Le Noiseur - Du Bout Des Lèvres

Au petit jeu des comparaisons, deux dogmes s’opposent. Les uns clament que la copie ne vaut jamais l’œuvre originale tandis que d’autres, souvent plus optimistes, conçoivent que l’élève puisse dépasser le maître.

1. Au Début
2. 24x36 Voir la vidéo Le Noiseur - 24x36
3. Défile
4. Du Bout Des Lèvres
5. Si Petite
6. Sexual Tourism Voir la vidéo Le Noiseur - Sexual Tourism
7. Wanted
8. La Maison D’Étretat
9. Mélancolies
10. Amours Gothiques
11. Loin De Vous
12. A La Fin

date de sortie : 16-03-2015 Label : PIAS

Du Bout Des Lèvres, le premier disque de Simon Campocasso, est hanté par le spectre de Benjamin Biolay. C’est dit. De l’attrait pour les arrangements de cordes classieux à la façon de poser une voix à mi-chemin entre le chant nonchalant et le slam, en passant par l’amour des mots qui sonnent juste, la richesse des mélodies et la capacité à retranscrire le quotidien d’individus lambdas au moment où celui-ci croise une réalité plus globale, tout y est.

Quel est l’intérêt, en 2015, d’écouter le disque d’un petit frère spirituel de Benjamin Biolay ? Le nouveau public du Lyonnais ne s’intéressera sans doute pas à Simon Campocasso tant qu’il ne s’attirera pas la sympathie des ondes FM et des Victoires de la Musique. Les anciens ? Ils ont pris Biolay en grippe – et ce n’est pas forcément un tort sur le plan artistique – si bien que celui qu’ils auront tôt fait de prendre pour un ersatz ne pourra guère les intéresser.

Ajoutez à cela un pseudonyme qui hésite entre la volonté de nous chercher des noises et celle, anglicisée, de s’ériger en individu bruyant, et vous obtiendrez toutes les raisons de faire l’impasse sur Du Bout Des Lèvres.

Ce serait aller vite en besogne, et ceux qui ne sont pas allergiques à cette façon hybride de poser sa voix entre le phrasé et le chant seront rapidement happés par la richesse mélodique de l’opus. Dès Au Début, les éléments sonores suffisent à nous en convaincre : Le Noiseur n’est pas un artiste de deuxième division.

« Mon écriture est concise et laconique » précise l’artiste. Cela dit, concision n’est pas synonyme de paresse. Un travail fourni autour des textes est clairement apparent, tout comme – et peut-être davantage encore – celui autour de la magnificence de cordes (celles d’Amours Gothiques sont un délice) qui se marient admirablement au piano et à une rythmique dont la répétitivité génère souvent un caractère obsédant.

La recette n’est pas nouvelle, et, si l’on pensera ici ou là à Florent Marchet voire Dominique A, l’ombre de Benjamin Biolay rode sur l’ensemble de l’opus. Le Noiseur se permet même un clin d’œil à De Beaux Souvenirs sur Défile, multipliant les points communs aussi bien sur l’instru qu’au niveau des paroles. Simon Campocasso ne cache d’ailleurs pas – comment pourrait-il faire autrement ? – son admiration pour l’auteur de Négatif  : « C’est quelqu’un que j’ai beaucoup écouté. Surtout ses premiers albums. C’est surtout dû à la manière de chanter ».

Faire du bon Biolay en 2015, c’est assurément à la fois le point fort et le point faible de ce disque : Simon Campocasso arrive sans doute dix ans trop tard pour que l’on puisse crier au génie, cela dit, l’élève a clairement dépassé le maître puisque si Biolay végète en deuxième division, Le Noiseur, sur le même terrain, se rapproche de la Ligue des Champions en offrant un opus du calibre d’un Trash Yéyé.

Chroniques - 22.03.2015 par Elnorton
 


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