Neon Neon - Stainless Style

1. Neon Theme
2. Dream Cars (feat. Fab Moretti)
3. I Told Her On Alderaan
4. Raquel
5. Trick For Treat (feat. Spank Rock & Sean Tillmann)
6. Steel Your Girl (feat. Josh Klinghoffer)
7. I Lust U (feat. Cate Le Bon)
8. Sweat Shop (feat. Yo Majesty)
9. Belfast
10. Michael Douglas
11. Luxury Pool (feat. Fatlip)
12. Stainless Style

2008 - Lex Records

Sortie le : 17 mars 2008

Neon Neon fait dans le bling bling et pert son âme sur le dance-floor.

Neon Neon, c’est Bryan Hollon aka Boom Bip, et Gruff Rhys des Super Furry Animals. Deux types qu’on adore, il faut le dire d’emblée. Stainless Style, premier album de ce projet commun, serait de leur propre aveu un hommage à John Zachary DeLorean, créateur de la voiture du même nom, celle que trafiquent Doc et Marty McFly dans Retour vers le futur, autant dire la bagnole idéale pour batifoler en fin de soirée avec la première venue sur la plage arrière entre deux énormes caissons de basses. Bon, ça fait un peu peur comme présentation, ça sent la blague potache à plein nez mais on y va confiant.

L’album débute sous de bons auspices avec un morceau électro-acoustique ample et chamanique, le genre d’univers auquel Boom Bip nous avait habitués sur son dernier album Blue Eyed In The Red Room avec notamment le fabuleux trip de Do’s And Dont’s sur lequel chantait déjà Gruff Rhys. Toutefois, à peine a-t-on vu le bout de cette courte intro que les choses se gâtent déjà et Stainless Style bifurque sans prévenir vers un mélange d’électro discoïde (I Lust You), de hip-hop dance-floor à la Neptunes (Luxury Pool) ou plus rock à la N*E*R*D (le single Trick For Treat, qui prouve bien qu’on avait raison de ne pas trop croire en Spank Rock) et de sonorités tropicales (Raquel, en référence paraît-il à la plantureuse Raquel Welch, actrice de seconde zone qui connut son heure de gloire à la fin des années 60). Aïe.

L’album s’avèrera rapidement être de seconde zone lui aussi, et ça fait mal de le dire. Car si Sacchrilege, le dernier EP en date de Boom Bip, nous avait quelque peu surpris par son côté minimal et désincarné, un peu comme une version dance-floor 80’s d’Autechre, cette fois c’est carrément le grand plongeon.

Ainsi se retrouve-t-on sur I Told Her On Alderaan en plein milieu des années 80, à la merci d’un rock synthétique aux relents plus que douteux, tandis que le chant de Gruff Rhys prend des faux airs peu ragoûtants de Peter Gabriel. Mais le calvaire ne fait que commencer, puisque Swear Shop va jusqu’à nous faire le coup du ragga et du grime. On ne parlera même pas de connotation sexuelle avec les rappeuses lascives de Yo Majesty, on n’en est déjà plus là : car ça n’est rien de moins qu’un petit plaisir solitaire que se font les demoiselles et d’ailleurs on les laisse volontiers continuer seules dans leur coin. Et si la pop/new wave sobre et directe de Steel Your Girl tire péniblement son épingle du jeu avec un Gruff Rhys enfin digne de lui-même, Luxury Pool ne fait guère honneur à Fatlip, ancien membre de The Pharcyde qui s’en sortait bien mieux sur l’excellent The Salmon Dance des Chemical Brothers l’an dernier.

Résultat, une bonne grosse déception de la part de Bryan Hollon dont le premier album solo sorti en 2002, Seed To Sun, rivalisait pourtant de beauté angoissée avec les chef-d’oeuvres d’Alias et Boards Of Canada, réussissant à faire de Boom Bip le Plaid voire même l’Autechre américain... en moins sérieux ? Sauf que là le grain de folie qui avait présidé à l’album de Circle (le projet barré d’Hollon avec le trublion d’Anticon Doseone) s’est transformé en vulgarité sans nom... un truc à vous faire relativiser la déception du dernier Hot Chip.


( RabbitInYourHeadlights )

Disques - 06.02.2008 par RabbitInYourHeadlights