Le streaming du jour #1506 : Frustration - ’Empires of Shame’

Affublé du statut de "première signature de Born Bad Records", Frustration poursuit son petit bonhomme de chemin sans aucun ronronnement. Fidèle au label qui fêtait en 2016 ses dix ans d’existence, le quintet propose un troisième album sur lequel il progresse de nouveau de manière évidente.

En matière de frustration, le groupe semble avoir mis de côté les siennes. La formule est peut-être éculée mais elle correspond pourtant à ce que l’on peut ressentir à l’écoute dEmpires of Shame. En effet, de ce disque se dégage un sentiment de liberté qui s’approche parfois même de la toute-puissance, à l’instar d’un Mother Earth In Rags si aventureux qu’il oscille volontiers entre des influences punk et free-jazz sans que cela ne paraisse jamais être une posture.

Débutant pied au plancher avec un Dreams, Laws, Rights And Duties qui rappelle avec ses boucles de guitare électrique et sa batterie martiale le premier Placebo tandis qu’un chant survolté accompagne cette mélodie, Empires of Shame lorgne d’emblée vers un post-punk dont il ne s’éloignera jamais véritablement.

Le ton de ce disque n’est néanmoins pas uniforme et un Arrows of Arrogance presque country-folk dans sa ritournelle intègre même des sifflements à la Ennio Morricone qui nous pousseraient presque à imaginer les décors d’un western produit par Sergio Leone. Par ailleurs, les boucles froides d’un Cause You Run Away ne sont pas sans évoquer la cold-wave de Motorama ou même Interpol, un rapprochement vocal pouvant par ailleurs être effectué avec Paul Banks.

Impossible enfin d’évoquer ce disque sans évoquer sa dimension si ce n’est politique, du moins ouvertement contestataire. En ce sens, il n’est pas surprenant que les français aient partagé la scène avec les Sleaford Mods. Le chanteur à la voix rauque Fabrice Gilbert admet d’ailleurs s’être inspiré du flow de Jason Williamson, mais avoir également fait évoluer certains de ses positionnements aux côtés des Britanniques : "ils ont dépoussiéré l’Angleterre et lui ont donné une vision contemporaine. Ils sont très libres et anti-carriéristes. Ils ne veulent pas réussir, mais seulement être compris. Ça nous a parlé".

L’artiste ajoute que "c‘est inadmissible de faire venir des gens pour les faire vivre dans des camps dégueulasses. C’est leur manquer de respect, et on l’a bien cherché. C’est un bon retour de bâton, donc l’empire de la honte". Empires Of Shame, en somme. Un disque relayant avec verve et créativité le regard acerbe que posent cinq routards élevés musicalement aux sons de The Fall ou Joy Division.


Streaming du jour - 12.03.2017 par Elnorton
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lundi 16 décembre 2019


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