Le streaming du jour #1201 : Seez Mics - ’Cruel Fuel’

Le emcee Seez Mics et le label en passe de devenir culte pour l’équipe d’IRM, j’ai nommé I Had an Accident Records étaient faits pour se rencontrer, d’abord géographiquement le Maryland, et puis culturellement en mettant en avant les mêmes valeurs faites d’un esthétisme polymorphe à la Anticon et d’une façon de faire DIY à la Peanuts & Corn. En attendant, Cruel Fuel est une des plus belles sorties hip-hop de cet automne.

Après avoir traîné plus de dix ans du côté du boom-bap avec Jay Bombbeat au sein des excellents Educated Consumers puis avec First Name Basis en s’alliant à la fine fleur de l’underground du Maryland (DJ Cam-One et K-Cromozone), après avoir réussi l’essai de l’opus plus spoken word et plus noir avec Broken Clock : Skeleton Key, Seez Mics vient de sortir son premier vrai album solo.

Un album ou plutôt une plongée dans le cœur et l’âme du emcee. Le résultat est sombre par les textes et lumineux par l’harmonie, intimiste et grand, honnête et personnel, humain et presque mystique à travers les influences chamaniques présentes tout au long de l’album. Cruel Fuel est un exercice d’introspection avec ses chœurs lancinants récitant des mantras (Angel In The Engine ou Cruel Fuel où l’on entend presque le bourdon d’un chant diphonique mongol) ou ses beats tribaux sublimes (Social Insecurity ou Things Change). Un bouillonnement d’influences philosophiquement très Anticon avec du hip-hop bien sûr, speed sur Serotonin Sweepstakes, contemplatif sur Torn avec Kristoff Krane, plus pop presque à la Beck ou Yoni Wolf (Human Farm ou What Your Head Will Hold) ou alors plus post-rap sur Post Pathic Profiteers avec l’excellent DJ Abilities (Seez Mics pleure d’ailleurs leur pote commun, le regretté Eyedea sur That’s Not How It Works).



Mais Cruel Fuel est aussi un sacré album de hip-hop au sens culturel du terme, car ici quasiment tout est fait main ! Ou fait bouche, car tendez bien l’oreille, oui, c’est dingue mais une grande partie de l’album est beatboxé ! C’est Max Bent qui signe la production intégrale de Cruel Fuel, et Max Bent a voué sa vie au beatbox, courant d’albums en écoles primaires pour prêcher la bonne parole et redorer la blason d’une discipline en manque de visibilité. Son travail sur Cruel Fuel est extraordinaire, précis et original et le simple fait que l’album soit beatboxé rajoute encore un supplément d’âme à son rendu global qui en regorgeait déjà. Bravo !




Streaming du jour - 20.10.2014 par Spoutnik
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mercredi 24 juillet 2019


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