Le streaming du jour #1238 : Jessica 93 - ’Rise’

Fini l’effet de surprise qui avait pu opérer sur Who Cares l’an passé ou même Salle De Shoot, split aux côtés de Mistress Bomb H et publié le mois dernier. Avec Rise, Jessica 93 a, pour la première fois, quelque chose à perdre.

En découvrant ce nouvel opus, la première chose que l’on remarque, c’est cette pochette. Le décor ? Une vieille Citroën jaune garée sur un bas-côté boueux près d’un grillage qui limite la profondeur du champ mais laisse néanmoins apparaître un pan de verdure et un horrible tag. Les protagonistes ? A gauche, Geoffroy Laporte, les bras croisés, surjoue une moue pleine d’autosatisfaction alors que Nafi (de Noir Boy George), veste entrouverte mais capuche ajustée, dégaine un "V" victorieux avec la seule main qui reste libre, l’autre étant encombrée d’une canette d’Heineken dont on imagine qu’elle provient d’un sac à dos posé à ses pieds.

Toutes les chroniques de Rise commenceront sans doute par décrire et commenter cette pochette ignoble. Mais comment faire autrement lorsque la perche tendue est aussi énorme ? L’aspect graphique du disque nous rassure en tout cas sur un point : Geoffroy Laporte semble bien décidé à n’effectuer aucune concession artistique, refusant ainsi de surfer sur la relative hype dont il avait été l’objet l’an passé.

Pour son troisième LP, Geoffroy Laporte, après avoir hésité à intégrer un batteur, est finalement resté le seul membre du projet. Rise attaque fort d’emblée avec un triptyque inspiré par la coldwave de The Cure (Karmic Debt ou Joy Division (Asylum). A ceux-ci succéderont trois nouveaux morceaux plus atmosphériques. Sans renier les références précédentes, le spectre de celles-ci s’élargit. Il y a en effet du Trent Reznor sur un Surmatants à la basse transcendante tandis qu’Inertia, de par sa progression, la façon dont la voix est posée et le fourmillement de détails anodins de prime abord mais pourtant essentiels, pourrait être l’équivalent du Climbing Up The Walls de Radiohead transposé à un shoegaze nébuleux.

Uranus, septième titre de Rise marque la fin de ce voyage de plus de quarante minutes en nous mettant dans un état de transe chamanique. Toujours aussi crade que Who Cares mais sans doute plus profond, ce troisième album de Jessica 93 voit l’artiste au pseudo improbable affiner son identité musicale. Rythmes martiaux, basse enlevée, omniprésence de pédales sommaires et voix sous-mixée. Le résultat est en permanence sombre, lugubre et malsain en même temps qu’il intègre des éléments mélancoliques. Et si Jessica 93 avait inventé le cold-gaze ?


Streaming du jour - 27.11.2014 par Elnorton
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mardi 14 juillet 2020


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