référence (ne serait-ce que par leurs atmosphères de déréliction, le spoken word étant ici aux abonnés absents) aux dépossessions subies par les peuples opprimés. Comme sur tous ses prédécesseurs, une dimension presque orchestrale aux motifs fantomatiques affleure ici et là, non seulement du fait de ce sax alto élégiaque qui hante régulièrement la musique de Divide and Dissolve (cf. ici les ouvertures lancinantes de Monolithic et Provenance, l’affligé Loneliness avec son orgue gothique en contrepoint ou encore le malaisant Death Cult) mais aussi de patterns de voix déliquescents perdus dans le lointain des basses fréquences (Grief) ou doublés de pulsations abstraites (Hegemonic).
Et si par ailleurs Withholding se fait un peu plus dynamique, marchant sur le sentier de la guerre avec ses fûts presque tribaux aux accents belliqueux, c’est bien la lenteur consommée des saturations de guitare porteuses d’une menace plus sourde qui constitue toujours l’essentiel de l’univers de Takiaya, parfois jusqu’à l’épure la plus aride (Disintegrate et sa disto crépusculaire) mais toujours avec une intensité saisissante, surtout à ce degré de minimalisme. Une nouvelle réussite !
Comme souvent avec mes classements annuels pour IRM, le format s’est imposé de lui-même : 150 albums car me limiter davantage devenait trop frustrant, et sans classification au regard des difficultés ressenties l’an dernier à devoir ranger dans des cases, toutes approximatives et malléables qu’elles puissent être, des sorties souvent inclassables. Je (...)

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