Le streaming du jour #1212 : Electric Caves - ’History of Illusion’

Pour définir le son qu’il produit, Tom LaSala emploie l’étiquette de post-industriel. Heureusement pour nos écoutilles, celui qui utilise le pseudonyme d’Electric Caves est bien plus habile pour créer des sons que pour les vendre.

L’univers qu’il déploie ne saurait en effet être réduit à deux termes ni même à la rencontre de deux courants musicaux. L’ensemble est en effet bien plus riche. Les titres naviguent ainsi volontiers entre dark ambient, drone, post-rock, big beat et rock industriel. Le dénominateur commun ? L’exploration des ténèbres et méandres du cerveau de l’artiste.

Si Solace Furnace Transformation, prédécesseur de History of Illusion, avait été l’objet d’un véritable attrait chez certains groupes anarcho-environnementalistes américains, cette dimension, si ce n’est politique du moins engagée, est toujours présente dans les compositions d’Electric Caves. Les samples de War On Terror en attestent, et le disque est accompagné d’une réflexion de son auteur sur la perte de sens de certains fondements de la société. Il repère comme une évidence le fait que "sauf changement du cours de l’histoire, les hommes à travers le monde vont perdre les plus humaines de leurs qualités, vont devenir des automates sans âme et ne vont même pas être conscients de cela".

On n’aura que peu de mérite à comparer l’artiste à certaines formations, celui-ci étant parfaitement lucide sur les accointances d’autres artistes illustres, qu’il s’agisse de Godspeed You ! Black Emperor, notamment sur le démentiel War On Terror, pour l’utilisation de samples aux voix détachées et cette aptitude à étirer des morceaux en longueur tout en en renouvelant de manière permanente le souffle et l’esprit, ou encore The Prodigy (Lawful Levitate) pour ses beats imparables et aussi tranchants que des lames de rasoir. Nine Inch Nails ou The Third Eye Foundation (Pacifier et sa menaçante ambiance syncopée) sonnent ici et là comme d’autres artistes faisant figure de références pour Electric Caves. Le grand écart musical apparaissant sur History of Illusion est ainsi énorme. A la hauteur du talent de l’artiste en somme, également capable d’achever le Pacifier final avec une partie déroutante de près de deux minutes durant laquelle, guitare acoustique et micro en main, cet adepte du DIY nous régale avec un passage de lo-fi inspiré, comme si Tom LaSala souhaitait nous prouver qu’aussi nombreuses soient les cordes dont dispose son arc, nous en sous-estimerons toujours le nombre. Brillant.


Streaming du jour - 31.10.2014 par Elnorton
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dimanche 18 août 2019


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