Le streaming du jour #1577 : Billions Of Comrades - ’Rondate’

Une basse qui fait bong bong (Arnaud Larcier), une guitare qui zigzague (Chris Thienpont), une batterie qui poum-tchack étrangement (Damien Hendrichs) et une voix montrant une grande altérité (Johnathan Manzitto), c’est Billions Of Comrades et tout cela dessine un Rondate des plus singuliers.

Celui-ci date d’octobre 2016 mais on en parle seulement aujourd’hui. L’adhésion ne fut pas des plus immédiates mais il a pourtant fini par distiller son venin dans l’encéphale. C’est qu’au départ, on ne sait trop comment, quelques éléments de Rondate ont rendu l’écoute suspicieuse : des guitares un brin outrées, une voix aux circonvolutions parfois trop alambiquées, une architecture légèrement décousue. Ça semblait trop réfléchi et la musique tuait dans l’œuf toute spontanéité en recherchant systématiquement l’équation complexe. En revanche, une poignée de titres impressionnait carrément : Minor, par exemple, extirpant une tension incroyable d’un parterre pourtant ténu ou encore Moak, métamorphe et funky, voire Torche aux claviers illuminés. Tous reprenaient exactement les mêmes éléments suspects énoncés plus haut mais au service de constructions étranges et magnétiques, donnant cette fois-ci l’impression d’être arrivés là sans préméditation aucune. Et c’est bien en cela que l’album a remporté le morceau : Billions Of Comrades explore à l’instinct et s’il lui arrive parfois de se perdre, ça reste suffisamment rare pour qu’au final on y revienne souvent.

Amalgamant math-rock, indie/art rock et touches électroniques, la musique des quatre Belges se dote surtout de morceaux finement ciselés qui ne s’éparpillent jamais tout en explorant un bon milliard de directions à la fois. La production y est pour beaucoup (Gil Mortio) - très détaillée et n’écrasant rien - mais pas seulement. Billions Of Comrades montre surtout un goût immodéré pour la trajectoire retorse et n’a pas peur de frôler le trop-plein. Bien sûr, il lui arrive parfois d’en faire des tonnes (Rondate) mais c’est obligatoire quand on laisse ainsi la musique aller où bon lui semble sans trop savoir à quoi ressemblera la seconde d’après. Dans ces conditions, l’écoute ne peut être qu’inattendue et même quelques mois après, il arrive que Rondate prenne encore par surprise : la pulsation appuyée/étouffée de Posse distillant quelques notes éparses de piano entre lesquelles batifole une guitare divagante, les nappes inquiètes de Sheval qui s’opposent aux intentions de la voix grimée en crooner halluciné et j’en passe. Le groupe met sur pied un mille-feuille assez dense qui n’en reste pas moins très aéré.

Les premières bouchées laissaient présager quelque chose de lourd et dégueulasse mais toutes les suivantes ont au contraire révélé une vraie finesse. Deuxième album de Billions Of Comrades après Grain (2013), Rondate, fourre tout inventif, n’est pas près de lasser.


Streaming du jour - 04.06.2017 par leoluce
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samedi 8 août 2020


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