Bilan 2015, un casse-tête chinois - part 1 : 20 chansons

2015, une année un peu chaotique me concernant avec toujours, comme repère, la musique mais moins de temps malheureusement pour rendre compte dans les pages d’IRM ou ailleurs de mes découvertes et coups de cœur aussi nombreux qu’avant.

Toujours à Shanghai, et rouillé du clavier depuis bientôt six mois, la course aux classements devrait, j’espère, permettre de m’y remettre doucement, à commencer par cette sélection de chansons - des vraies, avec une voix et des paroles dedans - qui m’ont accompagné, touché, électrisé, sommets pour les unes d’albums remarquables en tous points ou réussites plus isolées au sein de disques parfois inégaux voire décevants (Joanna, Inara, eh ben oui, c’est pour vous). Un grand absent à noter néanmoins côté pop, dont je reparlerai très haut dans mon bilan albums... Other Lives : il m’était tout simplement impossible de sortir un morceau de cet ensemble d’une classe ahurissante.


1. Courtney Barnett - Pedestrian At Best

Je reviendrai bientôt sur ce chouette disque de la jeune Australienne déjà chroniqué dans nos pages, mais ce titre en particulier, avec son riff mordant et son refrain cynique et truculent dont j’essaie en vain d’imiter la morgue chaque matin dans ma salle de bains fait forcément du bien aux nostalgiques d’un rock féminin tristement assagi depuis quelques années :




2. Backburner - In The Place

Le sommet de groove schizo et enflammé du chef-d’œuvre hip-hop de l’année, longue vie au crew canadien de l’écurie Hand’Solo :




3. Fuji Kureta - The Hunt

Ma sortie préférée de l’année tous formats confondus s’ouvre, forcément, sur un morceau parfait, preuve qu’on peut encore conjuguer l’exigence de Radiohead et la grâce somatique des plus belles heures de Björk, surtout quand on est le duo électro-pop le plus talentueux des années 2010 :




4. Father John Misty - Holy Shit

Le songwriting brillant émaillé d’envolées boisées de l’ex Fleet Foxes J. Tillman culmine sur cette ode à un monde marchant sur la tête, où l’amour est néanmoins toujours possible par-delà l’ironie et le cynisme ambiant... à la 100ème écoute, toujours le même frisson à 2’30 lorsque les chœurs font leur apparition :




5. Chantal Acda - Everything And Everyone

Toute l’émotion en suspension de la Néerlandaise dans ce petit bijou de spleen lyrique étoffé par les percus impressionnistes de son compère belge Eric Thielemans :




6. BC Camplight - You Should’ve Gone To School

Encore un morceau d’intro qui fait planer autant qu’il électrise, la faute aux riffs et aux claviers psyché dont use désormais le songwriter ricain héritier des Beach Boys pour donner du relief à ses réinventions de soft rock 70s :




7. The Dears - Onward And Downward

Les Canadiens ont renoué avec la fièvre et la mélancolie de leurs grandes heures sur un nouvel opus malheureusement passé inaperçu. Cette conclusion rétro juste ce qu’il faut où se mêlent guitares, claviers, cuivres et orchestrations en constituent l’un des grands moments de désespoir crève-cœur :




8. Heather Woods Broderick - A Call For Distance

Du second album tout en rêveries éthérées de la sœur de Peter, on retient surtout cette chanson d’exil en clair-obscur à la croisée d’une Kate Bush dessoulée et du Badalamenti de Twin Peaks ... merveilleux :




9. Björk - Stonemilker

Qu’importe si le dernier album de Björk se perd parfois en digressions interminables qui en font son disque le plus dispensable (mais tout de même fortement conseillé dans l’ensemble), car en ouverture on a Stonemilker, ses pulsations cardiaques façon Homogenic et ses cordes à faire chialer des pierres, peut-être bien le plus beau titre de l’Islandaise depuis Pleasure Is All Mine sur Medúlla  :




10. Laura Marling - Gurdjieff’s Daughter

Justifiant enfin l’influence revendiquée de Bob Dylan, l’ex Noah And The Whale a sorti son meilleur album cette année, avec un vrai bijou dedans, cet hymne acrobatique dont les conseils spirituels font référence au philosophe ésotérique Georges Gurdjieff et à son disciple le cinéaste et auteur de BD franco-chilien Alejandro Jodorowsky :




11. The Innocence Mission - Blue And Yellow

Quand un groupe folk-pop ultra endurant sort son meilleur disque plus de 20 ans après ses débuts (We Walked In Song en 2007), ça n’est pas forcément facile de maintenir le niveau. Pour autant, le couple Peris en a encore sous le capot, comme en témoigne ce petit classique instantané dans la lignée de l’album sus-nommé, où la mélancolie acidulée de la merveilleuse Karen au chant vibre du même romantisme fragile et rassurant :




12. Ghostpoet - Off Peak Dreams

Bien qu’inférieur à ses prédécesseurs (en particulier le premier), ce troisième opus d’Obaro Ejimiwe aka Ghostpoet contient son lot de petits tubes métissés entre hip-hop, rock et trip-hop, à commencer par ce morceau d’intro dont l’urgence se frotte au timbre velouté du Londonien :




13. Joanna Newsom - Time, As A Symptom

Joyau conclusif d’un album décevant qui voit la harpiste renouer un peu trop souvent avec le maniérisme et les tics vocaux agaçants de ses débuts, Time, As A Symptom constitue tout à fait le genre de crescendo orchestral à deux doigts du divin que les sommets dHave One On Me nous avaient laissés espérer de l’auteure du fabuleux Ys  :




14. L’Orange & Kool Keith - The Wanderer

Cette collaboration courte mais parfaite du mythique rappeur new-yorkais, trop souvent inégal ces temps derniers, avec le talentueux producteur originaire de Caroline du Nord a des faux-airs de Madvillain voire même de Dr Octagon avec son sample lounge jazzy en flânerie dans la galaxie :




15. The Helio Sequence - Upward Mobility

Un petit coup de mou cette année pour le duo de Sub Pop qui nous livre tout de même un disque honnête avec en guise de cerise sur le gâteau ce tube indie pur jus, dont le gimmick de piano fait toute la différence :




16. Blur - Mirrorball

Le morceau le plus posé du dernier Blur est également le plus intense et le plus beau, pour preuve :




17. Titus Andronicus - Dimed Out

L’incandescente énergie juvénile que les Libertines ou même les Thermals ont depuis bien longtemps perdue, le combo new-jersien aux racines irlandaises la cultive encore par le biais d’une punk-pop faite d’ivresse festive et d’éclairs de lucidité :




18. Grasscut - The Islander

Le duo poptronica de Brighton, anciennement signé chez Ninja Tune et désormais dans le giron de Lo, se prend pour Radiohead ou Uzi & Ari sur le morceau d’ouverture de son troisième album, et ça le fait :




19. Death Cab For Cutie - You’ve Haunted Me All My Life

LA ballade introspective de ce cru 2015, on la doit aux vétérans indie ricains de Death Cab For Cutie et tout le monde s’y reconnaîtra plus ou moins :




20. The Bird And The Bee - Will You Dance ?

En chute libre depuis ses deux chefs-d’œuvre inauguraux, le duo électro/lounge/pop Inara George/Greg Kurstin se débrouille toujours pour nous gratifier d’un ou deux moments de magie rétro, ici sur ce single légèrement racoleur mais non moins désarmant :


A suivre !



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dimanche 20 octobre 2019


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