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Le streaming du jour #1589 : Jérôme Chassagnard - ’Music For A Starlit Night’ | Indie Rock Mag

Le streaming du jour #1589 : Jérôme Chassagnard - ’Music For A Starlit Night’

Déjà neuf ans que Jérôme Chassagnard explore des horizons sonores aussi variés qu’expérimentaux. Dès le (f)light initial sur lequel il collaborait avec le regretté Guillaume Eluerd pour le sommet The Fan, préambule au chef-d’oeuvre The Prayer Tree que le duo affublé du pseudonyme homonyme accomplira deux ans plus tard, les voyages stellaires atmosphériques faisaient partie des terrains de jeu privilégiés par le français.

Après avoir mis un terme au projet Ab Ovo mené avec Régis Baillet, Jérôme Chassagnard s’est recentré sur les travaux qu’il signe de son véritable patronyme. Après un crochet vers une IDM quasi-futuriste, celui qui participe à la compilation de notre webzine en hommage à l’univers de Twin Peaks renoue avec ses préoccupations spectrales originelles, comme il avait eu l’occasion de l’évoquer dans nos colonnes alors que ce projet était encore confidentiel.

Entre les univers de Miktek, James Murray, Helios et Carbon Based Lifeforms, celui qui a toujours été fidèle au label Hymen Records propose un voyage cosmique de huit titres composés de nuit, en imaginant ces rares moments où un ciel entièrement noir est larvé d’étoiles. Celui-ci s’ouvre avec la remarquable clarté d’un Oriane (Part.I) où tout semble neuf dans l’esprit de l’auditeur. Confronté à des accords de piano entêtants soutenus par quelques nappes synthétiques éthérées, il éprouve le sentiment d’une découverte permanente sans redondance, malgré la répétition du thème.

De Bells, métaphore de la force tranquille où les claviers syncopés instaurent une atmosphère stellaire à la puissance sous-jacente, à un Bright qui se rapproche plus que jamais de la frontière entre ambient et néoclassique, l’utilisation de cordes frottées éparses et d’un piano voluptueux aidant, en passant par la transition introspective Your Eyes, la suite est à l’avenant.

Et si l’ensemble est loin de ronronner, l’intronisation d’une boîte à rythmes percutante sur Thunder Bird est néanmoins la bienvenue, le titre évoluant petit à petit vers une IDM aux effluves abrasifs rappelant les structures dInner Dialogue.

L’odyssée ambient Stardust renoue ensuite avec des sonorités planantes atmosphériques, quelques field recordings captés par des volatiles nocturnes ponctuant régulièrement les nappes cosmiques tandis que quelques cordes discrètes renforcent la profondeur émotionnelle du titre dans sa seconde partie.

Mais que serait une contemplation céleste sans le doute d’une apparition ovniesque ? Ufo permet à Jérôme Chassagnard de mettre à profit l’orientation braindance de ses derniers travaux rappelant les déstructurations des pionniers de Warp. Les boîtes à rythmes concassées semblent heurter les structures solides, tels les rares rayons lumineux de ce ciel obscur, poursuivant leurs courses dans des directions aléatoires.

Enfin, réponse au titre initial dont il partage le thème principal au piano, Oriane (Part.II) se singularise par la volupté des cordes et l’expérience de ce voyage apaisant, ce qui lui confère un aspect plus mélancolique. La mission est brillamment accomplie et, là où le titre introductif traduisait une ouverture vers un champ des possibles infini, celui-ci permet de clore l’aventure. Le bilan est très positif et, au-delà de cet évident constat, il n’y a plus rien à dire. Fermer les yeux et se laisser guider vers un nouveau monde suffit. Avec Music For A Starlit Night, Jérôme Chassagnard a gâté son public en lui offrant ce qui constitue peut-être son oeuvre la plus aboutie.


Streaming du jour - 16.06.2017 par Elnorton
... et plus si affinités ...
Jérôme Chassagnard sur IRM