Le Crabe, un peu de travers mais dur de la pince

Il arrive parfois que le mauvais goût en tant que miroir d’une société décadente en devienne le bon, et que l’absurde comme arme politique en finisse par faire sens. Que s’habiller en panthère SM pour balancer des beats crasseux dans une cave mal éclairée flirte avec le summum de la classe, et que marcher de travers pour aller droit au mur dans une tentative désespérée de faire vaciller les barrières de la bienséance frôle l’acte de bravoure.

C’est dans cette quatrième dimension qu’intervient Le Crabe, héraut - et bientôt héros ? - d’un renouveau de l’art destroy où le laid devient beau (cf. les sérigraphies du bonhomme ici ou plus récemment ), graphiste donc mais surtout beatmaker vindicatif dont les croisements de dubstep sale et méchant, de breakcore régressif, de rap guttural et de techno morbide à danser sur la tête façon Mr. Oizo se faisaient des crocs-en-jambe en novembre dernier sur l’album Mourir Jeune, en streaming via Bandcamp et Soundcloud. Écoutez-moi donc ça, rien de tel pour l’hygiène (et la sécurité) à deux mois de passer aux urnes :


Depuis, ça bouge pour le Nancéien qui vient de composer la BO d’un livre musical de Fléo Dies Olé Sparadrap, prévu pour dans un mois. Il paraît que ça parle d’amour, pas étonnant finalement de la part d’un type capable d’offrir une nouvelle jeunesse à Jordy (oui, LE Jordy...) dans un élan de magnanimité à peine ironique :


Et s’il a les boules Le Crabe, c’est parce qu’en plus d’exposer ses collages déviants au Centre Culturel Georges Pompitup de Nancy du 15 au 17 juin (avec en ouverture un concert très spécial qui sera ensuite édité à 100 exemplaires), le trublion partagera la scène de la MJC Monplaisir le 14 avril à Lyon dans le cadre du Grand Salon de la Micro-Édition - au passage n’oubliez pas de soutenir le collectif Grrrnd Zero toujours menacé d’expulsion par le Grand Lyon qui n’avait jamais été aussi petit, pour le coup - avec Savon Tranchand (Angoulême), LL Cool Jo (Bordeaux), Company Fuck (Australie), dUASsEMIcOLCHEIASiNVERTIDAS (Portugal) et Prypiat (Lyon), on vous avoue qu’on n’a pas tout écouté mais rien qu’à lire les noms ça sent la réunion de Bisounours en liberté. Quant au prix, il est libre aussi, détail appréciable en ces temps de vaches maigres (mais que ça n’empêche pas les moins maigres de mettre la main au portefeuille, évidemment).

Enfin, dernière info et non des moindres, un 12" en collaboration avec le DJ dubstep Akoufen, de Nancy lui aussi, verra bientôt le jour chez Agora. Mise en bouche ci-dessous :


... et en bonus un titre bien acéré déjà lâché par le duo l’an dernier :

News - 03.03.2012 par RabbitInYourHeadlights
 



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samedi 15 décembre 2018


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