Ellicist - Point Defects EP

1. Hennepin
2. Lilei
3. Passage People
4. Ihnen Steg
5. Hanipop
6. Ink
7. Ponds & Graves
8. Trace
2019 - Morr Music
Sortie le : 12 avril 2019
Cet EP généreux de 8 titres pour pas loin d’une demi-heure tranche assez radicalement avec la pop électronique à laquelle nous habitue depuis près de 20 ans l’excellente écurie Morr Music. Pour autant, rien de plus logique que d’y retrouver cette première sortie d’Ellicist, puisqu’au côté du Grec Thomas Chousos (Tadklimp), Berlinois d’adoption, c’est un certain Florian Zimmer qui tire les ficelles de cette ambient de forêt tropicale extra-terrestre aux rythmiques amniotiques plus ou moins désarticulées, parfaitement synthétisée par des morceaux tels que Lilei ou Ponds & Graves dont les soundscapes étranges et percussifs évoquent autant Sabiwa que les premiers Andrea Belfi ou les travaux les plus électroniques, exotiques et narcotiques de Mike Cooper.
Outre Driftmachine et surtout Saroos, deux groupes régulièrement croisés dans nos pages et dont on trouve ici quelques beaux restes en plus barré, c’est en effet aux claviers de Lali Puna, toute première signature du label d’outre-Rhin, que l’Allemand sévit tout d’abord pendant 4 ans, jusqu’après la sortie du fabuleux Scary World Theory. Musicalement néanmoins, la comparaison ne va pas plus loin, les fantasmagories analogiques libérées de tout carcan de ce fascinant Point Defects n’offrant que très peu d’éléments pour accrocher l’oreille des amateurs exclusifs d’électro-pop, hormis peut-être les pulsations dub d’Ihnen Steg, sous-tendues toutefois de polyrythmies et d’impros de synthé nettement plus free, ou la bossa martienne d’un Passage People au spleen dense et enveloppant, dont on suit le chemin au gré de bruits de pas dans la végétation indigène.
Pour le reste, des inquiétants échos d’outre-rêve d’un Hennepin mêlant field recordings percussifs, grouillements électroniques, effets reverse et chœurs spectraux pour mettre notre perception sens dessus-dessous, la spatialisation aidant, aux ectoplasmes futuristes du final Trace en passant par les modulations magnétiques et déstructurées du foisonnant Hanipop ou l’éther électro-acoustique faussement apaisé d’un Ink en constante mutation, c’est à un Ailleurs majoritairement intrigant voire même fortement déstabilisant que nous convie ici le duo tout fraîchement formé, d’ores et déjà l’une des révélations les plus irréductibles et captivantes de cette première moitié d’année.
Les EPs, c’est mon pêché mignon. Assez courts pour être facilement assimilés mais suffisamment consistants pour dessiner un univers, retranscrire une vision. Simples compilations de faces B ou de fonds de tiroir pour la culture rock, ils sont bien souvent les grands (ou petits ?) oubliés des classements de fin d’année, car les chroniqueurs musicaux (...)

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