Le streaming du jour #1663 : Orphax - ’Warschauer Straße’, ’Weerkaatsing’ & ’Dream Sequence #4’

Deux titres s’étirant chacun sur plus de vingt minutes composent Warschauer Straße, l’une des dernières parutions discographiques d’un Orphax si productif que l’on a cessé depuis bien longtemps de comptabiliser toutes ses sorties.

Actif depuis 2002 mais empruntant un rythme stakhanoviste depuis 2013 et la bagatelle d’une douzaine de disques en une olympiade, le Néerlandais est bien parti pour faire de sa cuvée 2017 l’une des plus foisonnantes.

Ainsi, en plus d’une autoproduction en collaboration avec Martijn Comes pour un Untitled et de deux réalisations chez Moving Furniture Records, Orphax fait pour la première fois confiance à Opa Loka Records (Monoflow, Birdmachine) pour un Warschauer Straße comme toujours hypnotique.

Le format du disque donne déjà un bon indice sur sa tonalité : les deux pistes d’une vingtaine de minutes prennent leur temps pour se développer. En découle un minimalisme ambient incluant quelques parties dronesques et des bruits étouffés ne permettant pas à l’auditeur d’atteindre une quelconque sérénité.

En permanence sur le qui-vive, celui-ci peut néanmoins mesurer une beauté discrète, de celle que les mots ne peuvent traduire. Sietse van Erve a choisi les longues plages d’épure synthétique aux accents grenadiers et mortifères, s’acoquinant parfois même avec le syndrome de Stendhal pour ce mélange de grâce et de pulsion de mort, pour rendre hommage à Berlin.

Découvrant la ville au début de l’année 2016 pour mieux y revenir à plusieurs reprises depuis, le Néerlandais transcrit musicalement ces expériences qui l’ont vu s’adonner à la contemplation au Mauerpark, gravir les escaliers de Siegessäule, partager un repas en face du Französischer Dom ou près de Mehringdamm pour décrire ce mélange d’émotions allant de l’âpreté au plaisir dont il s’est senti envahi lors de ces différents séjours.

Le résultat, brillant pour qui parviendra à s’immerger dans cette atmosphère allant parfois à rebrousse-poil, permet de mieux saisir combien la capitale allemande est stimulante sur le plan culturel en ce début de XXIème siècle, et pourquoi tant d’artistes choisissent de s’y établir.


Ceux qui auront apprécié l’expérience pourront également se retrouver dans un Weerkaatsing sorti un mois après Warschauer Straße aux côtés de Machinefabriek, chacun des artistes s’affairant sur une piste, tandis que la troisième, placée en milieu de disque, est l’objet d’une collaboration. Plus mélodique - l’influence de Machinefabriek n’y étant pas pour rien malgré ses syncopes électroniques, il pourrait même constituer une portée d’entrée vers le travail d’Orphax pour ceux qui sont plus récalcitrants aux traînées dronesques.

Enfin, le quatrième volet de la collection Dream Sequence a été dévoilée vendredi dernier par l’Amstellodamois. Plus abrasive que jamais, cette sortie concentrée sur une piste de vingt minutes évoque plutôt les angoisses cauchemardesques que l’apaisement onirique tant les variations de drone aux allures de scie sauteuse ont tôt fait de hérisser les poils de l’auditeur.


Streaming du jour - 08.09.2017 par Elnorton
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vendredi 24 mai 2019


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