Le streaming du jour #1168 : My Brightest Diamond - ’This Is My Hand’ & ’None More Than You EP’

Décidément sur tous les bons coups en cette rentrée, la radio ricaine NPR nous offre la primeur du très attendu nouvel opus de My Brightest Diamond à paraître la semaine prochaine chez Asthmatic Kitty. L’occasion également d’un petit retour sur l’EP None More Than You sorti en catimini par la New-Yorkaise au début de l’été et rassemblant certaines des chutes qui, des roulements martiaux du synthétique Whoever You Are aux communions chorales du liturgique That Point When allaient donner le ton de ce nouvel opus en parfait équilibre entre pop lyrique, avant-garde classique et dynamique de marching band.

Habitués à voir s’étendre, s’approfondir, s’épanouir de disque en disque l’univers de Shara Worden, on en serait presque déçu en découvrant This Is My Hand. Pour la première fois l’opus précédent n’est pas dépassé, mais force est d’admettre quAll Things Will Unwind avait mis la barre suffisamment haut pour qu’on ne s’en formalise guère au-delà d’une première écoute qui peine à révéler la richesse d’un album en apparence moins ample du fait de l’encadrement minutieux des circonvolutions vocales, instrumentales et orchestrales par l’élément rythmique, jusque là davantage voué à soutenir les arabesques mélodiques et arrangements en liberté de l’ex AwRY.

C’est en travaillant sur la musique de l’opéra d’art contemporain River of Fundament écrit et filmé par Matthew Barney (le compagnon de Björk avec laquelle Shara a de plus en plus en commun cf. le pulsatoire Apparition en guise de conclusion charnelle et onirique) que la New-Yorkaise, marquée par une scène confrontant le maximalisme choral d’une fanfare aux larges espaces vides d’usines désaffectées, s’est décidée à confier un rôle plus central aux rythmiques. Clappements de mains, roulements de tambours, percussions de batucada et beats binaires ou syncopés s’invitent ainsi à la fête de ces odes flamboyantes à la communion des sentiments, qui n’hésitent pas à s’inscrire avec subtilité dans certaines contraintes esthétiques populaires voire mainstream pour mieux les transcender, des cavalcades guitare/batterie ponctuées d’onomatopées de Before The Words à l’électro-pop crépusculaire et discrètement vocodée d’I Am Not The Bad Guy en passant par les gimmicks cuivrés volontairement datés d’un Lover Killer à la croisée de la funk et du disco.

Car le goût de l’Américaine pour les compositions mouvantes ressort finalement exacerbé de l’expérience, et à l’image des deux versions de Dream Awake sur None More Than You - collaboration avec le saxophoniste Colin Stetson qui l’avait lui-même invitée à donner de la voix sur le superbe New History Warfare Vol. 2 : Judges en 2011 - respectivement mixées par le compère Son Lux (la douceur des nappes glitchées contre la rigueur des beats fracturées) et le collectif brooklynite Mason Jar (angles adoucis et chœurs sacrés au service d’un foisonnement émergeant du silence), les sommets de l’album ne tiennent pas en place, dynamitant leurs structures à coups de digressions tribales (le tubesque Pressure), d’harmonies vocales spiralées (Looking At The Sun), de basses et guitares au groove tortueux (Shape), de ruptures en suspension (Easy) ou d’incantations hors tempo (le gracile Resonance).




Quant au morceau-titre avec son énumération de composantes physiques, émotionnelles et spirituelles que l’amour réussit parfois à mettre en harmonie, il amène à maturation tout ce que l’on a toujours aimé chez My Brightest Diamond, ce souffle d’émotions sur le fil du maximalisme et de la retenue dont les envolées orchestrales contrastent avec ces respirations solennelles qui en accentuent encore la portée. Fabuleux !


Streaming du jour - 10.09.2014 par RabbitInYourHeadlights
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samedi 8 août 2020


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