Jessica Moss + Tomoe - Espace B (Paris)

le 29/11/2018

Particules et constellations au Gambetta avec Jessica Moss

Les défricheurs du label/tourneur Pied de Biche nous gratifiaient hier soir de la venue de Jessica Moss, violoniste des métamorphes A Silver Mt. Zion depuis la grande époque de l’inégalé Born into Trouble as the Sparks Fly Upward. Un concert qui devait d’abord avoir lieu à l’Espace B, malheureusement toujours fermé pour des raisons de "mises aux normes de sécurité" (on dira plutôt "chercher la petit bête", merci la préfecture de police de Paris), c’est donc le Gambetta Club et son bar/salon pas forcément super ergonomique pour des concerts qui hérite de cette jolie soirée.

En ouverture, ombre du label Constellation oblige, on découvre Tomoe, dont les instrus à la guitare, tout en boucles contemplatives avec une pointe de lyrisme, évoquent un peu le processus de la Canadienne dans un registre plus classiquement post-rock. Le Français, soutenu - un peu bruyamment par moments - par les compères musiciens de ses précédents projets (il fera d’ailleurs une reprise folky et hypnotique de l’un d’eux en fin de set, avant d’en terminer debout sur un titre plus électrique), use avec parcimonie du fameux tremolo picking, et de samples de transmission de radio en anglais pour donner à ses morceaux une dimension de soundtrack social comme l’ont fait avant lui les Montréalais sus-nommés de l’Hotel2Tango. Malheureusement, le changement de lieu inopiné n’allait pas sans quelques soucis techniques, côté ampli guitare tout particulièrement, entre buzz persistant et saturations stridentes sur un morceau aux cordes frottées dont le public n’aura pas eu la chance de goûter la mélancolie. A revoir donc, dans de meilleures conditions.


Des problèmes auxquels n’échappera pas tout à fait Jessica Moss sur la suite Fractals, issue du récent Entanglement sorti donc chez Constellation, des bourdonnements venant quelque peu gâcher les dernières minutes de cette méditation austère et solennelle sur les difficiles mais nécessaires relations entre les êtres, avec ses empilements de lignes de violon baroques et fatalistes aux entournures. Nature et abordable, la musicienne, jouant des pédales pieds nus et tatouages en vue dans le plus pur esprit hippie punk de la clique d’Efrim Menuck, avait d’abord ouvert sur une pièce de folklore yiddish empreinte de gravité, donnant le ton d’un set plombant mais magnifique.


Introduisant le final Particles étiré sur 25 minutes, elle livre quelques clés pour aborder ce nouvel opus, inspiré par les connexions établies en physique quantique entre des particules mises en contact puis séparées, dont la stimulation continue de se transmettre de l’une à l’autre en dépit de la distance. Une métaphore évidente des connexions humaines dont elle prône la préservation en ces temps de d’hyper-communication digitale souvent dénuée de vrais rapports d’empathie. Particles, qui ouvre le disque, commence ainsi sur un foisonnement hachuré aux faux-airs de blips électroniques tiré des effets appliqués aux frottements des crins avant d’entamer un crescendo plus dramatique qui laisse place en seconde moitié de morceau à une superposition sur fond de drone feutré des murmures mystiques et autres vocalises susurrées par Jessica, à genoux devant ses pédales dans une atmosphère presque sacrée.


De quoi faire passer l’absence de titres extraits du plus hanté et émotionnellement chargé Pools of Light qui garde les faveurs d’IRM, d’autant que la cinquantaine de spectateurs présents, dans un silence proche du recueillement, était vraiment en communion avec la Canadienne, au point que la prise de clichés s’accompagnait d’une once de culpabilité, comme s’il s’agissait de briser cette union parfaite par ondes et particules interposées. En voici néanmoins quelques autres :









( RabbitInYourHeadlights )

 


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