Jay-Jay Johanson - Kings Cross

Métronomique. Chaque année impaire de cette décennie aura vu Jay-Jay Johanson publier un disque. Et restant sur des livraisons aussi envoûtantes que Opium et Bury The Hatchet, il va sans dire qu’aucun de ces disques ne constituait un prétexte à garder un quelconque rythme de publication.

1. Not Time Yet Voir la vidéo Jay-Jay Johanson - Not time yet - YouTube
2. Heard Somebody Whistle Voir la vidéo Jay-Jay Johanson - ”Heard Somebody Whistle" - - YouTube
3. Smoke
4. Lost Forever (feat. Robin Guthrie)
5. Hallucination
6. Old Dog
7. Niagra Falls
8. Fever (feat. Jeanne Added)
9. Swift Kick In The Butt
10. We Used To Be So Close
11. Everything I Own
12. Dead End Playing

date de sortie : 18-04-2019 Label : 29 Music

Non, celui que certains avaient oublié dans les années 2000 – il faut dire que certains disques, à l’instar dAntenna, étaient moins impressionnants, comme si les fautes de goût capillaires du Suédois trouvaient alors un écho sur ses compositions – est en grande forme et il le confirme avec ce Kings Cross.

Décomplexé, Jay-Jay Johanson ouvre ce disque avec le downtempo d’un Not Time Yet déjà hypnotique, où l’inimitable voix du Suédois répète « There’s No Easy Way To Say Goodbye, There’s No Easy Way To Say I Leave You » et se love entre de discrets chœurs féminins et une instrumentation smooth. A l’écoute des paroles, l’artiste ne semble pas d’humeur festive, quoi que. Pacifique à souhait, ce morceau traduit peut-être tout simplement la capacité de son auteur à ne pas (plus ?) lutter contre la fatalité de l’évanescence de certains sentiments.

Changement d’ambiance par la suite avec le single Heard Somebody Whistle sur lequel, comme son titre l’indique, Jay-Jay Johanson siffle une petite ritournelle qui reviendra, tel un gimmick, à intervalles réguliers au cours du morceau. L’instrumentation jazzy, les paroles orientées sur une vignette d’un quotidien capté à la volée et les variations aussi bien mélodiques et rythmiques que vocales offrent à ce titre une authentique légèreté qui lui permet de s’imposer en classique instantané.


L’ensemble du disque navigue dans des eaux similaires, sans jamais ronronner et en évitant d’appliquer les mêmes recettes à l’envi. Plus rythmé, Lost Forever n’en est pas moins l’un des titres les plus renversants et noirs de ce disque (« If You Leave Me Now, I’m Lost Forever »), et précède un diptyque Hallucination/Old Dog lorgnant vers un trip-hop groovy mâtiné de jazz. Chez beaucoup d’artistes, ces balades constituent, surtout au bout du douzième album, des morceaux que l’on écoute par politesse, sans jamais imaginer pouvoir ressentir la moindre surprise. Pas avec Jay-Jay Johanson qui, au détour d’une ligne vocale envoûtante ou d’un gimmick au piano, parvient toujours à relancer l’intérêt et l’attention de l’auditeur.

Le Scandinave, sans se départir de son éternelle sensibilité vocale, sort les guitares sur Niagara Falls, réussite supplémentaire à son actif brassant les influences souterraines des sixties et celles du trip-hop des nineties, avant de se fixer sur cette dernière orientation à l’occasion d’un Fever agitant le spectre de Mezzanine et interprété en duo avec Jeanne Added.


Même sans vouloir céder à la critique track-by-track, il est difficile d’y résister tant Kings Cross, à l’instar de nombreux disques du natif de Trollhättan, dégage une puissance narrative qui exclut toute écoute parcellaire. Le dernier tiers du disque ne marque pas de baisse de régime, et les envolées du downtempo Swift Kick In The Butt, le trip-hop martial de We Used To Be So Close, le piano groovy du court Everything I Own et surtout le très bristolien Dead End Playing, sommet de noirceur contenue, offrent à ce Kings Cross la conclusion qu’il mérite.

Impressionnant de bout en bout, sombre et porteur d’espoir, à la fois épuré et étoffé sur le plan instrumental, ce douzième disque du frêle Suédois lui permet d’offrir un digne successeur aux grandes réussites qu’étaient Opium et Bury The Hatchet, affinant toujours un peu plus cet inimitable style sans concession fait de lyrisme et de noirceur.

Chroniques - 15.06.2019 par Elnorton
 


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mercredi 18 septembre 2019


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