Le streaming du jour #1692 : Jessica Moss - ’Pools Of Light’
Si Jessica Moss signe son premier disque sous son véritable patronyme, ceux qui suivent attentivement la scène canadienne n’auront pas attendu 2017 pour découvrir la violoniste.
En effet, l’artiste avait déjà rejoint sur scène le collectif The Geraldine Fibbers dont le Lost Somewhere Between The Earth And My Bed, encensé dans nos colonnes en 2005 soit dix ans après sa sortie, reste le sommet de l’oeuvre de Carla Bozulich et ses compères.
Non contente d’avoir collaboré avec le combo californien, la Canadienne a également prêté main forte à certains de ses compatriotes, qu’il s’agisse d’Arcade Fire pour Wake Up, Broken Social Scene pour quelques titres de leurs deux premiers albums ou Eric Chenaux sur Dull Lights.
Mais c’est principalement en tant que membre de A Silver Mt Zion Memorial Orchestra que s’est révélée Jessica Moss puisqu’elle a fait partie de l’aventure jusqu’en 2014. Les violons déchirants qui faisaient tout le sel, ou plutôt le spleen, de A Silver Mt Zion Memorial Orchestra apparaissent d’ailleurs de manière évidente sur cette oeuvre, découpée en deux parties elles-mêmes scindées en quatre mouvements.
Sur chacune de ces faces, ces violons délibérément austères et plaintifs ouvrent le bal, avant que d’autres matériaux n’apparaissent et ne confèrent à l’ensemble une dimension parfois cinématographique (Glaciers, Pt I et Pt II). Il peut s’agir de field recordings lupins qui donnent envie de hurler avec les canidés, ou d’incursions vocales tellement Lynchiennes qu’elles évoquent autant l’univers du réalisateur que son travail en tant que musicien sur Crazy Clown Time (Entire Population, Pt II).
C’est une démonstration de force que Jessica Moss propose sur ce radical Pools of Light, oeuvre intelligente et engagée. Evidemment défendue par Constellation, l’artiste expérimente en permanence de manière néanmoins accessible, à mi-chemin entre drone et néo-classique, hésitant constamment entre grâce majestueuse et défraiement lugubre.

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