Scintillement nostalgique et souffle du sacré pour Michal Jacaszek

On l’avait découvert en bâtisseur de cathédrales ambient avec Pentral en 2009 (justement enregistré dans plusieurs églises) mais surtout le majestueux Treny sorti l’année précédente sur le label Miasmah d’Erik K. Skodvin, véritable chef-d’oeuvre au souffle céleste parcouru d’arrangements de cordes néo-classiques, de coeurs olympiens et autres glitchs impressionnistes.

Une veine particulièrement épurée brillant par son ampleur silencieuse et ses contrastes forts que Michal Jacaszek semblait vouloir perpétuer à son arrivée en début d’année chez Ghostly International, à en juger du moins par le titre Elegia présent en mars dernier sur la très belle compilation SMM : Context consacrée par le label à ces bandes originales imaginaires à la frontière du classical ambient, du drone et de l’électronica :

Jacaszek- "Elegia" by ghostly


Et pourtant, avec Dare-gale, premier extrait en libre téléchargement de son nouvel album Glimmer à paraître le 6 décembre prochain, le Polonais ne reparaît pas tout à fait là où on l’attendait. "J’ai essayé cette fois encore de faire scintiller une beauté fragile derrière le voile de la réalité", explique-t-il, et jusque là rien de bien surprenant. Mais d’ajouter : "J’ai construit une sorte de rideau de poussière et de bruit, et utilisé les sonorités plus pures de la clarinette et du clavecin au travers de belles mélodies pour contraster avec cette rudesse." Et c’est là que l’on est saisi par la densité de l’ensemble, toujours aussi mélodique et majestueux mais nettement plus sismique et noisy que ce à quoi le musicien nous avait habitués, sous l’influence avouée de Tim Hecker associée à celle de la musique baroque :

Jacaszek - Dare-gale
IMG/mp3/jacaszek_-_dare-gale.mp3

Quant à la spiritualité et la mélancolie qui continuent d’irriguer ses compositions - "toute mon activité artistique est basée sur l’intuition qu’une réalité cachée existe par-delà notre monde matériel", avoue-t-il - elles se teintent ici d’une profonde nostalgie si bien qu’il semble difficile de ne pas faire le parallèle avec le dernier opus de Skúli Sverrisson, la délicatesse du clavecin et des vents aidant. Une impression confirmé par d’autres courts extraits en live ci-dessous, l’occasion d’apprendre que Jacaszek travaille parallèlement à ce Glimmer sur pas moins de deux autres projets... impatience quand tu nous tiens :

Jacaszek from Polish Cultural Institute on Vimeo.


News - 15.11.2011 par RabbitInYourHeadlights
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