Vic Chesnutt - At The Cut

Apaisé, moins explosif que North Star Deserter, le deuxième album de Vic Chesnutt pour Constellation trace le portrait d’un homme qui ne craint plus d’affronter la vie.

1. Coward
2. When The Bottom Fell Out
3. Chinaberry Tree
4. Chain
5. We Hovered With Short Wings
6. Philip Guston
7. Concord Country Jubilee
8. Flirted With You All My Life
9. It Is What It Is
10. Granny

date de sortie : 21-09-2009 Label : Constellation

Vic Chesnutt a surpris son monde en 2007 en s’acoquinant avec les post-rockeux canadiens de Thee Silver Mt Zion, augmentés pour l’occasion de l’ex-Fugazi Guy Picciotto.

Il s’avéra que la guitare aigrelette, la voix nasillarde et le sublime cynisme de ce clochard céleste se mariaient superbement avec le déluge métallique et les envolées instrumentales de l’écurie Constellation. Le résultat fut un North Star Deserter qui en laissa plus d’un abasourdi, et ne parlons même pas de la tournée.

Not exactly clawing my way to glory

Apparemment peu affecté par la relative augmentation de sa notoriété qui suivit, Vic continua son chemin sans trop se poser de questions, enchaînant un réjouissant Dark Developments avec Elf Power, puis une nouvelle collaboration avec les Montréalais pour le film de Jem Cohen Empires of Tin. C’est pour ce dernier qu’il écrivit Coward, la chanson qui ouvre At the Cut.

All the key players watching me through their simian groupthink

Une lourde charge pesait sur ce disque dès sa conception : chacun attendait "la suite de North Star Deserter", voire un "North Star Deserter 2". Et l’entame – le susdit Coward – semble leur donner raison. On retrouve la dynamique acoustique / électrique, confession soufflée / gueulante rocailleuse qui faisait les grands moments du précédent album, au hasard Everything I Say.

Seulement la suite nous prend à contrepied : un When The Bottom Fell Out lumineux et dépouillé, Vic et sa guitare, seuls comme au tout début. Dans une interview récente, le songwriter explique qu’il avait prévu de laisser la bande à Efrim Menuck poser leur patte sur ce morceau, mais qu’en entendant ce qu’il avait enregistré, ils avaient refusé d’y toucher.

A thing made from nothing

L’album alterne ainsi ballades décharnées et rock martelé, voire menaçant (Philip Guston), en passant par la country-folk apaisée (Concord Country Jubilee, Flirted With You All My Life). Pas de reprise ici, mais on ne pourra s’empêcher de penser au Fodder On Her Wings de Nina Simone (adapté sur North Star Deserter ) à l’écoute de We Hovered With Short Wings – même voix fragile et haut perchée, même ambiance jazzy tout en délicatesse. Tout au long du disque, l’accompagnement s’avère d’une sobriété exemplaire.

Throwing myself at the cut with a force heretofore unknown to me

Vic Chesnutt décrit At The Cut comme un recueil de souvenirs ("a personal memoir"), ce qui est évident à l’écoute de récits d’enfance comme Concord Country Jubilee et le touchant Granny. Le chanteur ajoute que l’album traite aussi d’inspiration et de création, comme en témoigne Philip Guston, dédiée à un peintre new-yorkais. C’est aussi le disque d’un homme qui semble avoir trouvé une nouvelle résolution à affronter la vie.

Le morceau le plus direct à ce sujet est Flirted With You All My Life, un adieu à la mort de la part d’un habitué des tentatives de suicide. Mais c’est Chinaberry Tree qui offre la déclaration la plus éclatante de la vitalité retrouvée de Vic Chesnutt. Passionné et combatif, il s’y attaque "avec une machette" à un arbre métaphorique (sa vie ? son œuvre ? la maladie ?), "le plus grand que j’aie jamais vu". "Je me jette sur la saignée avec une force jusque-là inconnue de moi-même", s’exclame-t-il dans le vers mémorable qui donne son titre à l’album.

Irritable as a hornet sometimes

Mais le sommet le plus inattendu d’ At The Cut se trouve en queue de peloton : un It Is What It Is qui commence comme une petite chanson sympathique, sans plus... et puis Vic se réveille et attaque une longue et fulgurante diatribe qui reprend les choses là où les avait laissées Speed Racer (sur son premier album Little ). "Je ne suis pas une victime, je suis athée" chantait Vic en 1990. "Je ne suis pas un païen, je ne crois en rien", insiste-t-il en 2009. "Je n’ai pas besoin d’autels de pierre pour me rassurer face à l’obscurité qui rôde."

Mais nous aurons toujours besoin d’un Vic Chesnutt pour nous aider à l’apprivoiser.

Chroniques - 14.10.2009 par jediroller
 


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