Le streaming du jour #1636 : Trotski Nautique - ’Steppe By Steppe’

Trois ans après la sortie d’un 3EP défendu dans nos colonnes et qui rassemblait les courts-formats Chomsky Ned, Oncle Vania Pocket et Tolstoi Story, Trotski Nautique n’évolue pas réellement sur le plan géographique, faisant toujours un clin d’œil aux Soviétiques à l’occasion de Steppe By Steppe.

Un clin d’œil perceptible dans le titre du projet mais qui, avouons-le, ne se retranscrit pas sur le plan musical. Il s’agit-là de poursuivre la farce débutée lorsque David Snug et Aude Lamy ont opté pour un pseudonyme délibérément potache dont on perçoit pour le coup un véritable écho dans les compositions du duo.

L’ensemble est globalement minimaliste, Aude Lamy assurant les parties de flûte et de claviers quand son compère joue de la guitare en bois et s’occupe d’une boîte à rythmes DR880 dont il faut bien reconnaître qu’elle évolue à peu près toujours dans le même registre. David Snug en convient si bien que dans Je N’Ai Pas De Projet Professionnel, sa dernière bande dessinée, il prête à Geoffroy Laporte aka Jessica93 les propos suivants : "De toute façon, les morceaux de Trotski Nautique, c’est toujours le même rythme".

C’est certain, mais ce n’est pas pour autant que ceux-ci sont dénués de charme et d’intérêt. Au-delà de l’aspect potache, Steppe By Steppe offre sept inédits, sept reprises, sept morceaux joués en live, et deux interludes pour séparer chacune des parties.

Comme toujours, une dimension caustique émerge de manière évidente de ces titres qui semblent faire un grand-écart émotionnel entre des thématiques sombres ("Pour faire une belle chanson, il faut de la musique triste. Pour faire une belle chanson, à un moment donné, il faut un pont" sur Y a Pas De Recette) et une fausse-candeur qui se dégage d’instrumentations parfois enfantines, que ce soit par la texture du contenu ou la simplicité des mélodies. Mentions spéciales à la routine éthylique synthétique de Picole ou à la plainte désespérée d’un Billette Trempette marchant sur les traces de Daniel Johnston.

Le Californien n’est pas la seule idole de David Snug qui est ouvertement évoquée sur ce disque. David Bowie est de celles-ci, la reprise de son Heroes sur Delphine Est Rose le rappelant. Dans des versions étonnamment plus sérieuses, le Asylum de Jessica93 et le Seul De Nouveau de Jean-Luc Le Ténia pourraient sonner de manière scolaire si les instrumentations n’étaient pas si décalées. L’estime que porte le duo pour ses deux compatriotes est en tout cas évidente.

Les fans de Trotski Nautique qui "habitent dans la plus belle ville du monde", expression régulièrement utilisée dans Je N’Ai Pas De Projet Professionnel pour qualifier Paris, retrouveront également avec plaisir quelques titres marquants du duo et les petites histoires qui vont avec, à l’instar d’un Taz marqué par la répétition de chiens morts en savourant le vomi de leur maître, ou un Ça Sent Le Mennen sur lequel les Français parodient le Smells Like Teen Spirit de Nirvana.

Un charmant melting-pot au sein duquel il y a forcément à boire et à manger. Mais surtout de quoi faire preuve d’un mélange de condescendance, d’ironie et d’amertume à l’égard de ceux qui ne pourront jamais comprendre un tel décalage avec l’univers des bien-pensants.


Streaming du jour - 07.08.2017 par Elnorton
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dimanche 16 décembre 2018


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