Amanda Palmer & Edward Ka-Spel - I Can Spin A Rainbow

1. Pulp Fiction
2. Shahla’s Missing Page
3. The Shock Of Kontakt
4. Beyond The Beach
5. The Clock at the Back of the Cage
6. The Changing Room
7. The Jack Of Hands
8. Prithee/Liquidation Day
9. Rainbow’s End Voir la vidéo Edward Ka-Spel & Amanda Palmer - Rainbow’s End [FanVideo Rough Edit Ed End]
10. Subway
11. The Sun Still Shines

2017 - Cooking Vinyl

Sortie le : 5 mai 2017

En téléchargement à prix choisi ici.

Amanda Palmer & Edward Ka-Spel

Quel difficile exercice que celui de s’acoquiner avec son idole. Plusieurs écueils, de la désillusion faisant vaciller voire chuter le colosse du piédestal sur lequel il était hissé, à l’effacement derrière les compétences dudit maître, peuvent alors être rencontrés par les artistes qui s’y collent.

Mais lorsque celle qui s’y colle n’est autre qu’Amanda Palmer, son expérience dans la digestion de l’univers des plus grands – du Performs The Popular Hits of Radiohead de 2010 au Strung Out In Heaven : A Bowie String Quartet Tribute de l’an passé – lui permet de regarder à peu près n’importe qui les yeux dans les yeux, sans jamais nourrir de complexe d’infériorité.

Et pourtant, sur I Can Spin A Rainbow, Amanda Palmer signe la totalité des compositions avec son idole de jeunesse Ka-Spel, l’un des fondateurs de The Legendary Pink Dots, formation psychédélique anglo-néerlandaise ayant réalisé plus de cinquante disques parmi lesquels le sommet The Maria Dimension en 1991. On évoque ici un artiste suffisamment important pour que l’Américaine détaille ce coup de cœur et l’impact qu’il a eu sur sa vie dans le livre The Art of Asking qu’elle a publié en 2014.

La principale difficulté consiste donc à ne pas trop respecter les fantômes du passé pour créer un mouvement bien ancré dans le présent. Ne pas se contenter d’un hommage trop passif, en somme. Mais Amanda Palmer est un caméléon bien vivant, en dépit des circonstances. Car la genèse de I Can Spin A Rainbow fut particulièrement lourde. De la première évocation d’une collaboration en 2005 lorsque ses Dresden Dolls voient les Legendary Pink Dots ouvrir un concert pour elles, aux premières sessions d’enregistrement en 2016, le projet aura été reporté en raison d’une grossesse et du décès d’un ami proche de Palmer.

Un mélange des sentiments qui permet au disque de ne jamais se répéter et de l’épure d’un The Clock at the Back of the Cage au lyrisme déroutant de Pulp Fiction, I Can Spin A Rainbow évite l’écueil du surplace. Ce disque semble en mouvement permanent, même sur les parties les moins rythmiques, qui s’intercalent entre des sonorités mélanco-dramatiques.

La fusion de ces deux univers faits pour se rencontrer est donc parfaitement digérée, et la réticence initiale laisse finalement la place à une curiosité puis à une véritable adhésion. Le caméléon Palmer réalise une nouvelle mue admirable.


( Elnorton )




CD - 11.05.2017 par RabbitInYourHeadlights
... et plus si affinités ...
Amanda Palmer sur IRM - Myspace
Edward Ka-Spel sur IRM